Russie : Du sang à la corbeille (J. Sapir)

Ne pas vendre trop vite la peau de l’ours. Ceux qui l’ont fait en ont été pour leurs frais… OD

Russian_bear

« La séance a été mouvementée, mais glorieuse, pour le rouble ce mercredi 17 décembre. Il s’est apprécié fortement face au dollar et à l’Euro après les séances catastrophiques de vendredi, lundi et mardi. Dans le même temps, la Bourse de Moscou, qui avait connu une forte baisse ce lundi et ce mardi, s’est brillamment reprise et a connu une hausse de 17%. Il faut, certes, se méfier des  mouvements sur un marché des actions qui est très étroit. Près de 90% des volumes se font sur cinq titres seulement. Néanmoins, la tendance est ici très nette. Ces mouvements sont comparables dans leur amplitude à la baisse spectaculaire de mardi 16. Ils n’ont cependant pas provoqués les mêmes commentaires, et ceci est révélateur des parti-pris anti-russes d’une partie de la presse et des soi-disant « observateurs ». Ils n’en sont pas moins intéressants car ils révèlent ce qu’est la politique des autorités russes. Mais, au-delà de ce simple constat, il faut s’interroger sur les choix qui ont été faits par les autorités.

La stratégie des autorités et le bain de sang des spéculateurs

La stratégie du gouvernement et de la Banque Centrale semble fonctionner à court terme. Moins que la hausse du taux d’intérêt à 17%, il semble bien que ce soit essentiellement l’engagement des réserves du Ministère des Finances et de la Banque Centrale couplé avec des mesures administratives visant certaines banques, qui ait provoqué cette hausse importante. Elle est très significative. On voit que la veille, le rouble s’était effondré avant de remonter vers la fin de la journée. Cela s’explique par le mouvement de spéculation. On achète du dollar en vendant des roubles en début de journée, et ce mouvement fait chuter le rouble, puis on revend ces dollars, provoquant une légère remontée, mais qui reste à un niveau inférieur à celui auquel on les a acheté. Le spéculateur est ainsi gagnant. Songeons qu’il a pu acheter des dollars entre 63 et 65 roubles et les vendre entre 77 et 72 roubles, empochant ainsi un beau bénéfice. Mais, ce mercredi 17 c’est un tout autre scénario. Les achats de dollars se font entre 69 et 71 roubles, dans l’espoir de vente au-delà de 80 roubles. Mais, l’intervention de la Banque Centrale fit remonter le rouble qui à 8H00 est à 63 roubles pour 1 dollar. Les spéculateurs sentent que a situation leur échappe et ils multiplient les achats, faisant chuter le rouble un instant, mais l’intervention de la Banque Centrale et du Ministère des Finances sature le marché, le rouble s’apprécie, et les contrats se dénouent entre 62 et 60,5 roubles pour un dollar, ce qui entraine des pertes énormes pour les spéculateurs.

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Ces mouvements du 17 décembre impliquent donc des pertes très lourdes pour les spéculateurs qui jouaient la baisse du rouble. On verra dans les jours qui viennent ce qui se passe pour certains fonds spéculatifs, en particulier aux Etats-Unis, et certaines petites banques russes, proches de milieux opposés à la politique menée par Vladimir Poutine. Il est clair que cette stratégie doit absolument être poursuivie dans les jours qui viennent pour rendre ces pertes irréversibles et redonner par la même occasion confiance à la population russe.

L’objectif devrait donc logiquement être d’atteindre le niveau de 55 roubles pour 1 dollar. Ce cours qui correspond plus ou moins au niveau d’équilibre pour un baril de pétrole en dessous des 60 dollars et qui rassurerait la population.

Le coût pour les autorités

On ne connaît pas encore exactement le coût direct de cette stratégie. Il est cependant clair qu’il a été important. La Banque Centrale et le gouvernement ont certainement jeté des sommes importantes sur le marché pour arriver à leurs fins. Ils devront dépenser des sommes toutes aussi importantes dans les jours à venir, probablement autour de 30 milliards de dollars par semaine s’ils veulent atteindre cet objectif. Mais il est clair que la Russie en a aujourd’hui les moyens. Les réserves de la Banque Centrale sont au-dessus des 400 milliards de dollars.

