L’économie américaine est morte

economie usa morteN’oublions pas que les chiffres de la croissance ou de l’emploi américains qu’on nous montre en exemple sont en trompe-l’oeil, ceux de la croissance sont d’ailleurs presque toujours révisés à la baisse par la suite. Et si les « reprises » US peuvent s’expliquer par la baisse du prix de l’essence, n’oublions pas non plus les manipulations monétaires (taux zéro, quantitative easing) et la fuite en avant dans l’endettement. OD

« Pour le dernier quart de siècle, le « stimulus » le plus efficace pour l’économie américaine a été une baisse des prix de l’essence. C’est sans grande surprise, étant donné que les Etats-Unis ont été la nation la plus énergivore de la planète – et selon la plus large marge. Mais les temps ont changé ! […]

En effet, l’effondrement dans le secteur de la vente au détail des Etats-Unis s’est accéléré tout au long de cette chute des prix du pétrole/ essence. Ceci ne devrait pas être possible. La relance économique de la baisse des prix (dans n’importe quel secteur) est censée être automatique. Qu’est-ce que cela veut dire quand une économie non seulement ne parvient pas à répondre à un stimulus « automatique », mais continue à se décomposer rapidement ? Cela signifie que nous avons affaire à une économie défunte. C’est une « surprise » pour les charlatans participatifs qui ont l’audace de s’appeler des économistes, mais cela n’aurait pas dû. Non. […]

Comme nous le voyons, le « battement de cœur » des Etats-Unis (c’est à dire la circulation de l’argent) s’est presque arrêté, après avoir encore baissé. Qu’est-ce que cela veut dire quand l’argent s’arrête de bouger, dans une « économie capitaliste » ? Qu’est-ce que cela signifie quand l’argent (c’est à dire le sang) cesse de se déplacer dans le cœur du plus grand empire capitaliste jamais vu dans le monde ? Paix à son âme… […]

Mais il y a encore plus, la preuve aussi écrasante que cette économie de consommation énergivore est morte, et il s’agit des chiffres de consommation d’essence, eux-mêmes. La consommation US d’essence « officielle » s’est contractée de près de 75% depuis son sommet absolu en juillet 1998. Plus pertinemment, les chiffres de consommation de l’essence ont chuté d’environ 66% depuis le début de la « valorisation » (imaginaire) des Etats-Unis. […] En fin de compte tout mensonge qu’on utilise pour tenter de camoufler un cadavre est rapidement perçu comme ridicule et/ou pervers, pour une simple raison. Les cadavres ont tendance à sentir très mauvais. Bientôt la puanteur émanant de l’économie zombie US sera si forte qu’elle sera perceptible, même pour les sens endormis de sa population zombie. »

Sprott Money, le 13 février 2015 via Les-Crises.fr

Lire aussi :

The Big Lie : 5,6% Unemployment (Jim Clifton, CEO Gallup)

Rappels :

David Stockman : « L’économie mondiale est sur le point de disjoncter »

Plus de la moitié de la population mondiale vit sous l’emprise de politiques monétaires « accommodantes »

Peter Schiff : « Une économie qui vit par le QE meurt par le QE »

A propos Olivier Demeulenaere

Olivier Demeulenaere, 51 ans Journaliste indépendant Macroéconomie Macrofinance Questions monétaires Matières premières
Cet article, publié dans Actualités, Economie, est tagué , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

9 commentaires pour L’économie américaine est morte

  1. Bonnal dit :

    Le système de paiements international de la Chine est prêt…. et pourrait être lancé à la fin de l’année

    http://www.reuters.com/article/2015/03/09/us-china-yuan-payments-idUSKBN0M50BV20150309

  2. La non circulation de la monnaie est dû au faut que toute la création monétaire est accaparée par le top 10, 1 et 0,1 %.
    Les 80% ne récoltant que des miettes de cette création.
    Les USA sont désormais dans une impasse.
    Soit ils font en sorte de redistribuer plus justement la création monétaire et alors les immenses sommes injectées dans les années précédentes en se retrouvant dans l’économie provoqueront en série des conséquences mortelle pour l’économie US : hausse des salaires, inflation, déficits, baisse de la monnaie ou remonté des taux suivi d’un défaut sur la dette inévitable.
    Soit ils continuent comme actuellement et la classe moyenne écrasée sous les dettes sera dans l’impossibilité de supporter le moindre ralentissement de l’économie US ce qui provoquera une crise style 29 en pire.
    Les inégalités couplées à un train de vie insoutenable voilà la véritable faiblesse de l’économie US.
    Il n’y a plus de solution soit une mort lente ou les dettes asphyxient peu à peu 80% de la population soit une mort rapide par hyperinflation.
    L’économie US est en sursis reste le catalyseur qui la condamnera définitivement.

  3. Garfy dit :

    reprise – je ne sors pas de St Cyr et je me pose des questions terre à terre – quelle reprise ?
    Je me souviens avoir acheté des produits chez Lands’end il y a vingt ans et c’était « made in usa » – maintenant c’est made in ailleurs –
    dito ici, plus de filatures et le lin part en chine – et un peu en Italie , reste 15 % de la production pour nous – c’est peu – alors quelle reprise ?

  4. « I can’t come back. I don’t kow how it works! »

  5. Ping : alleluya | raimanet

  6. brunoarf dit :

    Dette publique des Etats-Unis :
    18 148,311 milliards de dollars, soit 103,21 % du PIB.

    Lundi 9 mars 2015 :

    Le débat sur le plafond de la dette est de retour
    L’administration Obama a appelé le Congrès à relever la limite légale. Risque de crise limité à court terme.

    L’administration Obama a appelé vendredi le Congrès à relever «aussi vite que possible» le plafond de la dette américaine qui pourrait de nouveau menacer le pays d’un défaut de paiement après le 15 mars.

    Au terme d’un précédent bras de fer politique, démocrates et républicains avaient accepté en février 2014 de suspendre provisoirement l’obligation pour les Etats-Unis de maintenir leur dette publique sous un montant fixé par la loi. Ce compromis expire toutefois au 16 mars, date à laquelle ce plafond sera réactivé. Le niveau de dette publique actuel (environ 18.100 milliards de dollars) deviendra alors mécaniquement le nouveau plafond légal qui s’imposera à l’exécutif américain.

    Pour continuer à emprunter après cette date, l’administration Obama devra convaincre le Congrès, aux mains de l’opposition républicaine, de relever ce plafond ou recourir à des «mesures exceptionnelles» pour continuer à honorer ses engagements financiers. «Seul le Congrès est en mesure d’augmenter la capacité d’endettement du pays et j’espère que le Congrès réglera cette question sans controverse et en évitant les stratégies jusqu’au-boutistes», a affirmé vendredi le secrétaire américain au Trésor Jacob Lew dans une lettre aux dirigeants du Congrès. «En conséquence, je demande respectueusement au Congrès de relever le plafond de la dette aussi vite que possible», a-t-il ajouté. Un défaut de paiement ne menace toutefois pas immédiatement les Etats-Unis.

    http://www.agefi.com/une/detail/archive/2015/march/artikel/etats-unis-ladministration-obama-a-appele-le-congres-a-relever-la-limite-legale-risque-de-crise-limite-a-court-terme-393647.html

  7. the fools dit :

    Les USA s’écraseront-ils un jour contre le « plafond de verre » de leur Dette qui tend vers l’Infini ?
    That’s the question.

  8. Ping : Olivier Delamarche : « Le cycle américain est sur la fin… une hausse des taux est impossible » | Nouvelle Ère

Ecrire un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s