Le syndrome Tolstoïevsky (Slobodan Despot)

Léon Tolstoï et Fiodor Dostoïevski

Leon Tolstoï et Feodor Dostoïevski

Le problème, avec l’approche occidentale de la Russie, n’est pas tant dans le manque de volonté de comprendre que dans l’excès de volonté de ne rien savoir.

Cette nation qui a donné Pouchkine et Guerre et Paix, Nijinsky et le Lac des Cygnes, qui a l’une des plus riches traditions picturales au monde, qui a classé les éléments de la nature, qui fut la première à envoyer un homme dans l’espace (et la dernière à ce jour), qui a produit des pelletées de génies du cinéma, de la poésie, de l’architecture, de la théologie, des sciences, qui a vaincu Napoléon et Hitler, qui édite les meilleurs manuels — et de loin — de physique, de mathématiques et de chimie, qui a su trouver un modus vivendi séculaire et pacifique, sur fond de respect et de compréhension mutuelle, avec ses Tatars et ses indénombrables musulmans, khazars, bouddhistes, Tchouktches, Bouriates et Toungouzes, qui a bâti la plus longue voie de chemin de fer au monde et l’utilise encore (à la différence des USA où les rails légendaires finissent en rouille), qui a minutieusement exploré et cartographié les terres, usages, ethnies et langues de l’espace eurasien, qui construit des avions de combat redoutables et des sous-marins géants, qui a reconstitué une classe moyenne en moins de quinze ans après la tiers-mondisation gorbatcho-eltsinienne, cette immense nation, donc, qui gouverne le sixième des terres émergées, est soudain traitée, du jour au lendemain, comme un ramassis de brutes qu’il s’agit de débarrasser de leur dictateur caricatural et sanglant avant de les éduquer à servir la «vraie» civilisation !

*

L’Occident ressort la même guignolerie haineuse à chaque crise, depuis Ivan le Terrible jusqu’à «Putler»-Poutine, en passant par le tsar Paul, la guerre de Crimée, le pauvre et tragique Nicolas II, et même l’URSS où tout succès était dit « soviétique » et tout échec dénigré comme « russe ».

Des nations serviles qui accordent aux Américains un crédit illimité de forfaiture et de brigandage « parce-qu’ils-nous-ont-libérés-en-45 » n’ont pas un mot, pas une pensée de gratitude pour la nation qui a le plus contribué à vaincre l’hydre national-socialiste… et qui en a payé le prix le plus lourd. Ses élus sont traités en importuns, son président caricaturé avec une haine obsessionnelle, la liberté de mouvement et de commerce de ses citoyens, savants, universitaires et hommes d’affaires est suspendue au bon vouloir d’obscures commissions européennes dont les peuples qu’elles prétendent représenter ne connaissent pas le nom d’un seul membre, ni pourquoi il y siège plutôt qu’un autre larbin des multinationales.

Mais tout cela n’est encore rien. C’est dans l’ordre des choses. L’Occident et la Russie ne font que jouer les prolongations, à l’infini, du conflit Rome-Byzance en l’étendant aux continents voisins voire à l’espace interplanétaire. La vraie guerre des civilisations, la seule, est là. Barbare comme le sac de Constantinople, apocalyptique comme sa chute, ancienne et sournoise comme les schismes théologiques masquant de perfides prises de pouvoir. Tapie dans les replis du temps, mais prête à bondir et à mordre comme un piège à loups. C’est le seul piège, du reste, que l’empire occidental n’ait pas posé tout seul et qu’il ne puisse donc désamorcer. (Étant entendu que la menace islamique n’est que le produit des manœuvres coloniales anglo-saxonnes, de la cupidité pétrolière et de l’action de services d’État occupés à cultiver des épouvantails pour effrayer leurs propres sujets, puis à les abattre pour les convaincre de leur propre puissance et de leur nécessité.)

