Poutine : « L’Occident se comporte comme un Empire qui accule tous ses vassaux »

Le président russe a tenu hier jeudi sa grande conférence de presse annuelle au centre des affaires internationales à Moscou. Abordant le conflit ukrainien, il a veillé comme toujours à ne pas insulter l’avenir. Il ne désigne pas les Etats-Unis mais l’ensemble de l’Occident, s’obstinant même à parler de « nos partenaires ». Ses propos sont pourtant dirigés en filigrane contre les Américains, accusés de vouloir rompre les liens entre l’Europe et la Russie en érigeant des « murs de division ». Une nouvelle fois, il renvoie la balle dans le camp adverse, tout en évitant soigneusement la surenchère et en gardant la main tendue : « Est-ce qu’on ne nous a pas dit qu’après la chute du Mur on arrêterait l’élargissement de l’OTAN à l’Est ? (…) Et le système de défense antimissiles près de nos frontières, est-ce que ce n’est pas un Mur ? (…) Il faut construire un espace commun de sécurité et de liberté économique ». OD

(RT France, 18 décembre 2014)

« Nous ne faisons que défendre nos intérêts » :

(RT France)

« Nos intérêts sur la scène internationale coïncident avec ceux de la Chine » :

  (RT France)

Rappels :

Vladimir Poutine ne perçoit plus les Etats-Unis comme des « partenaires » (G. Chiesa)

Le plan secret de Poutine pour détruire l’OTAN (ZeroHedge)

L’OTAN, un danger pour la paix mondiale (I. Wallerstein)

Les USA, pour tenter de ralentir leur déclin, entrainent le monde vers le chaos et la tyrannie (P. Leconte)

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A propos Olivier Demeulenaere

Olivier Demeulenaere, 52 ans Journaliste indépendant Macroéconomie Macrofinance Questions monétaires Matières premières
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24 commentaires pour Poutine : « L’Occident se comporte comme un Empire qui accule tous ses vassaux »

  1. Ping : Poutine : « L’Occident se comporte comme un Empire qui accule tous ses vassaux » - Ma banque a moi

  2. La sortie de l’euro, un débat aussi inépuisable que destiné à rester confiné aux pages des journaux et aux tribunes politiques? En Italie il s’est désormais déplacé -physiquement- aussi dans les rues. Le Mouvement 5 étoiles (M5S) de l’ex-comédien Beppe Grillo, qui lors des élections législatives de 2013 a recueilli près de 25% des voix, a lancé le 13 décembre à Gênes une pétition visant à obtenir l’organisation d’un référendum pour la sortie du pays de la monnaie unique européenne.

    « C’est un sondage entre ceux qui veulent s’en aller et ceux qui veulent rester avec la corde au cou », expliquait le leader du M5S.

    http://www.latribune.fr/actualites/economie/union-europeenne/20141219trib86a4bddc8/italie-la-sortie-de-l-euro-soumise-a-une-petition.html?utm_content=buffer03a91&utm_medium=social&utm_source=twitter.com&utm_campaign=buffer

    • zorba44 dit :

      Ça chahute en Italie ? Un des signaux précurseurs de tous les changements que la rue va voter, n’en doutons pas, lors des prochaines élections de 2015. De l’UKIP emmené par Nigel Farage à Beppe Grillo mais en passant par la Grèce, l’Espagne … le bal de la ruée dans les vestiaires nationaux n’est pas prêt de finir.

      Et cette fois échaudés par les réalités bien concrètes, on voit mal comment on pourrait envoyer une deuxième fois les électeurs aux urnes.

      Jean LENOIR

    • UKIP Nigel Farage – Team Juncker is for failures, Dec 2014

  3. Comment couvrir le risque sur l’industrie pétrolière?: en achetant une assurance sur le risque de crédit relatif aux titres émis par le sociétés pétrolières ou se prémunissant contre une baisse durable par l’achat d’un cours plancher, en priant pour que ce soit le bon, ce qui n’est pas toujours le cas. Et voilà comment resurgit une nouvelle catégorie de subprimes avec une assurance crédit qui n’est pas plus financée que celle du risque crédit résultant du financement de sociétés devenues soudainement non rentables depuis que certains ont décidé de mettre les « émergents » devant leurs responsabilités: où vous soutenez vos créanciers ou vous serez acculés à la faillite que la FED ne viendra pas éteindre, a contrario des incendies que les fauteurs de guerre ont provoqué à domicile, qui eux sont neutralisables grâce aux ressources infinies de la finance de marché.

    Tumbling oil prices have exposed a weakness in the insurance that some U.S. shale drillers bought to protect themselves against a crash.

    At least six companies, including Pioneer Natural Resources Co. (PXD) and Noble Energy Inc. (NBL), used a strategy known as a three-way collar that doesn’t guarantee a minimum price if crude falls below a certain level, according to company filings. While three-ways can be cheaper than other hedges, they can leave drillers exposed to steep declines.

