Krach boursier en Suisse après une décision monétaire historique

« Chute de la Bourse de Zurich, explosion du franc suisse… L’abandon surprise par la Banque nationale suisse du plancher de 1,20 franc suisse pour un euro a des conséquences sur les marchés financiers. Et pour les transfrontaliers.

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C’est un véritable coup de tonnerre qui est venu ce matin de Suisse. La Banque nationale suisse (BNS) a décidé de laisser sa monnaie s’envoler face à l’euro. Elle a aboli le cours plancher de 1,20 franc suisse face à l’euro, l’axe principal de sa politique monétaire depuis plus de trois ans. En septembre 2011, au plus fort de la crise des dettes souveraines en zone euro, la BNS avait en effet imposé un taux de change minimum à 1,20 franc suisse pour 1 euro afin de lutter contre la flambée de sa devise, traditionnelle valeur refuge.

Depuis, la Banque nationale suisse, à coup d’injections massives de liquidités, s’efforce de maintenir sa monnaie au dessus de 1,20 franc suisse pour un euro. Face à la flambée du dollar et à la politique de relance menée par la Banque centrale européenne (BCE), l’exercice a atteint ses limites et il était devenu de plus en plus difficile pour la BNS de maintenir cette politique monétaire ultra généreuse.

Le Figaro fait le point sur ce que provoque cette décision fracassante.

• Le franc suisse franchi pour la première fois le seuil de parité d’un euro

L’effet a été immédiat. Sur le marché des changes le franc suisse a fait un bond face à la devise européenne. La devise suisse a ainsi franchi pour la première fois ce matin le seuil de parité d’un euro pour un franc suisse (depuis l’introduction de la monnaie unique en 1999).

• La Bourse de Suisse plonge

La flambée de la monnaie suisse face à la devise européenne a eu une autre conséquence ce matin. La Bourse suisse a aussitôt plongé de près de plus de 10 %. Avant de creuser se pertes: en milieu de journée, l’indice suisse chutait de plus de 12%! La hausse de la monnaie helvétique est en effet une très mauvaise surprise pour les entreprises suisse et notamment pour celles qui exportent une bonne part de leur production et se trouvent pris en tenaille entre un chiffre d’affaires réalisé en devises étrangères et des coûts supportés en grande partie en francs suisse.

• Quelles conséquences pour l’économie suisse ?

UBS prévoit d’importants impacts négatifs pour l’économie suisse. Les experts de la banque chiffrent à 5 milliards de francs le recul des exportations. L’effet direct sur le produit intérieur brut (PIB) est estimé à -0,7%, selon une note du chef des investissements globaux d’UBS, Mark Haefele, publiée jeudi. L’indice des prix à la consommation en Suisse pourrait quant à lui fléchir de jusqu’à 0,9% en glissement mensuel.

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• Une menace pour les stations de sport d’hiver suisses

Autre victime prévisible: le tourisme. Le coût des séjours en Suisse pour la clientèle venue de zone euro risque va flamber. Une très mauvaise nouvelle pour les nombreuses stations de sport d’hiver des Alpes suisses, où la saison bat son plein.

• Tensions dans l’immobilier aux frontières de la suisse

Les grands gagnants sont les frontaliers. Ceux qui travaillent en Suisse et vivent en France et dont le pouvoir d’achat va être automatiquement boosté. L’immobilier des départements français voisins de la Suisse, qui subit déjà une importante pression de la part des acheteurs venus de Suisse, devrait en profiter.

Le Figaro.fr, le 15 janvier 2015

Rappels :

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Emprunts toxiques : Le Conseil Constitutionnel valide la loi qui fera payer les victimes

Grande victoire pour les socialistes, la loi qui amnistie les banques est définitivement passée

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A propos Olivier Demeulenaere

Olivier Demeulenaere, 52 ans Journaliste indépendant Macroéconomie Macrofinance Questions monétaires Matières premières
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18 commentaires pour Krach boursier en Suisse après une décision monétaire historique

  1. Rémi dit :

    Cet article a été publié par le Figaro à 12:55, suite au communiqué laconique de la BNS à 10:30. Ils sont très forts chez UBS pour estimer l’évolution du PIB consécutive à cette décision monétaire suffisamment tôt pour que cette estimation soit reprise par le journaliste. Ou bien UBS…

    • Trend dit :

      Ne revons pas, l’ EUR/CHF à chuté de 30 % ( 1.20 à 0.84 ) dans la minute qui a suivit cette décision.
      Quelque soit l’évolution du PIB , il y aura des dégâts, pas de suite mais il y en aura car je vois mal les industriels suisses baisser leur prix de leurs produits suite à ce cataclisme qui était prévisible.Jamais aucune banque centrale au monde à part celle des USA n’a jamais su imposer sa politique monétaire sur du long terme aux marchés financiers.
      L’exemple le plus connu d’échec est bien la politique monétaire du Japon.

      • zorba44 dit :

        Tout à fait exact. Cependant au vu de la chute de l’euro et de l’appréciation du franc suisse il est impensable qu’il n’y ait pas de conséquences et pour l’économie suisse dans le sens négatif et pour les transfrontaliers, qui bénéficient d’un effet d’aubaine évident.