La menace russe, elle, est d’une autre nature. Voici une civilisation quasi-jumelle, ancrée sur ses terres, consciente d’elle-même et totalement ouverte aux trois océans, à l’Arctique comme à l’Himalaya, aux forêts de Finlande comme aux steppes de Mongolie. Voici des souverains qui — depuis la bataille de Kazan remportée par ce même Ivan qui nous sert de Père Fouettard — portent le titre de Khans tatars en même temps que d’Empereurs chrétiens siégeant dans l’ultime Rome, la troisième, Moscou, qui fleurit au moment où Byzance gémissait sous l’Ottoman et le pape sous la verge de ses mignons. Voici une terre aux horizons infinis, mais dont les contours sont gravés dans l’histoire du monde, inviolables bien que diffus. Voici des gens, enfin, et surtout, aussi divers qu’on peut l’imaginer, mêlant au sein d’un même peuple le poil blond des Vikings aux yeux obliques et aux peaux tannées de l’Asie. Ils n’ont pas attendu le coup de départ du métissage obligé, les Russes, ils l’ont dans leur sang, si bien assimilé qu’ils n’y pensent plus. Les obsédés de la race au crâne rasé qu’on exhibe sur les chaînes anglo-saxonnes ont la même fonction que les coucous suisses : des articles pour touristes.

*

Cela ressemble tellement à l’Europe. Et c’en est tellement loin ! Tellement loin que les infatigables arpenteurs des mers — génois, anglais, néerlandais, espagnols —, qui connaissent l’odeur de la fève de tonka et la variété des bois de Sumatra, ne savent rien de la composition d’un borchtch. Ni même de la manière dont on prononce le nom de cette soupe. Ce n’est pas qu’ils ne pourraient pas l’apprendre. C’est qu’ils n’en ont pas envie. Pas plus qu’ils ne veulent connaître, vraiment, l’esprit, les coutumes et la mentalité des immigrants exotiques qu’ils accueillent désormais par millions et qu’ils laissent s’agglutiner en ghettos parce qu’ils ne savent comment leur parler.

J’ai dû, moi, petit Serbe, apprendre deux langues et deux alphabets pour entamer ma vie d’immigré. J’en ai appris d’autres pour mieux connaître le monde où je vis. Je m’étonne sincèrement de voir que mes compatriotes suisses ne savent pas, pour la plupart, les deux autres grandes langues de leur pays. Comment connaître autrui si vous ne savez rien de la langue qu’il parle ? C’est le minimum de la courtoisie. Et cette courtoisie, désormais, se réduit de plus en plus à des rudiments d’anglais d’aéroport.

De même font les Russes, dont l’éducation intègre la culture ouest-européenne en sus de la leur propre. Où voit-on la réciproque, à l’ouest du Dniepr ? Depuis Pierre le Grand, ils se considéraient européens à part entière. Les artistes de la Renaissance et les penseurs des Lumières sont les leurs. Leontiev, le père Serge Boulgakov, Répine, Bounine, Prokofiev et Chestov sont-ils pour autant les nôtres ? Non, bien entendu. Parler français fut deux siècles durant la règle dans les bonnes maisons — et le reste encore parfois. Ils se sont intensément crus européens, mais l’Europe s’est acharnée à leur dissiper cette illusion. Quand les jeunes Russes vous chantent Brassens par cœur, vous leur répondez en évoquant « Tolstoïevsky ». L’Europe de Lisbonne à Vladivostok n’aura été réelle qu’à l’Est. À l’Ouest, elle ne fut jamais que la projection livresque de quelques visionnaires.

L’Europe de Lisbonne à Vladivostok ! Imagine-t-on la puissance, la continuité, le rayonnement, les ressources d’un tel ensemble ? Non. On préfère definitely se mirer dans l’Atlantique. Un monde vieillissant et ses propres outlaws mal dégrossis s’étreignant désespérément par-dessus la mer vide et refusant de voir dans le monde extérieur autre chose qu’un miroir ou un butin. Leurs derniers échanges chaleureux avec la Russie remontent à Gorbatchev. Normal : le cocu zélé avait entrepris de démonter son empire sans autre contrepartie qu’une paire de santiags au ranch de Reagan. Vingt ans plus tard, les soudards de l’Otan occupaient toutes les terres, de Vienne à Lviv, qu’ils avaient juré de ne jamais toucher ! Au plus fort de la Gorbymania, Alexandre Zinoviev lançait son axiome que tous les Russes devraient apprendre au berceau : « Ils n’aimeront le tsar que tant qu’il détruira la Russie ! »