    Financing costs are now rising as prices sink. The average borrowing cost for energy companies in the U.S. high-yield debt market has almost doubled to 10.43 percent from an all-time low of 5.68 percent in June, Bank of America Merrill Lynch data show.
    http://www.bloomberg.com/news/2014-12-19/oil-crash-exposes-shale-drillers-in-risky-three-way-bets.html?hootPostID=8602071170966cf5ca551b53c8ee2e7a

    • zorba44 dit :

      Ton assureur, déjà largement plombé par ses placements hasardeux et fort d’un portefeuille d’obligations pourries, devrait couvrir une nouvelle activité pourrie…

      Toute prime est bonne à prendre lorsqu’on sait qu’on ne paiera jamais !

      Jean LENOIR

  4. zorba44 dit :

    Quel calme ce Poutine. Il ne se laisse pas emporter par des questions pourtant biaisées et bien orientées. Sa manière de planter le débat au coeur des réalités est sans égale.

    Une belle leçon de stature politique et de niveau intellectuel pour les dirigeants occidentaux, lesquels trouvent leur maître chez un de leurs « vassaux ».

    Qui devant tant de sagesse ne voudrait pas dans son pays un Poutine comme Maître ?

    Jean LENOIR

    • Comme président plutôt que comme maître, c’est bien suffisant…

    • Oui quel calme. Mais il faut aussi reconnaître que Poutine a baissé pavillon, en ce qui concerne le statut d’autonomie des provinces rebelles en Ukraine. Ce sont des généraux russes qui ont négocié un armistice avec l’armée ukrainienne. Les rebelles n’avaient plus qu’à la fermer, se contentant des soupes populaires organisées par la Croix Rouge avec l’assistance logistique et financière apportée par les convois russes. Alors il s’agit d’une semi-défaite pour la Russie en Ukraine, dont les minorités pro-russes se sentent trahis par Poutine. Le Donbass est démoli et avec lui les chances de trouver une solution pacifique durable dans un pays déchiré par la guerre civile. Les Russes ukrainiens seront condamnés à l’exile en Russie, qu’ils le veuillent ou non, faute des moyens matériels de garantir leur survie économique dans une région qui a perdu son potentiel économique. La Sibérie leur est grande ouverte pour refaire leur vie au grand air, jusqu’à ce que les groupes américains consentent à s’installer dans un bassin industriel qui ne demande qu’à renaître de ses cendres. En ce sens la destruction des industries obsolètes qui avaient pour principal client le complexe militaro-industriel russe peut être une chance pour l’Ukraine. Poutine les a aidés à faire le ménage en soutenant à moitié les Rebelles. Voilà sans doute la raison de sa sérénité en ce qui concerne le conflit ukrainien.

    • Vous constaterez sur les cartes ci-dessous le recul constant des territoires contrôlés par les Rebelles depuis les accords de Minsk.

      http://www.bloomberg.com/infographics/2014-08-22/ukraine-russia-map.html

    • Le regard de Merkel à Poutine après une blague:

  5. Si les vassaux des Etats-Unis subissent une certaine pression monétaire, il en va de même de ceux de la Russie qui renâclent devant les pertes subies par leurs exportations vers la Russie dont la perte de valeur du rouble entraîne par exemple une perte colossale pour la Biélorussie de 20% de son PIB. Le processus d’intégration des pays eurasiatique s’en trouve menacé à cause d’une structure des coûts de production qui rend non compétitives les industries exportatrices des pays associés à la Russie. Le fait que Loukachenko ait demandé publiquement un retour de la monnaie d’échange des exportations bielorusses au dollar US ou à l’euro, sous peine de chercher d’autres partenaires utilisant des monnaies fortes, est perçu comme un camouflet par la Russie qui venait d’initier l’utilisation du rouble comme monnaie d’échange pour les livraisons d’hydrocarbures vers la Bielorussie depuis le mois d’octobre 2014. La Russie pense introduire une monnaie commune de manière à égaliser les coûts de change concernant les transactions internes à la zone eurasiatique, mais les producteurs bielorusses dans l’agroalimentaire commencent à s’inquiéter sérieusement d’une perte de compétitivité par rapport à leurs concurrents russes. Les mêmes inquiétudes avaient apparu au Kazakhstan dans le domaine des liqueurs et des spiritueux qui avait fermé d’autorité ses frontières aux exportateurs russes sous prétexte de défendre son industrie nationale.

