Jacques Sapir : « L’Italie bientôt hors de l’euro ? »

(BFM Business, 18 novembre 2014)

« S’il n’y a pas un très fort plan d’investissement au niveau de l’ensemble de l’Europe – et de l’Allemagne en particulier, toute une série d’experts italiens considèrent que l’Italie devra sortir de la zone euro d’ici la fin du mois de juin… »

Rappel : Un « run » silencieux sur l’Europe et l’Italie (B. Bertez)

Lire aussi : Si l’Italie sortait de l’euro… (J. Sapir)

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A propos Olivier Demeulenaere

Olivier Demeulenaere, 52 ans Journaliste indépendant Macroéconomie Macrofinance Questions monétaires Matières premières
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15 commentaires pour Jacques Sapir : « L’Italie bientôt hors de l’euro ? »

  1. zorba44 dit :

    Depuis le temps que tous ou presque ont de bonnes raisons de sortir de l’euro …attendons plutôt le grand feu d’artifice bancaire.

    Jean LENOIR

  2. brunoarf dit :

    Les investisseurs européens n’ont plus de liquidités, comme quand des drogués sont en manque de cocaïne.
    Alors la banque centrale va de nouveau intervenir.
    La banque centrale va injecter des centaines de milliards de liquidités supplémentaires, comme quand un fournisseur de cocaïne fait lui-même une piqûre de cocaïne dans le bras d’un drogué.
    Cette nouvelle injection de cocaïne ne va pas améliorer la santé du drogué, bien au contraire.
    C’est la même chose avec une banque centrale : cette injection supplémentaire de liquidités ne va pas améliorer l’économie réelle. A chaque fois, les injections de liquidités ne profitent pas à l’économie réelle. Et l’économie réelle continue à s’effondrer.
    En revanche, ça va profiter à la Bourse.
    C’est ça, le plus important ! ! !
    Et la bulle boursière va gonfler, gonfler, gonfler …

    Vendredi 21 novembre 2014 :

    Bourse Francfort : le Dax applaudit aux propos de Draghi.

    La Bourse de Francfort avançait vendredi matin, soutenue par les propos de Mario Draghi réaffirmant la volonté de la BCE d’agir plus si nécessaire.

    L’Italien a déclaré lors d’un discours à Francfort que la BCE était prête à étendre « l’ampleur, le rythme et la composition » de son programme de rachats d’actifs, ouvrant encore un peu plus la porte à un « assouplissement quantitatif » (« quantitative easing », ou « QE ») tant attendu par les investisseurs.

    http://www.romandie.com/news/Bourse-Francfort-le-Dax-applaudit-aux-propos-de-Draghi/539265.rom

  3. Un énorme plan d’investissement? Avec quel moyens financiers et sous quel forme? Mystère. On reste dans les généralités macro qui cachent des situations économiques et sociales dramatiques d’entreprises prises à la gorge par la déflation et le matraquage fiscal. Celles-ci, dans un suprême effort de productivité/ compétitivité se sont massivement délocalisés dans les pays de l’Est afin de profiter à plein de la libre circulation des biens et des services à l’intérieur de l’UE. Elles ne reviendront pas Italie tant que la donne fiscale n’aura pas changé. Et c’est là où le bas blesse car la dette italienne, la troisième mondiale par le volume quoi que talonnée de près par la dette française, n’est pas finançable autrement que par une monnaie générant un volume obligataire suffisant pour assurer la liquidité de la dette publique sur les marchés financiers.
    Qui dit retour à la Lire dit forcément arrêt du refinancement de la dette italienne, non seulement publique mais aussi privée, et avec elle l’effondrement des revenus de la population fonctionnarisée et des rentiers. Cela risque d’être intéressant dans un pays au vieillissement de la population rapide, qui plus est accompagné de forts mouvements migratoires eux-aussi financés par la dette, puisqu’il s’agit de populations marginalement productives. Donc il s’agit ni plus ni moins d’une remise à plat brutale des finances publiques et privées qui n’est soutenable que par une reconfiguration drastique de la gouvernance italienne passant par la remise en cause en cause des accords d’intégration économique et fiscale avec l’UE et la conclusion de nouveaux accords avec des pays pouvant apporter le potentiel de croissance nécessaire à la reconstitution des revenus et de l’épargne d’une population active condamnée au chômage par la stagnation.
    Autant dire que le gouvernement italien est acculé à un trade-off historique entre le financement du rentier et celui de l’entrepreneur, à un moment où le financement du premier devient très relatif dans un contexte de taux d’intérêt maintenu durablement au plancher, alors que l’entrepreneur est parti s’installer sous des cieux plus cléments, achevant d’annihiler la base fiscale du pays. Le problème est le même dans un pays comme la France, dont les rentrées fiscales s’effondrent alors que le financement par la dette représente l’essentiel du financement des déficits publics et sociaux. On remarquera qu’il n’est plus question de budgets mais de déficits, à force de considérer que l’argent pousse sur les arbres, pourvu que le banquier garde le contrôle de la politique fiscale usuraire pratiquée par l’Etat.
    On est donc arrivé au point où le choc de la réalité devient intenable, à moins de décréter la virtualisation complète de la réalité économique au profit exclusif des gros portefeuilles des fonds d’investissement, qui eux n’ont que faire des préoccupations sociales des gouvernements. Un pays sans consommateurs euthanasiant ses jeunes et ses vieux, voilà l’avenir des pays de la périphérie de la zone euro pris au piège de la logique financière guidant les stratégies d’investissement des banquiers. Gageons que la dépréciation brutale des portefeuilles obligataires n’a pas été prise en compte dans les scénarios de stress-test mis au point par Oliver Wyman pour la BCE.
    Il y là de quoi donner des sueurs froides à la BNP ou à la SG, gros détenteur de dette italienne, d’autant que les produits dérivés sont souvent financés par cette dette fortement liquide. Ceux-ci sauront brandir opportunément la menace de la ruine complète de l’Etat italien, même si cette ruine est déjà largement entamée. Gageons que les négociations diplomatiques avec la Russie et la Chine vont bon train pour restaurer un ordre financier et bancaire plus en adéquation avec l’intérêt des populations européennes. Le choc sera soudain et brutal lorsque le gouvernement italien annoncera sa sortie de l’UE et de la zone euro pour rejoindre la zone économique et monétaire eurasienne, swappant au passage sa dette dans une nouvelle monnaie d’échange qui serait trader à Moscou et à ShanghaÏ, au lieu de Londres ou New York.
    Un tapis de bombes peut encore stopper net ce scénario inimaginable jusqu’au moment où les Chinois décideront d’investir massivement en Italie dont les actifs sont à vendre à vil prix.