Ce coût n’est pas le seul, et il faut aussi envisager le coût caché de cette politique. Il réside dans le maintien de taux d’intérêts élevés. Ces derniers sont actuellement de 17% l’an, alors que l’inflation se situe autour de 10,5% l’an. Si ces taux devaient s’inscrire dans la durée, ils étrangleraient l’économie russe. Il faut donc ici bien considérer que si une politique de lutte contre la spéculation par des moyens de marché peut être efficace, comme cela a été prouvé ce mercredi 17 décembre, le coût, tant direct qu’indirect de cette politique devient rapidement croissant. On comprend que, dans l’esprit du gouvernement, cette stratégie ne soit pas appelée à durer. Il est clair qu’il espère qu’avec le mois de janvier prochain les pression baissières sur le rouble vont se calmer. Néanmoins, si la spéculation s’avérait soutenue politiquement par certains pays, ceci pourrait ne pas être le cas. Dans cette situation, la meilleure solution pour la Russie serait d’introduire rapidement des mesures réglementaires, ce que l’on appelle un contrôle des capitaux. La réussite de la stratégie adoptée par les autorités, qui se refusent pour l’instant de considérer l’option du contrôle des capitaux, va faire baisser la pression sur ces mêmes autorités. Mais, si l’engagement du Ministère des Fiances et de la Banque Centrale devait se poursuivre, il faudrait alors reconsidérer sérieusement les différentes options possibles.

Des leçons à tirer

Une dernière leçon doit être tirée des événements qui viennent de se passer. Ce mini-krach sur le marché des changes a réactivé tout l’inconscient de méfiance vis-à-vis de l’économie russe qui date de la crise d’août 1998. Or, contrairement à cette époque, jamais il n’y a eu un risque de défaut. En 1998, les réserves de la Banque Centrale étaient très faibles, autour de 30 milliards. Elles sont aujourd’hui à 420 milliards, soit 14 fois supérieures. La dette publique était un problème majeur en 1998 ; aujourd’hui la Russie est l’un des pays les moins endettés du monde avec au tour de 9% du PIB pour sa dette publique, soit 10 fois moins que la France. La balance commerciale était en déficit au premier semestre 1998, alors qu’elle est excédentaire aujourd’hui de près de 120 milliards par an, un chiffre comparable à celui de l’Allemagne.

L’industrie russe se développe rapidement, et on a pu le voir dans les contrats signés récemment avec l’Inde, tout comme on peut le voir si l’on regarde les chiffres de la production automobile, ou aéronautique. Il est donc profondément stupide de compare la Russie à un quelconque émirat pétrolier. Cela n’avait non plus aucun sens de comparer 1998 avec ce qui s’est passé les jours derniers. Et pourtant, certains l’on fait, parfois de bonne foi montrant cependant que leur connaissance de l’économie russe était bien courte, et d’autres de moins bonne foi, démontrant une incontestable volonté de nuire. Il est important de ne pas se laisser guider par l’idéologie quand on cherche à comprendre ce qui se passe en Russie ».

Jacques Sapir, RussEurope, le 18 décembre 2014

Addendum :

China prepares to bailout Russia (ZeroHedge)

Rappel :

Le piège en or du maître d’échecs Poutine

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A propos Olivier Demeulenaere

Olivier Demeulenaere, 52 ans Journaliste indépendant Macroéconomie Macrofinance Questions monétaires Matières premières
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49 commentaires pour Russie : Du sang à la corbeille (J. Sapir)

  1. Ping : Russie : Du sang à la corbeille (J. Sapir) - Ma banque a moi

  2. Le FSB a fait récemment le ménage dans le milieu de la mafia russe à Londres. Des actions ciblées visant des dirigeants de fonds spéculatifs devraient suivre.

    She said that father-of-one Mr Curtis, who owned the £1.5million aircraft, was working for Russian oil oligarch and Putin foe Mikhail Khodorkovsky.

