Ph. Béchade : « Les banques centrales inventent 200 milliards de dollars par mois »

(BFM Business, 4 mars 2015)

« Aujourd’hui les banques centrales sont le driver. Ça a même été calculé : pour maintenir les marchés et leur éviter toute correction, il faut que les banques centrales investissent globalement sur la planète 200 milliards de dollars par mois (…) Un afflux de liquidités de 200 milliards de dollars qui sortent de nulle part, il faut le répéter… »

Rappel :

Philippe Béchade : « Il n’y a pas de croissance ni de hausse des profits. Tout n’est que mensonge ! »

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A propos Olivier Demeulenaere

Olivier Demeulenaere, 52 ans Journaliste indépendant Macroéconomie Macrofinance Questions monétaires Matières premières
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9 commentaires pour Ph. Béchade : « Les banques centrales inventent 200 milliards de dollars par mois »

  1. Joy Cardin dit :

    Invente ? Alors quelqu’un pourrait expliquer en détail cette somme si titanesque ?

  2. OOPS dit :

    Ce ne sont pas les marchés qui sont maintenus en lévitation, mais le système bancaire sous prétexte qu’il finance l’économie et surtout l’Etat. Sans banques pour acheter les titres de dettes souveraines, les ressources financières des Etats surendettés qui ont besoin de refinancer très régulièrement leurs dettes sont en état de cessation de paiement, tant du côté des investisseurs que des stipendiés qui se chiffrent par dizaine de millions.
    Comme pour la catastrophe de Fukushima les Etats en faillite, i.e incapables de rembourser leurs dettes par des ressources fiscales en chute libre, se retrouvent accrochés par les ongles au dessus du précipice. Sans l’aide fraternelle et prétendument indépendante de M. Draghi qui monétise à tout va la dette publique en rachetant directement aux banques des titres de dettes souveraines, c’est la catastrophe planétaire. Oui planétaire, car la situation est la même en Chine et aux Etats-Unis, sans mentionner le Japon et le Royaume-Uni. Les pays développés effectuent donc un come back à l’époque de l’URSS où la banque centrale émettait des moyens de paiement en fonction des besoins estimés de l’économie par le Gosplan.
    La contrepartie économique se situe dans une déflation des prix mais seulement des prix et non des dettes, comme cela devrait se produire, nonobstant le refinancement des portefeuilles des crédits bancaires qui empêchent l’élimination du surplus de produits de dettes au bilan des banques. Nous ne sommes donc pas vraiment en déflation mais plutôt en stagflation avec le maintien à flot des canards boiteux que sont les banques et les multiples acteurs économiques qui ne survivent qu’avec le crédit bancaire. J’ai cité l’économie administrée, dont font partie les conglomérats intégrés dans l’économie mondiale, comme l’automobile chroniquement déficitaire, le complexe agro-industriel subventionné par Bruxelles, les groupes énergétiques comme Areva ou Eon, enfin toutes les chasse-gardées oligarchiques de l’économie mondiale bénéficiant des largesses en monnaie banques centrales de la FED, BOJ, BOE, BCE, etc.La question est de savoir jusqu’où les banques centrales peuvent s’aventurer dans cet artifice subtile consistant à créer un semblant de reprise économique, type « dead cat bounce », par des « injections de liquidités », sans tuer les marchés financiers eux-mêmes et donc provoquer la disparition des banques d’investissement. Car c’est bien ce qui est en jeu ici, que de savoir comment des banques peuvent perdurer dans un contexte de manipulation massive de la courbe des taux posant un réel problème de liquidités des titres sur le second marché obligataire.
    Les rachats de titres par les banques centrales sont tellement massifs que les opérations de trading sur les obligations, type yield curve riding, deviennent quasi impossibles. Les banques en sont même arrivées au point de créer artificiellement de la demande pour faire lever les taux par l’émission massive de swaps de taux permettant d’échanger de la dette court terme contre de la dette long terme.
    Donc le marché devient purement artificiel coincé qu’il est dans les transactions entre banques d’investissement qui plus est menacé d’être poursuivies pour délits d’entente, comme cela est arrivé dans l’affaire du Libor ou les banques anglaises ont été lourdement condamnées pour avoir manipulé les taux de financement de leurs prêts hypothécaires justement par des opérations de gré à gré sur des swaps de taux. Face à ce manque de liquidité des obligations, c’est le business de la banque d’investissement qui se trouve compromis, laissant les banques centrales se débrouiller seules pour financer les Etats directement en achetant les titres aux « primary dealers ». La chose est semble-t-il interdite par les traités européens qui voulaient justement protéger le libre marché contre les empiétements des banques centrales, notamment le marché obligataire en euros à l’échelle de l’Europe. Mais la Buba laisse passer, quitte à violer tous ses dogmes, de peur de se retrouver avec les dizaines de milliards de créances irrécouvrables laissés par les partenaires commerciaux de l’Allemagne dans l’Eurosystem Target, qui ne seront plus compensables par la BCE
    Sans un arrêt immédiat de création de fausse monnaie par la BCE, la strangulation des pays du Sud de l’Europe va perdurer jusqu’à la désintégration sociale de ces pays gangrenés par le chômage de masse, la paupérisation et, cerise sur le gâteau, l’arrivée massive de réfugiés d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient. Il en va donc de la survie de populations entières prises au piège de la dette publique et de l’anémie économique que le carcan réglementaire européen empêche de reculer. Ceci dit les manipulations des banquiers centraux ne font que précipiter l’échéance inéluctable de la faillite économique dégénérant en chaos social qui est inéluctable pour des raisons arithmétiques élémentaire relative au bilan des ménages qui eux ne bénéficient pas de l’accès au passif de la BCE.