*

« Ah, vous les Slaves ! » — ouïs-je souvent dire — « Quel don pour les langues ! » Je me suis longtemps rengorgé, prenant le compliment pour argent comptant. Puis, ayant voyagé, j’ai fini par comprendre. Ce n’est pas « nous les Slaves » qui avons de l’aisance pour les langues : c’est vous, les « Européens » qui n’en avez pas. Qui n’en avez pas besoin, estimant depuis des siècles que votre package linguistique (anglais, français, allemand, espagnol) gouverne le monde. Pourquoi s’escrimer à parler bantou ? Votre langue, étendard de votre civilisation, vous suffit amplement, puisqu’au-delà de votre civilisation, c’est le limes (comme au temps de César), et qu’au-delà du limes, mon Dieu… Ce sont les terres des Scythes, des Sarmates, des Marcheurs Blancs, bref de la barbarie. Voire, carrément, le bord du monde où les navires dévalent dans l’abîme infini.

Voilà pourquoi le russe, pour vous, c’est du chinois. Et le chinois de l’arabe, et l’arabe de l’ennemi. Vous n’avez plus même, dans votre nombrilisme, les outils cognitifs pour saisir ce que les autres — qui soudain commencent à compter — pensent et disent, réellement, de vous. Ah ! Frémiriez-vous, si vous pigiez l’arabe des prédicateurs de banlieue ! Ah ! Railleriez-vous si vous entraviez des miettes de ce que les serveurs chinois du XIIIe dégoisent sur vous. Ah ! Ririez-vous s’il vous était donné de saisir la finesse de l’humour noir des Russes, plutôt que de vous persuader à chacun de leurs haussements de sourcil que leurs chenilles sont au bord de votre gazon.

Mais vous ne riez pas. Vous ne riez plus jamais. Même vos vaudevilles présidentiels sont désormais commentés avec des mines de fesse-mathieu. Vous êtes graves comme des chats qui caquent dans votre quiétude de couvre-feu, alors qu’eux, là-bas, rient, pleurent et festoient dans leurs appartements miniatures, leur métro somptueux, sur leur banquise, dans leurs isbas et jusque sous les pluies d’obus.

Tout ceci n’est rien, disais-je, parlant du malentendu historique qui nous oppose. La partie grave, elle arrive maintenant. Vous ne leur en voulez pas pour trois bouts d’Ukraine dont vous ignoriez jusqu’à l’existence. Vous leur en voulez d’être ce qu’ils sont, et de ne pas en démordre ! Vous leur en voulez de leur respect de la tradition, de la famille, des icônes et de l’héroïsme — bref, de toutes les valeurs qu’on vous a dressés à vomir. Vous leur en voulez de ne pas organiser pour l’amour de l’Autre la haine du Soi. Vous les enviez d’avoir résolu le dilemme qui vous mine et qui vous transforme en hypocrites congénitaux : Jusqu’à quand défendrons-nous des couleurs qui ne sont pas les nôtres ?

Vous leur en voulez de tout ce que vous avez manqué d’être !

Ce qui impressionne le plus, c’est la quantité d’ignorance et de bêtise qu’il vous faut déployer désormais pour entretenir votre guignolerie du ramassis de brutes qu’il s’agit de débarrasser de leur dictateur caricatural et sanglant avant de les éduquer à servir la «vraie» civilisation. Car tout la dément : et les excellentes relations de la Russie avec les nations qui comptent et se tiennent debout (BRICS), et le dynamisme réel de ce peuple, et l’habileté de ses stratèges, et la culture générale du premier Russe venu, par opposition à l’inculture spécialisée du « chercheur » universitaire parisien qui prétend nous expliquer son obscurantisme et son arriération. C’est que ce ramassis de brutes croit encore à l’instruction et au savoir quand l’école européenne produit de l’ignorance socialisée ; croit encore en ses institutions quand celles de l’UE prêtent à rire ; croit encore en son destin quand les vieilles nations d’Europe confient le leur au cours de la Bourse et aux banquiers de Wall Street.