  4. bocanegra dit :

    Finale Allemagne-Italie…

  5. Nanker dit :

    « D’autant plus que la cocaïne ne s’injecte pas, contrairement à l’héroïne »
    C’est faux… Sigmund Freud s’en injectait et Sherlock Holmes aimait la fameuse solution à 7%…

    Sinon pour revenir au sujet, 2015 promet d’être intéressante (si vous avez mis vos noisettes à l’abri) ou ravageuse (si vous faites encore confiance aux banques).

  6. raimanet dit :

    A reblogué ceci sur raimanetet a ajouté:
    les autres suivront bien plus vite que leurs ombres …

  7. Inutile de préciser que si le conseiller économique de M. Rensi parle de programme d’investissement dans la zone euro, il ne peut que sous-entendre un programme massif de rachat de la dette italienne par la BCE avec la garantie de l’Allemagne, seule condition du maintien des taux au plus bas, malgré une économie en état d’apoplexie prolongée. La politique des taux pratiquée par la BCE n »est plus tenable sauf à faire péter le thermomètre quand il faudra revenir à des niveaux de valorisation en adéquation avec les prix du marché. Pour le moment les investisseurs asiatiques continuent à faire leurs emplettes en Italie profitant de l’accès à l’argent gratuit de la banque centrale et des facilités de crédit ouvertes aux institutionnels en recherche de bonnes opportunités en matière d’OPA et d’IPO. Autant dire que la chasse est ouverte aux bonnes affaires avant que la lucarne d’opportunité ne se referme sur les prédateurs lorsque la trappe aux liquidités va fatalement se refermer sur eux précipitant tout le monde dans l’enfer de l’implosion économique doublée d’une hyper-inflation à deux chiffres. Pour le moment l’hyper-inflation est seulement le lot de la Russie qui laisse aller sa monnaie de façon à préserver ses réserves de change, quitte à réduire drastiquement ses importations le temps de substituer des produits russes aux produits importés. Après tout l’exemple des chantiers navals militaires russes est là pour témoigner de la capacité des Russes à tirer les enseignements des technologies occidentales gratuitement offertes par l’Allemagne et les Etats-Unis pendant des décennies de vaches grasses alimentées par la hausse du pétrole. maintenant c’est aux Russes de prendre le relais et ils pourraient à leur tour donner des leçons aux Italiens de plus en plus impatients d’échapper à l’étranglement de la bulle de crédit en euros alimentée par la garantie de l’Allemagne trop heureuse de faire ses choux gras de la déconfiture compétitive de ses partenaires européens. C’est en core une conséquence inattendue des sanctions contre la Russie que de servir de révélateur à des frustrations trop longtemps contenues chez les vassaux de l’Allemagne qui lorgne vers les initiatives russes pour échapper à la tutelle de la gouvernance occidentale des Etats-Unis. Il se passe beaucoup de choses dans les coulisses des chancelleries européennes, des choses qui échappent à l’attention vigilante de Bruxelles qui s’inquiète néanmoins du rapprochement continu de certains Etats européens vers la Russie, comme la Moldavie, la Hongrie ou la Serbie. Un nouvel ensemble de relations est en train de se construire dans le dos de l’UE qui prendra forme subitement sous la forme d’accords bilatéraux échappant à l’emprise de Bruxelles, alors que les créditeurs se voient forcer la main pour restructurer une dette intenable sous peine de perdre complètement la poule aux oeufs d’or de la dette publique qui alimente en liquidités les banques d’investissement occidentales. D »un côté il ne se passe pas une semaine sans nouveau scandale comme les délits de collusion, de manipulation des cours ou d’entente dans des chat rooms en copains traders faisant partie de maisons reconnues sur le marché, tandis que de l’autre, on s’emploie à s’affranchir d’un système bancaire qui ne remplit plus ses fonctions classiques de transformation des moyens de financement au bénéfice des acteurs de l’économie réelle.

  8. Viggo dit :

    Il n’y a pas seulement l’Italie qui aurait besoin de pouvoir dévaluer sa monnaie, mais également l’Espagne, Portugal et la France. 🙂
    Mais comme ces pays sont dans le corset de l’Euro, ils ne risque pas de pouvoir le faire. 🙂
    Sortir de l’Euro et reprendre enfin à nouveau la souveraineté monétaire est parfaitement jouable.
    Faut juste l’organiser correctement. .

    Ou l’autre variante: En désespoir leurs citoyens risquent de se faire comprendre d’une manière très musclée dans la rue. C’est juste une question de temps. 🙂
    Amicalement
    Viggo

  9. Quex dit :

    Je pense que M. Sapir prend plus ses désirs pour une potentielle réalité qu’autre chose …

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