Jacques Sapir : « On attend trop de l’action des banques centrales »

(BFM Business, 2 décembre 2014)

« Le statut de la BCE interdit un quantitative easing à l’américaine et on sait que ce statut est très sérieusement surveillé, non seulement par le gouvernement allemand mais, ce qui est encore plus important, par la Cour constitutionnelle de Karlsruhe… »

Rappel : Jacques Sapir : « L’Italie bientôt hors de l’euro ? »

A propos Olivier Demeulenaere

Olivier Demeulenaere, 51 ans Journaliste indépendant Macroéconomie Macrofinance Questions monétaires Matières premières
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15 commentaires pour Jacques Sapir : « On attend trop de l’action des banques centrales »

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  2. « Le statut de la BCE interdit un quantitative easing à l’américaine et on sait que ce statut est très sérieusement surveillé, non seulement par le gouvernement allemand mais, ce qui est encore plus important, par la Cour constitutionnelle de Karlsruhe… »

    Mais comment trouve-t-il moyen d’entonner encore et toujours le même refrain, alors qu’il sait parfaitement que la cour constitutionnelle allemande est de mèche avec la Bundesbank pour n’entraver en rien l’action de la BCE sans laquelle l’Allemagne ne pourrait continuer à réaliser l’essentiel de son commerce extérieur avec des partenaires européens en faillite? Croit-il vraiment que la France pourrait s’offrir la camelote allemande, comme ses berlines, sans les crédits de refinancement de la BDF qui transmet les créances des banques commerciales françaises à la BCE?? Voir à ce sujet les derniers jugements de la cour de Karlsruhe condamnant Draghi à venir s’expliquer devant le Bundestag auquel la cour constitutionnelle voulait conférer un droit de regard plus important sur la politique monétaire européenne. A-ton vu ce même parlement émettre quelque motion de censure que ce soit contre M. Draghi?? Pas à ma connaissance, d’ailleurs l’attitude conciliante de la Bundesbank a permis à la BCE d’aller toujours plus loin dans la création de monnaie banque centrale en financement direct des déficits européens (émission d’euro-bonds, rachat d’ABS, rachat direct de titres de dettes souveraines, collatéralisation des portefeuilles de prêts des banques commerciales auprès des banques correspondantes de l’Eurosystem), sans lequel la poursuite des excédents commerciaux allemands ne pourrait s’expliquer. L’action de la BCE est destinée à être relayée par celle de la Commission qui compte voler au secours de l’Italie par des programmes d’investissement qui seront essentiellement financés par des capitaux étrangers,notamment chinois. Mais le marché se fait rare pour la construction d’infrastructures. Il s’agira sans doute plus de rénovation ouvrant la voie à des ventes d’actifs publics à des intérêts privés comme les autoroutes, la distribution de l’eau, la production d’énergie électrique, etc. Ce serait l’opportunité idéale pour intégrer des marchés publics encore trop fractionnés, comme les chemins de fer par exemple, si des banquiers chinois peuvent entrer au capital de sociétés de chemins de fer publiques toujours à la recherche de solutions de financement créatives. Les chemins de fer espagnols et portugais ont déjà largement goûté aux joies du financial engineering qui ne demande qu’à s’étendre à de nouveaux partenaires comme la SNCF ou les chemins de fer italiens. Entre financiers internationaux on arrive toujours à s’entendre, quand il s’agit tenir flot le paquebot de la dette en évitant de redonner du pouvoir au travail toujours suspecté d’intentions hostiles envers le capital.

  3. brunoarf dit :

    La BCE va encore être obligée d’intervenir.

    La BCE va encore être obligée de prêter 1000 milliards d’euros aux banques européennes.

    Jeudi 4 décembre 2014 :

    Le secteur bancaire mondial renoue avec le profit, sauf l’Europe.

    Le secteur bancaire mondial a renoué avec le profit économique en 2013 pour la première fois depuis la crise financière, à l’exception des établissements européens qui continuent de souffrir davantage que leurs concurrents, selon une étude rendue publique mardi.

    Le profit économique est une mesure du profit auquel on retire les coûts d’opportunité, c’est-à-dire les coûts liés au fait de choisir une activité plutôt qu’une autre.