Du coup, la propagande a tout envahi, jusqu’à l’air qu’on respire. Le gouvernement d’Obama prend des sanctions contre le régime de Poutine : tout est dit ! D’un côté, Guantanamo, les assassinats par drones aux quatre coins du monde, la suspension des droits élémentaires et le permis de tuer sans procès ses propres citoyens — et, surtout, vingt-cinq ans de guerres coloniales calamiteuses, sales et ratées qui ont fait du Moyen-Orient, de la Bosnie à Kandahar, un enfer sur terre. De l’autre, une puissance qui essaie pas à pas de faire le ménage à ses propres frontières, celles justement dont on s’était engagé à ne jamais s’approcher. Votre gouvernement contre leur régime…

Savez-vous de quoi vous vous privez en vous coupant ainsi, deux fois par siècle, de la Russie ? Du refuge ultime des vos dissidents, en premier lieu du témoin capital Snowden. Des sources d’une part considérable de votre science, de votre art, de votre musique, et même, ces jours-ci, du dernier transporteur capable d’emmener vos gens dans l’espace. Mais qu’importe, puisque vous avez soumis votre science, votre art, votre musique et votre quête spatiale à la loi suicidaire du rendement et de la spéculation. Et qu’être traqués et épiés à chaque pas, comme Snowden vous l’a prouvé, ne vous dérange au fond pas plus que ça. A quoi bon implanter une puce GPS à des chiens déjà solidement tenus en laisse ? Quant à la dissidence… Elle n’est bonne que pour saper la Russie. Tout est bon pour saper la Russie. Y compris les nazis enragés de Kiev que vous soutenez sans gêne et n’hésitez pas à houspiller contre leurs propres concitoyens. Quelle que soit l’issue, cela fera toujours quelques milliers de Slaves en moins…

Que vous a-t-il donc fait, ce pays, pour que vous en arriviez à pousser contre lui les forces les plus sanguinaires enfantées par la malice humaine : les nazis et les djihadistes ? Comment pouvez-vous songer à contourner un peuple étendu sur onze fuseaux horaires ? En l’exterminant ou en le réduisant en esclavage ? (Il est vrai que « toutes les options sont sur la table », comme on dit à l’Otan.) Destituer de l’extérieur un chef d’État plus populaire que tous vos polichinelles réunis ? Êtes-vous déments ? Ou la Terre est-elle trop petite, à vos yeux, pour que l’«Occident» puisse y cohabiter avec un État russe ?

C’est peut-être cela, tout compte fait. La Russie est l’avant-poste, aujourd’hui, d’un monde nouveau, de la première décolonisation véritable. Celle des idées, des échanges, des monnaies, des mentalités. À moins que vous, atlantistes et eurocrates, ne parveniez à entraîner la nappe dans votre chute en provoquant une guerre atomique, le banquet de demain sera multipolaire. Vous n’y aurez que la place qui vous revient. Ce sera une première dans votre histoire : mieux vaut vous y préparer.

Slobodan Despot, le 8 septembre 2014

Conseils de lecture donnés par l’auteur pour poursuivre votre réflexion

Slobodan Despot est le directeur des Éditions Xenia. Essayiste et romancier (Le Miel, Gallimard), il tient également un blog très suivi.

Source : Le syndrome Tolstoïevsky (blog.despot.ch, 08-09-2014)

Via Vineyardsaker.fr

Rappels :

L’histoire vraie : Il y a 50 ans, le 6 juin 1964, Charles de Gaulle refusait de commémorer « le débarquement des anglo-saxons »

6 juin 44 : ce qu’on ne vous dira pas

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A propos Olivier Demeulenaere

Olivier Demeulenaere, 52 ans Journaliste indépendant Macroéconomie Macrofinance Questions monétaires Matières premières
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24 commentaires pour Le syndrome Tolstoïevsky (Slobodan Despot)

  1. Geraldine dit :

    Le « ramassis de brutes » emmenées par le sanglant dictateur « Putler-Poutine » vient de ridiculiser la Grande Armada des gens civilisés en Mer Noire…

    « Qu’est-ce qui a tant effrayé l’USS Donald Cook en Mer Noire ?

    Le Département d’État a reconnu que l’équipage du destroyer USS Donald Cook est gravement démoralisé depuis qu’il a été survolé en Mer Noire par un chasseur-bombardier russe Sukhoï-24 (Su-24) qui ne portait ni bombes ni missiles mais uniquement un dispositif de guerre électronique… »