        La vie est chère en Suisse, parce que c’est un pays où il fait bon vivre …pour ceux qui ont beaucoup d’argent.

        Pour des raisons différentes d’autres pays où il fait bon vivre …tels que la Nouvelle-Zélande, où le signataire a élu domicile il y a quatre ans, deviennent des pays chers.

        Jean LENOIR

      • Abroz60 dit :

        Abolition prévue et prévisible car intenable et situation pas si nouvelle que ça. Pertes abyssales pour la BNS de continuer ainsi surtout avant les échéances du 22 et 25 janvier en Europe. De 1974 à 1978 la BNS avait déjà couplé le CHF au DM. La Suisse a toujours été forte avec une monnaie forte et la confiance dans l’avenir est toujours là malgré quelques turbulences à venir. De toute les manières les touristes ne viennent pas skier en Suisse parce que la vie y est bon marché. Ces touristes seront toujours là. Une bonne recette pour rester positif regardez les nouvelles sur la TSR (Télévion Suisse Romande) ou SF1 pour les germanophones et évitez TF1, France 2..social, sensationnel morbide que du grix quoi. Si la Suisse ne veux plus de dette européenne, j’ai une petite idée sur quoi les chinois vont se rabattre, toi aussi Zorba?
        Effectivement mon cher Zorba il fait bon vivre à ZH. A+ at the manor NZ or CH. Je suis Suisse

  2. Nanker dit :

    Cela veut-il dire que les Suisses viennent de rompre les amarres qui tenaient le FS à l’Euro?

    Ca en dit long sur le respect et la confiance qu’inspire notre Titanic… pardon notre monnaie unique!

  3. Hardy dit :

    Debut du peg 6 septembre 2011 ….plus haut cours de l’or , fin du peg 15 janvier 2015 se pourrait il qu’il y ait une suite…..

  4. Nanker dit :

    « Je pense que celle-ci anticipe un QE de la BCE le 22 janvier… »

    Soit 3 jours avant que les Grecs ne votent… quelle coïncidence!
    Va-t-on leur lâcher quelques milliards virtuels pour qu’ils ne votent pas Syriza et continuent de suivre la clique Pasok/Néa Dimokratía?

  5. brennec dit :

    Un peu court (c’est le moins qu’on puisse dire) l’article du figaro qui ne se pose même pas la question du pourquoi.
    http://www.24hgold.com/francais/actualite-or-argent-franc-suisse-un-cygne-noir-.aspx?article=6262626676H11690&redirect=false&contributor=Charles+Sannat

    • Abroz60 dit :

      Effectivement. De plus je me fais du souci pour les transfrontaliers à moyen terme. Il risquent de faire les frais d’une petite contraction de l’économie suisse, car ici l’emploi n’est pas protégé comme en Allemagne ou à un degré moindre en France. La loi ne prévoit pas d’indemnité de départ (bon vouloir de l’employeur). Et le vote du 9 février 2014 contre l’immigation de masse est passé par là….
      Un chômeur transfrontalier est un chômeur italien, français ou allemand. Il y a environ 300000 transfrontaliers travaillant en Suisse.
      Aux nouvelles de la TSR ce midi des solutions sont déjà envisagées pour les transfrontaliers: baisse des salaires, salaires payés en euros. L’abolition du CHFEUR à 1.20 est une aubaine pour les Suisses qui sont restés cash ou qui avait des actions 100% suisses (business en Suisse uniquement comme Swisscom ). Il va faire bon aller skier en Autriche et faire ses commissions au pays de la bonne bouffe. Comme toujours on trouve des gagnants ou des perdants. par contre la BNS est souveraine (Conseil Fédéral choqué par cette décision) et le peuple aussi.

    • astrapi dit :

      Comme à son habitude Sannat nous la fait tout en nuances: « bombe », « folie », « violence »…. l’apocalypse est pour demain matin « il est déjà trop tard » mais préparez quand même vos piècettes et boites de conserve en sauce tout le reste c’est déja dépassé fini les zamis c’est le temps des zombies…

    • Abroz60 dit :

      Tu est vraiment trop fort Zorba.
      Si les suisses ne veulent plus de dettes EU, alors crois-tu que les chinois en veulent? les canaris et les colombes s’envolent….

  6. GG dit :

    La question du pourquoi elle est toute simple: les Suisses n’allaient pas engloutir des sommes faramineuses à défendre coute que coute la parité EUR/FS alors que l’EURO est en train de s’effondrer………!!!

    • C’est ce que je disais plus haut : la situation était devenue intenable… Les réserves en euros de la BNS sont actuellement 10 fois supérieures à ce qu’elles étaient il y a 4 ans.

      • zorba44 dit :

        Dans l’opération la BNS aurait acté une perte de 34 à 40 milliards de FS. Cependant c’est cette perte qui a permis à l’économie suisse de prospérer, sans doute pour un montant sensiblement identique. Les industriels et commerçants suisses peuvent donc lui dire merci !

        Ce n’est pas ce genre de cadeau que la BE ferait pour améliorer le tissu économique des pays membre de l’UE.

        Jean LENOIR

  7. Ping : En Suisse aussi, les clients vident leur compte en banque | News360x

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