  6. Savez-vous que l’endettement privé des entreprises russes en dollars est de 70% du PIB de la Russie, ce qui a provoqué des transferts massifs de change du rouble vers le dollar, lorsque les banques russes se sont montrées incapables de refinancer en devises les prêts accordées à leurs débiteurs russes?? Elle est là la véritable raison de la chute du rouble contre le dollar. L’économie privée russe s’est goinfrée de dollars US faute d’un capitalisme domestique capable de les financer en roubles. Les banques centrales occidentales, ECB et FED en tête, sont gravement fautives d’avoir alimenté la dette privée des pays émergents en passant par l’intermédiaire des banques d’affaire occidentales trop heureuses d’émettre des moyens de financement en dollars US à destination de ces entreprises.

    Maintenant que la tendance s’inverse avec le recul des liquidités US du fait de la politique moins complaisante de la FED qui se soucie de la raréfaction des investisseurs étrangers en bons du Trésor américains, le sol est en train de se dérober sous les pieds des entreprises des pays émergents confrontées à une raréfaction des moyens de financement en dollar US que ni la Chine, ni l’UE ne sont capables de compenser, si ce n’est à court terme du moins à moyen terme, tant il est vrai que les liquidités US représentent les deux tiers des liquidités en circulation à travers le monde. Les économies des pays émergents ont été tenues à bout de bras par la BCE et la FED depuis 2011, dont la politique libérale en matière de création monétaire a alimenté artificiellement en liquidités une croissance en trompe-l’oeil, par le financement de programmes d’investissement non rentables ou l’alimentation de la spéculation mobilière et immobilière. Maintenant que le tapis est en train d’être roulé, sous l’effet du reflux des liquidités vers les valeurs refuge des pays développés, c’est toute la pyramide de dettes privées des pays émergents qui s’écroule précipitant des vagues massives de rachat de d’obligations à haut rendement, dont font les frais les émergents confrontés à une inflation à deux chiffes et à un chômage galopant.

    • Vous avez tout à fait raison et c’est là le drame monétaire de l’époque : le dollar a tout écrasé sur son passage. Et pas seulement chez les émergents : nos propres banques et économies européennes ont été arrosées par les dollars de la Fed, on l’a montré à plusieurs reprises…

      • Ils nous refont le coup de la crise des émergents de 1997-98, en bien pire cette fois. Car il ne s’agit plus d’une dette souveraine mais d’une d’une dette privée indéfiniment recyclable via le transfert au marché des titres de dette collatéralisées pour servir de garantie à de nouvelles émissions. Idem pour la dette émise par les groupes pétroliers, dans le frackig, l’industrie solaire, le nucléaire, l’éolien etc dont les titres servent de sous-jacents à une masse de produits dérivés (via les TPP notamment, alias SPV revus et corrigés crise de 2008). on est donc face à un danger de crise systémique majeure provoquée par l’effondrement de la base de financement de pas moins de la MOITIE de l’économie mondiale, plus 20% du volume des produits dérivés émis par les banques occidentales qui vont partir dans le décor. Les banques vous expliqueront sans doute qu’elles ne sont pas exposées à ces titres-là. Sauf que…

    • When Josh Birnbaum was at Goldman Sachs in 2007, he made a huge bet against subprime mortgages.

      Now he’s betting against something else: high-yield bonds.

      From The Wall Street Journal:

      Joshua Birnbaum, the ex-Goldman Sachs Group Inc. trader who made bets against subprime mortgages during the financial crisis, now has more than $2 billion in wagers against high-yield bonds at his Tilden Park Capital Management LP hedge-fund firm, according to investor documents.

      Read more: http://uk.businessinsider.com/joshua-birnbaum-bet-against-high-yield-energy-2014-12?r=US#ixzz3MXGqD31Q

      • stan dit :

        somme toute son pari est logique; conforme aux diagnostics des médias alternatifs éclairés.. j’aurais de l’argent je ferais pareil

  7. Jenkins dit :

    Poutine n’est-il pas trop prudent ? Pour contrecarrer les ambitions totalitaires et la démence du bloc BAO il va falloir que la Russie (et la Chine) passe à la vitesse supérieure et développe des actions beaucoup plus énergiques…

    Ménager la chèvre et le chou c’est bien mais la déferlante chaotique initiée par l’OTAN ne laissera bientôt plus qu’un champ de ruines chez les partisans de la Résistance !

    • Surya dit :

      Finalement c’est là qu’on se rend compte du caractère ubuesque de la situation : un quasi dictateur (poutine) plus ou moins élu via des bourrages d’urne à la tête d’un pays gangrené par une mafia oligarchique apparaît finalement comme bien plus éclairé et sage que tous les guignols à la tête de nos démocraties si respectables en façade mais si odieuses dès que le rideau est redescendu sur la scène, au point que finalement un Poutine parait bien plus respectable que nos valeureux dirigeants.

      Dormez tranquille, tout va bien !

      • stan dit :

        « quasi dictateur » comme vous y allez…. renseignez-vous jeune homme au lieu de proférer de graves approximations!

  8. Vladimir Poutine Discours à l’Assemblée fédérale de Russie, le 4 décembre 2014

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