    She added: ‘I know Putin wanted these oligarchs because they got so much of the country’s money.

    ‘Stephen Curtis was helping them to get their money invested in the tax havens.’
    http://www.dailymail.co.uk/news/article-2872583/If-happens-not-accident-lawyer-friend-impaled-tycoon-Scot-Young-said-days-fatal-helicopter-crash-pilot-s-family-blame-Putin-government.html

  3. Le cours du rouble est à 75 RU pour un Euro. Raconte n’importe quoi le Sapir, d’autant plus que le taux interbancaire de la banque centrale a encore augmenté aujourd’hui.

  4. Trend dit :

    Rien n’est encore terminé, c’est juste une prise de bénéfices avant que le rouble continue sa chute et rien de plus. De toute façon la Russie est attaquée de tout les cotés en même temps , énergétique avec la chute du baril ainsi que sa monnaie le rouble avec laquelle l’on pourra bientôt tapisser les murs, ainsi que politiquement avec LE RENOUEMENT DES RELATIONS AVEC CUBA , ceci dans le but de faire perdre un allier stratégique de la Russie, il faut avouer que c’est pas mal joué de la part des USA. En résumé il ne reste plus que la Chine avec avec son sous marin à pédale acheté d’occasion aux Russes et le BRICS qui risque de s’écrouler comme le mur en briques de Berlin .
    Au fait sans passer du coq à l’ane, saviez-vous que la pluspart de chinois n’étaient pas au courant ou vaguement des manifastations qui se déroulent à Hong Kong, la censure fonctionne à merveille.

  5. Pas un mot sur la quinzaine de pays émergents, notamment les cinq fragiles, qui sont massacrés en Bourse à l’instar de la Russie. Goldman joue la baisse rapide des « high yield bonds » pour 2015, sorte de subprimes des titres obligataires souverain.Quid des UAE, du Brésil, du Mexique, de la Turquie, de l’Inde, de l »Afrique du Sud, de l’Egypte qui sont très exposés aux mouvements spéculatifs sur les obligations à haut rendement. Les accords bilatéraux à coup de milliards de dollars, c’est bien joli, mais il faut du temps, beaucoup de temps même, pour que les contrats publics se transforment en cash flows positifs pour les entreprises privées. Entre-temps elles financent leur capital circulant avec des « leveraged loans » américains sous la forme d’obligations à haut rendement financés par la FED. La baisse du prix de l’énergie accompagné de la déflation se transforme en récession qui précipite le reflux des capitaux aux Etats-Unis qui devront bien exécuter un mouvement de hausse des taux d’intérêt dans un contexte de surendettement public et d’abondance des liquidités banques centrales, alors que les taux sont négatifs au coeur de la zone euro. A moins que tous les marchés soient nationalisés sous l’égide d’une seule banque centrale à définir par le FMI et la Chine qui s’entendront pour émettre les moyens de financement à hauteur de l’activité économique estimée en fonction des plans quinquennaux d’investissement. La Gosbank version chinoise mondialisée revient par la fenêtre après avoir été chassée par la porte pour se porter au secours des économies émergentes. Affaire à suivre.

    http://www.ft.com/cms/s/0/353eace8-8608-11e4-b11b-00144feabdc0.html#ixzz3MG11fqD7

    Yet 2014 is ending on a distinctly gloomier, risk averse note. Russia’s crisis has pushed investors into havens — yields on 10-year German government bonds have fallen to historic lows of less than 0.6 per cent. Beyond the US, lower oil prices are fuelling worries about economies trapped in deflation or on slow growth paths, increasing credit risks for high-yield bonds.
    “Clearly a broader change to the existing regime is at play . . . We enter 2015 facing the most significant threats to the established low-default, low volatility backdrop,” concluded a recent Citigroup note.
    If global market sentiment does turn next year, high-yield bonds will provide much of the drama.