    Les banques en Europe sont restées dans le rouge avec un profit économique négatif de 136 milliards d’euros, contre -161 milliards d’euros en 2012, ce qui porte à 600 milliards d’euros depuis 2009 le montant cumulé de leurs pertes calculées selon cet indicateur.

    « Confrontées à un environnement économique difficile, les banques de la zone euro ont pour principal défi de prouver leur capacité à dégager durablement des bénéfices et certaines pourraient devoir céder des activités déficitaires », a déclaré vendredi Danièle Nouy, la présidente du Mécanisme de surveillance unique européen.

    http://fr.reuters.com/article/businessNews/idFRKCN0JG0WS20141202?sp=true

    • zorba44 dit :

      Pas grave, on est à un niveau de n fois un Crédit Lyonnais …Souvenez-vous on lui doit la CSG et la RDS et, maintenant, c’est à deux ou trois générations sacrifiées que se monte le total.

      Jean LENOIR

  4. Politique budgétaire et politique monétaire sont les deux mamelles de l’Etat moderne totalitaire. Tous les économistes actuels, ainsi que les politiques, banquiers et chef d’entreprise sont passés par la moulinette keynésienne à l’université ou dans les « grandes écoles ». Le problème n’est pas tant de « tout attendre » (qui est ce « on », au juste) de la BCE, mais plutôt la faillite des théories keynésiennes qui ont guidé les politiques économiques partout dans le monde depuis 1945.
    Tant dans le monde socialiste communiste que dans le monde capitaliste structuraliste, les politiques se sont illusionnés en pensant tout régenter et tout contrôler par la planche à billets et l’appareil réglementaire encadrant l’action humaine dans ses moindres détails au nom de l’ingénierie sociale chère à nos technocrates amoureux de l’humanité. A un pouvoir absolu répond un désastre absolu, mais sans la responsabilité personnelle, que les politiques s’obstinent à cacher en maintenant le système financier en survie artificielle.
    Qu’ils ne s’étonnent pas ensuite que le public comme les marchés attendent tout de la banque centrale, puisque justement tout dépend de cette création monétaire artificielle pour maintenir en vie un système technocratique en voie de momification. D’ailleurs ce « on » concerne plus les marchés que les populations qui elle ne comprennent rien aux arcanes financières. Ce sont les financiers qui ont l’oreille rivée sur les lèvres de Draghi pas les citoyens qui eux ne peuvent faire autrement que de subir le joug de l’usure, sachant que les effets des paroles du maître sur la courbe des taux se transcriront d’autant moins en revenus que la masse salariale est considérée comme inflationniste par les banquiers centraux alors que les trillions de liquidités banque centrale sublimés en instruments de marché chevauchant la courbe des taux, ne le sont pas, sauf pour les revenus des banques et autres bonus.

  5. Geraldine dit :

    Jacques Sapir se trompe, la légalité est une notion très élastique que les mafieux de l’oligarchie au pouvoir n’ont jamais eu aucun scrupule à fouler aux pieds :

    « La Banque centrale européenne (BCE) a « intensifié les préparatifs » de nouvelles mesures de soutien à l’économie de la zone euro, a déclaré jeudi son président Mario Draghi, précisant que plusieurs options d' »assouplissement quantitatif » ou « QE » étaient à l’étude.

    Le conseil des gouverneurs est toujours « unanime » pour mettre en œuvre des mesures supplémentaires de soutien à l’économie et aux prix « si nécessaire », a assuré M. Draghi. La BCE conduira « début 2015 » un examen précis de la situation et de l’effet des mesures déjà à l’œuvre, a-t-il dit.

    En attendant, l’institution a « intensifié les préparatifs » pour de nouvelles mesures, a-t-il indiqué, et les gouverneurs réunis jeudi se sont penchés sur la question.

    « Nous avons évoqué plusieurs options d’assouplissement quantitatif, mais il y a encore du travail à faire », a dit M. Draghi. Objet de la discussion, le rachat de « tous types d’actifs, sauf de l’or ».

    Interrogé par les journalistes, Mario Draghi a également indiqué que la BCE n’avait « pas besoin d’unanimité » au sein du conseil des gouverneurs pour déclencher un « QE », alors que la banque centrale allemande ne cache pas son opposition à un rachat de dette publique par l’institution monétaire de Francfort.