    http://www.voltairenet.org/article185324.html

  2. OOPS dit :

    L’auteur mélange allègrement les civilisations chrétiennes opposées de Rome et de Byzance avec les blocs synarchistes actuels qui incarnent les rivalités entre les puissances rivales composant le nouvel ordre mondial. Que celui-ci soit unipolaire ou multipolaire ne change rien au paradigme qu les anime. La volonté de puissance allié au matérialisme le plus étriqué caractérise l’esprit des synarques qui mènent le monde aux quatre coins de la planète.
    Esclaves du quantitatif et des structures de gouvernement dites démocratiques, ils construisent tous un enfer totalitaire basé sur la toute-puissance de la norme représentée par la loi qui est le nec plus ultra en matière de contrôle du comportement individuel dont rêve tous les despotes ennemis du genre humain, dont il ne supporte pas l’autonomie individuel toujours suspectée de cacher de mauvaises intentions. On est à des années lumières de la civilisation chrétienne où l’individu comme les corps intermédiaires étaient infiniment plus libres, à l’intérieur de leurs privilèges accordés par le souverain au nom de la libertés des enfants de Dieu conçus libres et égaux devant leur Créateur, c’est-à-dire responsables de leur agir en fonction des commandements inscrits dans le décalogue. Il aura fallu des siècles de déchristianisation pour donner naissance à l’Etat totalitaire actuel qui n’est pas plus enviable en Occident que dans les puissances eurasiatiques. Il n’est que de voir les problèmes auxquels est confronté le gouvernement chinois confronté à la rébellion latente des masses prises au piège de la « croissance » par le crédit génératrice d’immenses inégalités comme de problèmes sociaux insurmontables pour s’en convaincre. La Russie devrait subir les mêmes tensions avec le reflux de la rente pétrolière et l’arrêt des programmes de collaboration technique avec l’Occident, notamment avec Exxon et Total pour l’exploitation des gisements dans l’Arctique. Parce que, voyez-vous, les despotes actuels ne sont rien sans la rente monétaire qui alimente un pouvoir quasi-absolu sur la société, comme jamais aucun Roi n’en a connu dans le passé, à l’exception sans doute de certaines puissances asiatiques comme la Russie de Pierre Le Grand ou certains empereurs chinois.
    La logique néo-païenne actuelle sublimée par les moyens de la technique contient en germe l’affrontement radical entre les puissances rivales devant déboucher sur l’extermination de la race humaine. J’en vaux pour preuve que les programmes d’armements avancés sont étrangement similaires entre les blocs continentaux composant l’ordre multipolaire: armement nucléaire à outrance, construction d’armées de robots aériens, terrestres ou sous-marins (voir le programme cybernétique de défense de la Crimée contre l’OTAN), armes spatiales, nano technologies, etc. La guerres des mondes est lancée et rien ne pourra l’arrêter à moins d’un changement de paradigme de civilisation marquant un retour aux règles fondamentales du christianisme fondé sur la fusion entre l’humain et le divin. Naturellement une telle perspective est impensable dans les circonstances actuelles, ce qui rend la situation tragique et le désastre inévitable. Les chars Leopard II sont entrés en Ukraine sous couvert d’exercices militaires, tandis que les armes anti-chars les plus sophistiquées sont livrées aux forces loyalistes. Partout fleurissent les provocations, notamment aux frontières des pays baltes agités par les mouvements nationalistes pro-russes. Tout concourt à l’affrontement final, que se soit en Ukraine ou en Mer de Chine. Les puissance du NOM se savent menacées dans leurs oeuvres vives par la faillite de leurs modèles économiques mais aucune n’est prête à un changement radical du système du centralisme démocratique qui domine la terre entière. Plutôt disparaître dans la fureur des armes que de perdre la face, tel est le mot de la fin pour des potentats qui préfèrent sacrifier leurs peuples plutôt que de renoncer à leurs ambitions.

    • LA Confidential dit :