  6. astonished dit :

    Quelqu’un s’est-il aperçu que la chute du pétrole ET du rouble n’était pas une si mauvaise affaire pour les Russes? L’une compensant l’autre…

    • Ah, il faudrait demander à l’homme de la rue qui doit dépenser deux fois plus pour faire ses courses et aux chefs d’entreprise auxquels les banques ne peuvent plus faire crédit faute de refinancement en roubles par la banque centrale russe. Le collatéral pétrole servait de base à l’émission de titres de dettes en roubles ou en devises fortes avant les sanctions. Le problème est que ce collatéral n’a plus la même valeur pour un ensemble de raisons qui tiennent autant à la conjoncture mondiale qu’aux attaques spéculatives contre la Russie qui va devoir se trouver dare-dare d’autres actifs négociables sur les marchés. Remarquez que du côté des fonds de soutien mis en place par les BRICS règne le plus grand silence, quant à des interventions destinées à soutenir le rouble. La Russie avait sauvé en 2008 par le FMI. Qui prendra la relève cette fois-ci? Il est question d’activer les swaps de devises entre le rouble et le yuan pour taper dans les liquidités chinoises. Alors un bail-out de a Russie par la Chine est-il envisageable et à quelles conditions? L’avenir proche devrait nous renseigner rapidement sur ce point car le nombre des options de sauvetage pour la Russie est restreint.

      On 11 December the state-owned oil company Rosneft raised RUB 625 billion (about USD 10 billion) in a bond issue (Reuters) and some of the bonds were later reportedly used as collateral by the banking sector to obtain fresh ruble liquidity from the Central Bank of Russia (Bershidsky). Thus, the Central Bank of Russia apparently increased the monetary base by issuing money covered by new domestic securities rather than gold or foreign exchange reserves and this in a country already flirting with double digit inflation. According to the IMF, inflation in Russia reached 6.8% in 2013 while the forecast for 2014 is 7.4% and the actual might be higher than that. The above is likely to have raised inflation expectations further while the speed and the lack of transparency of the transaction provoked a loss of confidence on the domestic financial market. Sharply increasing demand for foreign currency caused the ruble to plummet. – See more at: http://www.economonitor.com/thoughtsacrossatlantic/2014/12/18/what-could-explain-the-recent-collapse-of-the-ruble/?utm_source=feedburner&utm_medium=email&utm_campaign=Feed%3A+economonitor%2FOUen+%28EconoMonitor%29#sthash.TRON9LZ6.dpuf

      • zorba44 dit :

        Inflation 10% ou 100% par an ? …Ce n’est pas la même chose !
        Ne vous rangez pas, si vous le permettez, trop vite du côté des faucons.

        Jean LENOIR

      • astonished dit :

        @JAISSON : Je voulais dire pour le commerce extérieur russe… le taux de change rouble/dollar est très intéressant pour les ventes de pétrole qui se font en dollar. En fait la chute du rouble n’affecte pas du tout les recettes des producteurs de pétrole russes.

      • matbee dit :

        Il reste à la Russie l’arme fatale : vendre son pétrole en rouble en liant le rouble à l’or…

  7. After crude prices dropped 49 percent in six months, oil projects planned for next year are the undead — still standing upright, but with little hope of a productive future. These zombie projects proliferate in expensive Arctic oil, deepwater-drilling regions and tar sands from Canada to Venezuela.

    In a stunning analysis this week, Goldman Sachs found almost $1 trillion in investments in future oil projects at risk. They looked at 400 of the world’s largest new oil and gas fields — excluding U.S. shale — and found projects representing $930 billion of future investment that are no longer profitable with Brent crude at $70. In the U.S., the shale-oil party isn’t over yet, but zombies are beginning to crash it.

