Olivier Berruyer : « Les banques systémiques au bord de l’explosion nucléaire »

  (BFM Business, 5 novembre 2014)

« La banque française la plus exposée sur les produits dérivés, c’est BNP ; elle a 1800 milliards de bilan et 70 milliards de fonds propres. On fait des stress-tests pour quoi ? Dès qu’elle a perdu 70 milliards, elle n’a plus de fonds propres… » Or, d’après une étude qu’il cite, une grosse crise coûterait à la France pas moins de 380 milliards d’euros… Que fait-on pour limiter le risque systémique ? On apprend que le gouvernement français recule même sur la taxe sur les transactions financières…

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A propos Olivier Demeulenaere

Olivier Demeulenaere, 54 ans Journaliste indépendant Macroéconomie Macrofinance Questions monétaires Matières premières
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13 commentaires pour Olivier Berruyer : « Les banques systémiques au bord de l’explosion nucléaire »

  1. Surya dit :

    Pour ceux que ça intéresse l’étude est là : http://vlab.stern.nyu.edu/welcome/risk/

  2. Nanker dit :

    « Que fait-on pour limiter le risque systémique ? »

    Ben on attend, on égrène le rosaire en espérant que ça ne pète pas, et quand les électeurs ne vous reconduisent pas, on refile le bébé au successeur (un p’tit gros à lunettes qui se prend pour Talleyrand mais se fait rouler dans la farine par tous ceux qu’il croise).

    Hypothèse personnelle : quand les Français éliront MLPen qui tentera de renverser l’édifice européen Washington se dépêchera de faire tomber les banques françaises pour punir la France de tant d’audace.
    Ai-je raison? RDV en 2017 ou en 2022…

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  5. Didier dit :

    Réponse à Jean Lenoir : oui… selon le principe de l’ élastique. Bien malin qui peut prévoir quand il va rompre…

  6. Les banques maîtrisent bien le risque de marché et le risque crédit, dans la mesure où elles font le marché et où elles bénéficient des garanties publiques sur leurs engagements au bilan permettant leur refinacement en hors-bilan.
    La comparaison des fonds propres avec les engagements de hors-bilan n’est donc pas correcte, dans la mesure où les banques doivent pondérer leurs expositions en risques par un surcroît de capitaux mis en réserve, qui ne sont pas compris dans les fonds propres stricto sensu. Il faut tenir compte du ration de solvabilité, le rapport entre les actifs et les fonds propres pondérés en risques, et non seulement de l’effet de levier au bilan qui rend imparfaitement compte de la réalité des risques supportés par la banque.
    Par ailleurs il est normal que les exposition de hors-bilan sous forme de produits dérivés, soit largement supérieur à ceux des actifs au bilan, dans la mesure où il s’agit d’opérations de couverture ou de refinancement couvrant le risque crédit au bilan, dont les bénéfices sont réalisés grâce à un fort effet de levier avec les contreparties du secteur bancaire non réglementé. C’est précisément cet effet de levier qui permet à la contrepartie de réaliser un gain tout en permettant à la banque qui est réglementée de se couvrir sur ses risques au bilan. Comme ce sont des opérations réalisées via des structures offshore ad hoc, type Londres, Dubai, Singapour, il y a de facto un risque systémique, mais justement les banques centrales couvrent ce risque en acceptant de racheter les ABS et autres CDO qui constituent 85% des opérations de hors-bilan de banques comme la BNP ou la Deutsche Bank. Risque systémique il y certes, mais largement couvert par les QE dont la vocation est justement d’éviter que le hors bilan des banques ne les fassent partir dans le décor. C’est même la raison pour laquelle ces opérations de hors-bilan sont appelées du doux nom d’instruments « de transfert des risques ».
    Un accident s’est produit en 2008 avec la chute de Lehman qui servait de contrepartie aux banques depuis son centre de rachat d’ABS/TRS/CDO/CLN/MBS de Londres provoquant au passage un choque systémique vis-à-vis de banques se trouvant sans couverture de leurs risques de crédit collatéralisé et donc en situation de défaut sur leurs propres engagements. IL faut reconnaître que depuis cette date, les banques centrales ont appris à maîtriser ce risque de contrepartie, tout simplement en rachetant les titres potentiellement en défaut, comme vient de le faire Draghi en annonçant un plan de rachat des ABS pour un trillion d’euros, ce qui va permettre aux banques d’absorber ce nouveau cycle dépressif sans pertes.
    Le risque s’implosion se situe beaucoup plus de l’économie réelle qui elle n’arrête pas de faire les frais de cette absorption de la richesse productive par la richesse émise sous forme de dettes collatéralisée par rien du tout, si ce n’est la charge au bilan de la BCE. A ce niveau là on peut très bien imaginer que la BCE crée tant et plus de fausse monnaie-dette qu’elle finisse par étouffer complètement l(économie productive dans les pays du Sud de l’Europe vivant sous perfusion de la BCE en contrepartie de l’austérité qui finira par tuer complètement le consommateur. C’est donc dans la rue que la crise va se dénouer et non sur les marchés manipulables à merci du fait des ressources infinies de l’ingénierie financière et de l’informatique. Attendez-vous en conséquence à des manifestations de plus en plus violentes, à mesure que s’accroît le poids de l’austérité qui finira bien par vider complètement l’épargne des ménages et que les gouvernements interdisent toute sortie de crise par l’arrêt de la machine à financer les déficits par de la monnaie bancaire.

    • Surya dit :

      huhuhu

      BNP Paribas au 31/12/2013

      41 366 milliards d’€ de notionnels pour les dérivés classés en transaction,
      794 milliards d’€ de notionnels pour les dérivés classés en couverture.

      Je veux bien qu’il y a des dérivés classés en transaction parce qu’ils n’ont pas passé le test des 80/125 mais il faudrait pas nous prendre pour des jambons non plus.

      Sinon je n’ai pas compris la phrase « des garanties publiques sur leurs engagements au bilan permettant leur refinacement en hors-bilan » parce que chez moi du refinancement tiré c’est toujours au bilan.

      Sinon les derniers rapports annuels de la BRI vous indiqueront quelle est la fiabilité des ratios basés sur les « actifs pondérés des risques » 🙂

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