      Voir parler de la Russie comme une sorte de pays du tiers monde vivant exclusivement de la rente pétrolière, tel un cancéreux intubé en phase terminale, devient fatiguant à lire. Comme généralement les mêmes vous expliquent dans la foulée que, de toute façon, des hydrocarbures, il en regorge ailleurs (et ad aeternam je présume), vous vous demandez bien qu’elles sont les mystérieuses conditions qui ont pu la créer, cette rente. Par ailleurs, j’ai cru comprendre qu’en Chine il y avait surtout du charbon. Bien…
      Par ailleurs, enfermer toujours tout le monde dans les mêmes sacs conceptuels valise comme « le matérialisme » vous expose soit à vous contenter du monde tel qu’il est, soit à vous imaginer vous dissoudre dans le néant jouissif de l’apocalypse, et je me demande si finalement cela ne revient pas au même.
      Je connais pas mal de russes qui sont arrivés chez nous il y a quinze ans après la crise de 1998. Matérialistes parmi d’autres et, à ce titre, attirés par le grand mirage matérialiste qui faisait saliver leurs pareils depuis soixante dix ans. J’ai pourtant rapidement compris que ces matérialistes là n’étaient pas comme les autres, aussi à l’aise avec Victor Hugo qu’avec Tchékhov. Plutôt des matérialistes de vernis ou de prurit. Vu la conjoncture du matérialisme envisagé comme grand tout global (je rigole), un certain nombre aujourd’hui regrette d’ailleurs de ne pas être restés chez eux.
      Le monde change, inexorablement, et bien malin celui qui pourra deviner de quelle philosophie de la vie il va DEVOIR accoucher.
      Rien ne se passe
      Il ne se passe rien
      Et pourtant tout arrive
      Mais cela est indifférent
      (ma devise, de F. Nietzsche)
      Dajanjul La Gaule

  3. 47% of Chinese Billionaires Want to Leave China Within 5 Years, Only 6% of US Billionaires Seek to Leave US
    Read more at http://globaleconomicanalysis.blogspot.com/2014/09/47-of-chinese-billionaires-want-to.html#QsriEJOwhUx7yPMU.99

  4. According to a Nato statement, the 11-day drill will practice “peacekeeping and stability operations”, including “countering improvised explosive devices, convoy operations, and patrolling”.

    It includes 200 US soldiers from the 173rd Airborne Brigade, based in Italy.

    It also includes 1,100 troops from Bulgaria, Canada, Germany, Latvia, Lithuania, Norway, Poland, Romania, Spain, and the UK and from former Soviet republics Azerbaijan, Georgia, Moldova, and Ukraine itself.

    Rapid Trident is taking place at the same time as “Maple Arch” – another Nato drill involving Canandian, Lithuanian, and Polish soldiers in Poland.

    http://euobserver.com/foreign/125614

  5. marie dit :

    les atlantistes et eurocrates sont jaloux de la puissance et je dirais même de l’intélligence de la russie ; pas facile pour ceux qui nient cette réalité , et leur agréssivité constante envers la russie n’est que la preuve de leur propre bétise et de leur incompétence à se démerder sans que les usa ne se mèlent de tout ; nous sommes dirigés , en france et en europe par des individus tellement corrompus par les amerloques , qui les achètent via des valises bien remplis ( nous dit paul graig roberts ) que lesdits dirigeants n’ont d’autres choix que d’obéir aux usa , sans quoi ceux ci pourraient lacher aux yeux du monde des infos trés dérangeantes et trés sales pour toutes ses élites qui ont les mains pleines de merde ;

    • il faut dire qu’avec de telles « lumières » qui s’imaginent faire le bonheur des peuples malgré eux, grâce à leur intelligence technocratique, les Ukrainiens ne sont pas près de voir le bout du tunnel:

  6. zorba44 dit :

    Restons humbles, c’est ce qu’il nous est de mieux…

    Jean LENOIR

    • Tout est prêt pour le feu d’artifice final:

      • Trente-quatre chars allemands de type Leopard II ont été aperçus dans la région de Lvov, faisant route vers l’Est de l’Ukraine. Qui eut imaginé que soixante-dix ans après le déclenchement de l’opération Barbarossa, les panzers franchiraient à nouveau la frontière polonaise pour affronter l’armée russe??:

  7. brunoarf dit :

    Lundi 15 septembre 2014 :

    Les grandes économies mondiales ralentissent, la zone euro décroche (OCDE).

    L’OCDE a constaté lundi un ralentissement des grandes économies mondiales, en épinglant en particulier la croissance anémique et le risque de déflation en zone euro, le tout sur fond de risques géopolitiques et financiers importants.

    L’Organisation pour la coopération et le développement économiques a baissé de 0,4 point par rapport à sa dernière estimation de mai sa prévision de croissance 2014 du Produit intérieur brut pour la zone euro à 0,8% et de 0,6 point sa prévision pour 2015 à 1,1%.