    « C’est une importante décision de politique monétaire, elle peut être élaborée de façon à faire consensus », a-t-il poursuivi, faisant valoir le mandat confié à la BCE de maintenir l’inflation en zone euro juste en dessous des 2% sur un an.

    M. Draghi s’est également dit « convaincu » que des rachats d’obligations souveraines seraient « un instrument éligible pour poursuivre notre mandat ».

    « Vous pensez que nous discutons de quelque chose d’illégal? Serait-ce le meilleur usage à faire de notre temps? », a-t-il demandé, alors que certains ont émis des doutes sur la légalité de tels rachats de dette publique. Le mandat de la BCE lui interdit de financer directement les Etats de la zone euro.

    http://www.boursorama.com/actualites/la-bce-a-intensifie-ses-preparatifs-a-un-possible-assouplissement-quantitatif-10ceb6d0b22e68b8cf56134f37507df8

    • Alcide dit :

      Je suis bien d’accord.
      Jacques Sapir réagit comme un mari trompé .
      Non dit-il, ce n’est pas possible que Mario fasse quelque chose d’illégal et de contraire aux bonnes mœurs.
      Non , pas Mario cet ancien banquier élevé chez Goldman , c’est totalement impossible.

      Au bout d’un certain temps , l’aveuglement à vouloir ignorer la nature exacte des crapules qui nous dirigent ainsi que les connexions géopolitiques qui mènent à la guerre confine à la sottise.

    • zorba44 dit :

      Draghi sait utiliser toutes les ficelles et finasseries. C’est « Le Prince » dans toute son acception machiavélique. Rien à attendre de bon d’un type pareil.

      Jean LENOIR

  6. zorba44 dit :

    Il y a un grand malaise qui transparaît dans tous les posts : légalité, investissements publics…

    Mais encore et toujours il y a l’hydre de la dette qui ne cesse de croître et qui se nourrit de capitaux dans une économie comptablement en faillite, avec une demande industrielle et privée en panne.

    Les montants sont tels que la faillite ne peut pas être évitée. Seules des « crapules achevées » peuvent tenter de nous faire croire le contraire. Au final le tableau qui s’annonce est bien noir.

    Jean LENOIR

  7. brunoarf dit :

    A la coupe du monde des pays en faillite, les pays européens sont très bien placés.

    A la coupe du monde des pays en faillite, dans les 11 premières places, il y a 9 pays européens.

    1- Médaille d’or : Japon. Dette publique de 243 % du PIB

    2- Médaille d’argent : Grèce. Dette publique de 317,499 milliards d’euros, soit 174,1 % du PIB

    3- Médaille de bronze : Italie. Dette publique de 2168,855 milliards d’euros, soit 133,8 % du PIB

    4- Portugal. Dette publique de 224,129 milliards d’euros, soit 129,4 % du PIB

    5- Irlande : dette publique de 209,702 milliards d’euros, soit 116,7 % du PIB

    6- Chypre : dette publique de 19,365 milliards d’euros, soit 112,2 % du PIB

    7- Belgique : dette publique de 433,274 milliards d’euros, soit 105,1 % du PIB

    8- Etats-Unis : dette publique de 18004 milliards de dollars, soit 105 % du PIB

    9- Espagne : dette publique de 1012,606 milliards d’euros, soit 96,8 % du PIB

    10- France : dette publique de 2023,668 milliards d’euros, soit 95,2 % du PIB

    11- Royaume-Uni : dette publique de 1552,344 milliards de livres sterling, soit 88,4 % du PIB

    (Pour info : la dette publique de la Russie est de 13 % du PIB)

    http://cimb.ch/ICMB/Publications_files/Geneva16_2.pdf

  8. Ping : DECEMBRE 2014 |L'OLIGARCHIE FINANCIERE | Pearltrees

  9. zorba44 dit :

    Oui …pour info la dette publique de la Russie est de 13% du PIB et c’est quand-même fort de café que des pays exsangues cherchent à plomber l’économie de la Russie à coups de renfort de nouveaux tombereaux de dettes.

    Jean LENOIR

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