  8. Rubin dit :

    Y a t-il un false flag nucléaire contre la Russie en préparation ?
    Le directeur de l’institut des problèmes liés à la globalisation et conseiller d’état Mikhail Delyagin a révélé que l’Ukraine préparait une provocation à grande échelle à l’encontre de la Russie.

    http://lesmoutonsenrages.fr/2014/12/17/exclusif-y-a-t-il-un-false-flag-nucleaire-contre-la-russie-en-preparation/#more-74525

    Oui : « Tout se resserre.
    Oui, il y aura accusation mensongère pour faire la guerre à la Russie. Ils n’en sont pas à un mensonge près.
    Celui-là est sous « faux drapeau », comme c’est toujours le cas pour agresser un Pays.
    La guerre contre le rouble va se retourner contre le dollar parce que le temps du mensonge est passé.
    L’Europe tergiverse mais n’est pas acquise – par ses élites libres – au système US.
    Il n’y a pas une prise de conscience certaine qui entraîne la bonne réponse en temps voulu.
    Les graines sont semées. Les germes sortent de terre, les racines sont ancrées solidement.
    Les meilleurs des hommes sont prêts à se lever. Les consciences sont prêtes.
    Sous faux drapeau : oui, on peut le dire – puisque l’Ukraine accuse à tort la Russie constamment et est le fer
    de lance de la guerre contre la Russie – cela viendra de l’Ukraine aussitôt relayé par la prise de position USA-OTAN :
    une déclaration de guerre. Tout le monde s’y attend. Nous ne faisons que montrer la réalité.
    (Tu n’as pas à avertir, ils sont tous prévenus, tes écrits sont suivis.)
    Nous sommes dans les dernières heures de « paix » : l’affrontement en Europe.
    Pour Nous la guerre est engagée depuis longtemps, mais personne ne veut prononcer le nom.
    La fausseté a atteint tous les niveaux de communication, ce que Nous disons est Vérité devant tous. Nous n’inventons rien.
    On tait aux hommes : l’état de la Terre, l’état du monde, l’inévitable,
    et les hommes ignorants ne cherchent pas non plus à s’informer.
    Seuls les volontaires s’investissent. Ils sont peu nombreux, mais déterminés.
    La colère gronde partout. Elle va s’étendre encore. La guerre va faire des ravages et mettre un point final à la folie destructrice qui précipite le monde dans la spirale de la mort.
    En fin de compte : la guerre est le coup d’arrêt de l’hégémonie USA-Israël-Daech.
    Nous y reviendrons. Il faut cela pour que le monde survive à lui-même : moins de destructeurs, moins de pollueurs, moins d’humanité complice et incapable de participer au futur des hommes.
    Les problèmes terrestres et climatiques ne sont pas interrompus. Attendez-vous au pire.
    Les vidéos sont un outil précis, la clé … » Le 18.12.2014

    http://www.clefsdufutur-france-afrique.fr/news/la-guerre-%C3%A0-la-russie/

  9. No-one will chain the Bear | Putin’s grilled by journalists

  10. zorba44 dit :

    Prudence mes amis. On peut lire tout et son contraire dans vos posts (ce qui est ma foi enrichissant) mais pensez qu’il n’y a qu’une bonne réponse, une bonne spéculation …et, encore, pour une durée éphémère.
    Ce qui reste sûr est que l’instabilité recèle de grandes zones de dangers nouveaux ou connus.

    Faites confiance au maître de la Russie pour préparer ses coups, comme il vient de le faire dans les attaques contre le rouble. Pour le signataire le rouble, au vu des fondamentaux, est cent fois plus solide que le dollar.

    Jean LENOIR

    • Les banques russes viennent d’être recapitalisées par l’Etat russe sous forme d’émission obligataire d’un montant de un trillion de roubles, afin d’augmenter la garantie des dépôts.

      Госдума приняла в первом чтении и в целом закон законопроект правительства о докапитализации банков через Агентство по страхованию вкладов (АСВ) на 1 трлн руб. За принятие законопроекта в третьем чтении проголосовали 295 депутатов. Документ был внесен на рассмотрение нижней палаты накануне и в тот же день был одобрен думским комитетом по бюджету и налогам

  11. brunoarf dit :

    Connaissez-vous le çavapétisme ?

    Et vous-même, êtes-vous çavapétiste ?