    Cette croissance anémique est « l’aspect le plus préoccupant » constaté par l’OCDE dans son communiqué de presse.

    http://www.romandie.com/news/Les-grandes-economies-mondiales-ralentissent-la-zone-euro-decroche/517571.rom

    – « Quand on dit que l’Europe de Maastricht créera des emplois, ça reste vrai. Il se trouve que le traité de Maastricht n’est pas encore appliqué. Lorsqu’il le sera, il est évident qu’il y aura une très forte croissance qui en découlera, car nous aurons un grand espace économique avec une monnaie unique. »

    (Jacques Attali, France 2, débat télévisé « Polémiques » animé par Michèle Cotta)

    – « Si le traité de Maastricht était en application, finalement la Communauté européenne connaîtrait une croissance économique plus forte, donc un emploi amélioré. » (Valéry Giscard d’Estaing, 30 juillet 1992, RTL)

    – « L’Europe est la réponse d’avenir à la question du chômage. En s’appuyant sur un marché de 340 millions de consommateurs, le plus grand du monde ; sur une monnaie unique, la plus forte du monde ; sur un système de sécurité sociale, le plus protecteur du monde, les entreprises pourront se développer et créer des emplois. » (Michel Sapin, 2 août 1992, Le Journal du Dimanche)

    – « Maastricht constitue les trois clefs de l’avenir : la monnaie unique, ce sera moins de chômeurs et plus de prospérité ; la politique étrangère commune, ce sera moins d’impuissance et plus de sécurité ; et la citoyenneté, ce sera moins de bureaucratie et plus de démocratie. » (Michel Rocard, 27 août 1992, Ouest-France)

    – « Les droits sociaux resteront les mêmes – on conservera la Sécurité sociale –, l’Europe va tirer le progrès vers le haut. » (Pierre Bérégovoy, 30 août 1992, Antenne 2)

    – « Pour la France, l’Union Economique et Monétaire, c’est la voie royale pour lutter contre le chômage. » (Michel Sapin, 11 septembre 1992, France Inter)

    – « C’est principalement peut-être sur l’Europe sociale qu’on entend un certain nombre de contrevérités. Et ceux qui ont le plus à gagner de l’Europe sociale, notamment les ouvriers et les employés, sont peut-être les plus inquiets sur ces contrevérités. Comment peut-on dire que l’Europe sera moins sociale demain qu’aujourd’hui ? Alors que ce sera plus d’emplois, plus de protection sociale et moins d’exclusion. » (Martine Aubry, 12 septembre 1992, discours à Béthune)

    – « Si aujourd’hui la banque centrale européenne existait, il est clair que les taux d’intérêt seraient moins élevés en Europe et donc que le chômage y serait moins grave. » (Jean Boissonnat, 15 septembre 1992, La Croix)

    • Le graphique qui explique à lui-seul la recrudescence des tensions antre les Etats-Unis et la Chine. Celle-ci est prise au piège d’une croissance déséquilibrée, dans le sens du gonflement excessif des liquidités banque centrale investies dans l’immobilier, alors que les Etats-Unis profitent à plein de l’effet « refuge » des liquidités mondiales qui reviennent près du coeur de l’économie monde qu’est la FED. Du coût les surcapacités s’accumulent en Chine alors qu’elles disparaissent aux Etats-Unis, laissant les Chinois se dépatouiller avec leur montagne de dettes, tandis que les grosses fortunes chinoises rapidement enrichies par la politique de l’offre monétaire trouvent aux Etats-Unis un refuge salutaire:

      XINGTAI, China—The « steel king » of this drab city in northeast China was forced to shut down his mill and furlough some 3,000 workers without pay last November after the company’s banks cut off funding.

      It was a big blow for the magnate, Wang Chaojun. But it was a triumph for Beijing, which last year moved to stem excess factory production that is weighing on the economy and turning Chinese skies gray with smog. The banks, in fact, withdrew the loans, totaling $177 million, because of the central government’s call to streamline the steel business.
      http://online.wsj.com/articles/in-china-beijing-fights-losing-battle-to-rein-in-factory-production-1405477804

  8. Le deuxième graphique qui tue…

    You can see how that could quickly get out of hand, and in fact, that is what the researchers predict. Here is their stop-you-in-your-tracks assessment:

    In a worst-case hypothetical scenario, should the outbreak continue with recent trends, the case burden could gain an additional 77,181 to 277,124 cases by the end of 2014.

  9. neofutur dit :

    tres beau texte, tres bien ecrit et qui est beaucoup plus que de la poesie

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