    • tony dit :

      « Ce ne sont pas les marchés qui sont maintenus en lévitation, mais le système bancaire »

      Ho là…les marchés c’est les banques !

  3. En référence à mon commentaire, deux articles révélateurs de la presse britannique. L’unn traite des coupes sombres effectuées par deux des fleurons de la banque d’investissement britanniques dans leurs effectifs du fait de la disparition de la liquidité sur le marché obligataire. L’autre traité d’une nouvelle affaire impliquant la BOE dans une affaire de fraude dans l’adjudication des titres obligataires aux « primary dealers » (les banques qui placent la dette publique sur les marchés).

    Britain’s retreat from investment banking is set to accelerate as Royal Bank of Scotland aims to slash as many as 14,000 jobs in the sector and Barclays’ chief executive says he has limited patience with the business.
    The moves underline how two of the UK’s once mighty global investment banks are facing questions about their future, leaving the country reliant on foreign groups to provide access to capital markets.
    “There will come a time when we need liquidity in this country and we won’t have a British broker-dealer so we will have to rely on JPMorgan and that is a problem,” said Chirantan Barua, banking analyst at Bernstein.
    http://www.ft.com/cms/s/0/6f8d075e-c178-11e4-8b74-00144feab7de.html#ixzz3TWkGhZVD

    The Bank of England is embroiled in an unprecedented criminal investigation over the potential rigging of its money-market auctions launched at the onset of the financial crisis.
    Investigators at the UK’s Serious Fraud Office are probing the results of an independent inquiry that have been referred to it. The SFO confirmed the investigation after it was reported by the Financial Times.

    http://www.ft.com/cms/s/0/9b0fe180-c26d-11e4-bd9f-00144feab7de.html#ixzz3TWjPk2j0

  4. zorba44 dit :

    Un jour, un jour, peut-être proche, vous allez voir un banquier avoir une intuition (si, si !) et se mettre à acheter tout simplement de l’or.
    Cela voudra dire que le temps du sport acrobatique est venu pour la finance impalpable.

    Jean LENOIR

  5. Abroz60 dit :

    Déjà fait……du côté de l’Alsace si tu vois ce que je veux dire mon cher Zorba

    • zorba44 dit :

      C’est le banquier qui a une intuition et se met à acheter de l’or …A la relecture il pouvait y avoir confusion. Peut-être que cela modifie ta réponse !

      Jean LENOIR

  6. Ping : Olivier Delamarche : « Le cycle américain est sur la fin… une hausse des taux est impossible » | Nouvelle Ère

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