    Vendredi 19 décembre 2014 :

    Le déclinisme débouche sur le « çavapétisme ».

    http://www.lesechos.fr/idees-debats/editos-analyses/0204026278458-le-declinisme-debouche-sur-le-cavapetisme-1076628.php

    • L’industrie pétrolière britannique est la seconde victime collatérale de la baisse du prix du pétrole, après les entreprises américaines spécialisées du fracking. Et là, le risque de contrepartie bancaire sur la place de la City est immense. Je suis aussi d’avis qu’il ne manque que l’allumette pour faire sautter le baril de l’économie mondiale ressemblant à un bateau ivre désemparé par la fureur des flots:

      So with great delight we present the latest blowback from Obama’s « brilliant » strategy to cripple Putin: in addition to the default wave about to crush America’s own shale industry, America’s biggest foreign ally and military partner when it comes to « ideologically pure missions of liberation » – the UK, and specifically its North Sea oil industry which according to the BBC is in a « crisis » and according to Robin Allan, chairman of the independent explorers’ association Brindex, the industry was « close to collapse ».

      http://www.zerohedge.com/news/2014-12-18/its-huge-crisis-uk-oil-industry-close-collapse-people-are-being-laid

    • zorba44 dit :

      Les Echos n’ont pas encore compris qu’il faut livrer l’information à tous en échange de quelques écrans de pub.
      Le signataire trouve des accents pétainistes au çavapétisme (lol)

      Noël approche, autant se détendre avec Putin et pudding…

      Jean LENOIR

    • Police used batons and sprayed handheld tear gas in clashes with several hundred protesters in the French city of Rennes on Thursday, ahead of the arrival of Prime Minister Manuel Valls. Four people were arrested.

  12. @astonished
    La baisse du rouble compense celle du pétrole libellé en dollar certes. Mais la dévaluation du rouble se traduit aussi par une explosion des prix des biens de consommation qui n’est pas compensée par une hausse des revenus. La revalorisation des salaires, qui était jusqu’ici automatique dans la fonction publique russe et pour les retraités, n’aura pas lieu cette année. Par ailleurs les pays associés à la Russie par des accords de libre-échange paie le prix fort de la dévaluation du rouble par rapport aux monnaies fortes, sous la forme d’une dépréciation de leurs exportations payées en roubles. C’est le cas notamment de la Biélorussie qui commence à sérieusement s’émouvoir de la chose et demande à ce que ses exportations vers la Russie soient libellées en dollars, afin de compenser le surcoût de l’énergie qui continue à être payée en dollars! Plutôt que de dévaluer à son tour sa monnaie, la Biélorussie essaie de réduire sa dépendance vis à vis de la Russie en trouvant d’autres acheteurs, notamment ukrainiens qui achètent en dollars.

    Référence: http://vz.ru/economy/2014/12/18/721065.html

    • Geraldine dit :

      Vous lisez le russe ? Pas moi… 🙂

      Sinon je comprends ce que veut dire astonished. Il ne nie pas que la vie soit plus chère pour les Russes et certains de leurs voisins, il fait juste remarquer que la dégringolade du prix du baril n’est pas si catastrophique que prétendu en Occident….

      • zorba44 dit :

        Il semble qu’on ait déjà écrit que la chute du prix du baril se trouvait couverte par des achats d’or …à bon compte. Alors où est le vrai, où est le faux ?

        Jean LENOIR

    • Trend dit :

      Les ukrainiens achètent en dollars empruntés aux européens , dollars qui ne seront jamais remboursés

  13. Depardieu: la force de la Russie n’est pas dans le rouble mais « spirituelle »

    • Déclaration faite lors d’un salon du luxe à Moscou, On retrouve là aussi certaines contradictions dérangeantes.

      • zorba44 dit :

        Baste, qu’est ce qui vous dérange donc …de voir l’image de la Tour Eiffel associé à un facteur de montres de luxe ?

        Jean LENOIR

    • zorba44 dit :

      Et la force des USA ne réside pas dans le dollar mais dans les actions de la CIA !
      Au point où on en est on peut faire le tour du monde, sorte de Monopoly des façades du monde ? Que pourrait-on donc proposer pour la France ?

