Les plus grandes banques signent un accord pour éviter un nouveau Lehman Brothers

Arrow graph going downEnfin un début de régulation… Les grandes banques renoncent au principe du débouclage automatique des contrats sur dérivés si une institution financière se trouve en difficulté. Application de l’accord : 1er janvier 2015. Simple précaution ou signe que la nouvelle crise financière est vraiment très proche ? OD

« Six ans après la crise financière qui a plongé toutes les économies occidentales dans le rouge, les grandes banques consentent enfin à réguler un peu le système. Ce samedi, 18 grands établissements américains (Goldman Sachs, Bank of America…), européens (BNP Paribas, Deursche Bank, Société Générale, Crédit Agricole, Barclays…) ou asiatiques (Sumitomo Mitsui financial Group), ont accepté de modifier les règles sur le marché des produits dérivés en renonçant à certains droits.

Les produits dérivés, responsables de la crise de 2008. Les produits dérivés, ce sont des assurances dont l’objectif est de permettre aux entreprises, aux banques, aux producteurs, de se protéger de risques financiers (comme les fluctuations de prix) sur des actions, des obligations, des cours de matières premières, etc… Mais ça, c’est l’intérêt au départ. Car les investisseurs se sont très vite rendu compte que ce système permettait, lorsque tout se passe comme prévu, de décupler leurs profits. Encore embryonnaire aux débuts des années 1990, ce marché s’est très fortement développé, en dehors de tout contrôle, dans les années 2000. Il a pris une ampleur telle que la faillite de Lehman Brothers, en septembre 2008, l’un des plus gros négociants sur le marché des produits dérivés à l’époque, a plongé l’ensemble du système financier mondial dans la crise.

Donner un nouvel outil aux banques centrales. L’accord signé ce samedi, qui entrera en application le 1er janvier prochain, a pour but d’éviter qu’un tel scénario se reproduise. Les banques renoncent au principe du débouclage automatique des contrats si une institution financière se trouve en difficulté. Concrètement, les banques vont désormais laisser le temps aux régulateurs (Fed, BCE, etc…) d’intervenir auprès d’un autre établissement financier en difficulté et dont la taille est suffisamment importante pour emmener tout le système avec lui dans sa chute (Too big to fail). Les banques s’engagent donc à attendre avant de déboucler toutes leurs opérations afin de trouver une solution évitant une faillite «désordonnée» aux conséquences potentiellement explosives. Car tout le monde s’accorde à dire qu’un délai, même minime, peut permettre d’éviter un effet de panique sur les marchés ».

Lire la suite de l’article sur Le Parisien.fr

Rappel :

Pour Jacques Attali, la prochaine crise devrait se déclencher en 2015

Addendum (16 octobre) : Les régulateurs et les banques s’entendent sur le dos des épargnants (Ph. Herlin)

 

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A propos Olivier Demeulenaere

Olivier Demeulenaere, 54 ans Journaliste indépendant Macroéconomie Macrofinance Questions monétaires Matières premières
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4 commentaires pour Les plus grandes banques signent un accord pour éviter un nouveau Lehman Brothers

  1. Rien de nouveau sous le soleil: l’ISDA avait déjà empêché l’activation des CDS sur la dette grecque au moment de l’annulation de la dette grecque (haircut de 70%), à l’initiative des ministres de l’Eurogroup et sur les conseils de la Banque Lazard, ce qui constituait déjà une violation flagrante du droit privé régissant les transactions financières. Il en ira désormais de même des autres produits dérivés potentiellement toxiques, c’est-à-dire mettant en danger la solvabilité des banques, ce qui revient à annuler le droit régissant les contrats financiers entre les banques, au cas où les risques encourus deviendraient trop importants pour les protagonistes. Dans ces conditions, on peut se demander si le marché existe encore dans la mesure où l’Etat se réserve le droit d’intervenir à tout moment pour interrompre les transactions entre les acteurs du marché. C’est aussi un appel à la gabegie financière la plus totale car les banques seront assurées du parapluie actionné par le régulateur, au cas où les choses tourneraient mal. Voilà qui ne va certainement pas arranger la situation dans un marché qui n’évolue plus que dans la sphère théorique des mathématiques financières sans rapport avec la réalité autre que le profit à court terme des opérateurs. Encore une fois le régulateur prend le parti des banques, quitte à tordre les règles fondamentales du droit financier adaptables au gré des circonstances. Comment faire régner la confiance dans de telles conditions? Cette usine à gaz va finir par s’échapper dans la nuée lors d’un moment d’inattention du régulateur Souhaitons-leur bon vent et surtout qu’ils disparaissent dans l’explosion de la montgolfière qui ne manquera pas de se produire. Qu’est-ce que les banques sans économie réelle, surtout lorsque les sanctions pleuvent sur l’Eurasie, coupant du même coup les flux de marchandises entre les partenaires de la mondialisation. Les Russes et les Chinois l’ont bien compris: la seule façon d’arrêter les conneries des banquiers est de fermer la Bourse ou de faire comme si les banques n’existaient pas en concluant des accords d’Etat à Etat avec des prix déterminés dans les contrats et non par les banques sur les marchés. L’économie bancaire s’envolent dans le n’importe quoi de la finance théorique, tandis que les Etats forts mettent les banquiers en prison ou à tout le moins les subordonnent à l’autorité d’administrateurs d’Etat. Les beaux jours de la banque d’affaire des années quatre-vingt et suivantes sont révolus. Même les virus ravageurs n’arriveront pas à les ressusciter quels que soient les efforts des Anglo-saxons pour maintenir la tutelle de la dette sur des pays en développement qui trouvent dans la Chine une main secourable pour s’échapper de la prédation financière. L’Afrique de l’Ouest pourrait servir d’exemple à la France qui perd un à un les marchés eurasiatiques, sans que la finance de Wall Street ne relâche un instant son étreinte mortelle.

    • Non, vous avez raison, rien de nouveau sous le soleil… ils nous avaient fait le coup lors du défaut grec. Et le régulateur s’occupe une fois de plus de sauver les banques… Sauf que cette fois-ci c’est un accord très préventif – et pour ainsi dire de principe.

      Quant au marché, il n’existe évidemment plus, et depuis longtemps… on en fait le constat tous les jours (voir par exemple les propos de Charles Gave hier).

  2. zorba44 dit :

    Non seulement le marché n’existe pas, mais bien plus encore tout continue à se passer comme si la profession de foi du métier de banquier résidait dans l’affirmation « je spécule donc je t’e…..  » mot très grossier, le signataire en convient, puisqu’in fine le citoyen lambda reste le garant et le payeur du bénéfice qui ne sert pas à apurer le passif antérieur tant qu’évidemment de toute perte
    nouvelle – mot très grossier certes… mais il n’en a pas trouvé de plus percutant.

    Jean LENOIR

  3. Ping : Janet Yellen :”Nous ne pouvons pas éliminer la possibilité qu’une importante institution financière fasse faillite !“ | Le Blog de la Résistance

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