      Jean LENOIR

  14. Inflation 10% ou 100% par an ? …Ce n’est pas la même chose !
    Ne vous rangez pas, si vous le permettez, trop vite du côté des faucons.

    Je ne fais que considérer ce qui est arrivé dans le passé pour en tirer des leçons pour le présent. Quand je constate que les partenaires eurasiatiques de la Russie continuent à payer leur énergie importée de Russie en dollars, je me dis qu’il y a un problème de cohérence dans la politique monétaire de Poutine. Par ailleurs la banque centrale russe a commencé à vendre de l’or pour soutenir le rouble, d’après SG Research. Il faut aller au’delà des analyses partiales d’un Sapir peu au courant des réalités en Russie.

    • Il faut surtout se méfier des analyses de la Société Générale au sujet de la Russie. Etant donné son degré d’exposition la SG est juge et partie dans cette affaire, elle a tout intérêt à laisser entendre que les choses vont s’arranger :

      http://www.zerohedge.com/news/2014-12-16/russia-contagion-spreads-european-banks-french-socgen-austrian-raiffeisen-plummet

      http://www.bloomberg.com/news/2014-12-16/raiffeisen-socgen-plummet-as-ruble-slide-triggers-bank-worries.html

      « Societe Generale is the bank that has the biggest absolute exposure to Russia, at 25 billion euros ($31 billion), according to Citigroup Inc. analysts led by Kinner Lakhani. That’s equivalent to 62 percent of the Paris-based bank’s tangible equity. »

      • Et l’exposition de la City à l’industrie pétrolière britannique? Pas un mot dans le FT. Seul Max Keiser en parle apparemment. La finance de marche tourne au grand n’importe quoi. Le spectacle des IPO sur le marché chinois qui ont réussi à assécher le marché interbancaire à cause des opérations de revente des titres par repo est assez éloquent de ce point de vue, en ce qui concerne le grand retour des valeurs confucéennes sur le continent eurasiatique. Quand je pense que des milliers de gus s’escriment à pondre des feuilles Excel pour calculer les risque d’exposition bancaires, c’est à se tordre de rire.

      • We discuss the arrival of the ‘shakedown times’ as our deposits and pension funds are now open to confiscation to Too Big To Fail banks in ‘resolution’… something that used to be known as ‘bankruptcy.’ In the second half Max interviews Karl Denninger about the likely oil price collapse impact on credit markets and the “Adequacy of Loss-Absorbing Capacity of Global Systemically Important Banks in Resolution”…say what? And, finally, the discuss the latest shenanigans from Jamie Dimon who lobbied to roll back certain Dodd Frank provisions regarding derivatives.

      • Trend dit :

        Comment peut-on prendre au sérieux les analyses des banques qui sont en perfusion depuis dix ans voir plus ( via une législation fiscale qui leur est favorable) via l’état , donc le contribuable.
        Prenons plutôt compte des analyses effectuées par des banques qui ont traversé la crise financière ( il y en a !!!) sans l’aide du contribuable du genre Bank of NewYork Mellon

      • zorba44 dit :

        Exact Cher Olivier, toujours rechercher où se trouve l’intérêt de la « communication » laquelle, loin de là, ne coïncide pas avec l’information.

        Cherchez la faille !

        Jean LENORI

  15. coockburn dit :

    une partie d échec c est perte et profit .
    usa + de 100% de dette sur pib russie 8%
    pour la reprise au USA je cite
    Winston CHURCHILL
    « Je ne crois aux statistiques que lorsque je les ai moi-même falsifiées. »
    pk chercher midi a 14H
    j invite tout le monde a consulter les sites publiant les bilans des entreprises en France ,c est gratuit et très instructif
    petite citation de Henry Ford pour résumer
    Ce n’est pas l’employeur qui paie les salaires, c’est le client »

    j attend le rendement assurance vie fond euros pour 2015 1,5 ,1,7
    ont va rigoler quant les pigeons vont commencer a décaisser
    laisser faire le tsunami arrive je finirais par une belle phrase de Warren Buffet

    c est quant la mer se retire que l on voie qui se baignait a poil

    • Trend dit :

      D’accord avec vous pour les citations mais vous savez dans un contexte différent, le Royaume-Uni avait une dette de 300 % après la seconde guerre mondilale et ce pendant plusieurs années.Les dettes ne sont pas un problème lorsque l’on sait les maitriser et les rembourser( pas seulement par renouvellement d’obligations à échéance mais par exemple comme les USA qui émettent des euro obligations et ensuite dévaluation et remboursement en empochant le bénef , c’est ainsi qu’ils ont financé la guerre du Vietnam)

      • coockburn dit :

        le Royaume-Uni avait une dette de 300 % après la seconde guerre mondiale
        yes mais elle disposant d une main d ‘œuvre bon marché
        les obligations ? il suffit de regarder les taux
        jamais vue ,mm pendant la seconde guerre mondial
        taux bas , dette énorme ,pas d’inflation ou peu ,des ménages endetté
        par quelle miracle pourrait t on relancer la consommation
        les énergie verte?,la révolution propres ?
        c est l antithèse de l économie de consommation le pire ennemie du dollars
        je n aborde mm pas la page produit dérivé

        taux directeur bas ,inflation basse =guerre
        taux directeur bas ,inflation basse ,obligataire bas,ménage endetté ,pays endetté =jamais vue de toutes l histoire de l humanité

  16. Trend dit :

    Parlons peu , parlons bien: un baril à US$ 30.00-35.00 avant le 1er trimestre 2015, acheter à ce moment une option call échéance MARCH 2016 prix d’exercice 95 (juste avt 100 !!! pour éviter la prise de bénef.). Il y a un volume anormal de call à cet échéance depuis peu.
    Source: Zerohedge?non; Barron’s ? non, Forbe ?,non ;simple observation personnelle.

    • zorba44 dit :

      Just for a thrill ! Vous le dites …mais vous-même le faites-vous ?

      Jean LENOIR

      • Trend dit :

        Bien sur car celà ne coute rien, le plus important est que le cours arrive dans la fourchette 30-35 $, c’est pas cuit ensuite pour remonter au cours du début de la crise en Ukraine celà avant mars 2016 celà se base non pas sur les cours ou analyses bidons, mais simplement sur le bon sens des deux parties USA -Russie , celà leur laisse 15 mois pour négocier, Poutine et Obama sont au contraire des européens des pragmatiques, ils ne vont pas s’endormir la-dessus.

  17. zorba44 dit :

    Bon Trend vous aimez les paris et la voltige. Good luck mais, sur ce coup, difficile de vous suivre car mettre Obama au niveau de Poutine, c’est faire beaucoup d’honneur au premier et c’est quelque peu insultant pour le deuxième !

    Jean LENOIR

  18. zorba44 dit :

    Super le Keiser report. Max Keiser avec sa verve habituelle brocarde la langue de diafoirus en appelant « bank resolution » le vol des créditeurs (déposants) bancaires, le vol des pensions (sauf celles des congressmen aux USA, bien sûr !)-, le cynisme US qui consiste à augmenter les amendes pour résoudre les problèmes budgétaires de la police (de Ferguson, par exemple)…
    Pas étonnant de trouver que les ventes de Thanksgiving contredisent « le sentiment d’euphorie » des consommateurs pêché dans la doctrine officielle on ne sait comment, bref hautement trafiqué.
    Et on nous annonce que la baisse du prix du brut est une catastrophe pour l’industrie du fracking, n’en déplaise à certaines appréciations et commentaires.

    Le système est à bout de souffle, la déflation au bout du pillage des liquidités des épargnants.
    Les ennuis sont clairement pour bientôt

    Les récifs surgissent de partout à quelques encablures… Les premières semaines et mois de 2015 recèlent tous les dangers possibles et imaginables.

    Il serait bon de trouver une version sous-titrée du Max Keiser Report, tant il est instructif, énoncé au surplus avec un humour tout britannique, le meilleur de ce que l’on fait dans l’humour britannique.

    Jean LENOIR

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