Les Grecs n’ont pas à payer une dette qui n’est pas la leur (P. Saurin)

Comme Jacques Sapir le répète inlassablement dans les médias, la Grèce a déjà fait des efforts considérables puisqu’elle se trouve aujourd’hui en situation d’excédent primaire (c’est-à-dire hors service de la dette). Voilà pourquoi Alexis Tsipras refuse les nouvelles exigences des créanciers et réclame un accord global sur la dette, ce que l’Eurogroupe – autrement dit l’Allemagne – refuse de façon scandaleuse… Car cette dette est à la fois totalement insoutenable et illégale, illégitime et odieuse, l’article ci-dessous le rappelle clairement. La responsabilité des prêteurs/prédateurs est indiscutable. OD

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« De grandes institutions qui violent les règles élémentaires de droit, bafouent leurs propres statuts, tolèrent des malversations et des fraudes, de grands responsables politiques et financiers pris en flagrant délit d’infraction et de malversation, et pour finir un peuple grec floué, humilié et spolié, telle est la triste réalité que révèle en pleine lumière le Rapport préliminaire de la Commission pour la Vérité sur la Dette grecque [1].

Contrairement à ce que répète à l’envi la cohorte d’experts et de journalistes invités à demeure des plateaux de télévision, des radios et de la presse écrite, la crise grecque ne trouve pas son origine dans un peuple essentialisé comme fainéant, fraudeur et vivant  à bon compte sur le dos de l’Europe et de ses habitants. C’est une toute autre histoire que met en évidence la Commission à l’issue de ses premières investigations.

Aléa (moral) jacta est

En effet, la crise de la dette publique grecque est en réalité une crise générée par quelques grandes banques, en particulier françaises et allemandes, qui après avoir privatisé des profits conséquents, ont socialisé une bonne partie de leurs pertes, non moins conséquentes, par une manipulation digne des praticiens du jeu de bonneteau. Dans cette escroquerie à grande échelle, le rôle du bonneteur ou manipulateur est tenu par les banques, celui des complices ou « barons » par la Troïka (le Fonds monétaire international, la Banque Centrale Européenne et la Commission européenne), celui des seconds couteaux par les gouvernements des États européens, et enfin celui de la victime par le peuple grec. Le préjudice subi s’élève à 320 milliards d’euros, le montant de la dette grecque.

L’histoire commence au début des années 2000, à un moment où les grandes banques occidentales décident de déverser massivement sur le marché grec, qu’elles estiment plus rémunérateur pour elles que leur marché national, une part importante des énormes liquidités dont elles disposent. Prises d’une frénésie irrépressible, elles prêtent aux entreprises, aux particuliers, à l’État grec et procèdent à l’acquisition de filiales sur place pour opérer plus facilement, à l’exemple du Crédit Agricole avec Emporiki et de la Société Générale avec Geniki. Inondées de liquidités, les banques grecques, privatisées depuis 1998, se lancent à leur tour dans l’octroi d’une quantité d’emprunts sans prendre la peine de procéder à l’analyse du risque qui est pourtant la base du métier de banquier. Ainsi, entre 2000 et 2009, les crédits explosent, les prêts aux ménages et les crédits immobiliers sont multipliés par 6, les financements aux entreprises doublent. Tout n’est que profit, calme et volupté dans le petit monde de la finance jusqu’à ce qu’éclate la crise de 2008-2009.  Née aux États-Unis avec la crise des subprimes qui a vu la spoliation de millions de ménages modestes, la crise devient internationale et gagne l’Europe et la Grèce. En Grèce, de nombreux ménages se retrouvent brutalement dans l’incapacité de payer leurs échéances et les banques sont aux abois. C’est alors qu’interviennent les gigantesques plans de soutien aux banques mis en place par la Banque Fédérale aux États-Unis (29 000 milliards de dollars) et par la Banque Centrale Européenne (5 000 milliards d’euros) car, fidèles pratiquants du commandement de l’aléa moral, les banquiers se sont empressés de faire supporter leurs pertes par les États, c’est-à-dire par les contribuables.

La Troïka ou l’éloge du crime en bande organisée

En 2009, en Grèce, la falsification des chiffres du déficit et du niveau de la dette publique donne le prétexte qui manquait pour justifier l’intervention du FMI au côté de ses deux complices, la Banque centrale européenne et la Commission européenne. Sous couvert de « plans de sauvetage » de la Grèce, cette Troïka va imposer au pays deux memoranda. Ces derniers prévoient des financements importants, respectivement de 110 et 130 milliards d’euros, mais qui, pour l’essentiel ne vont bénéficier qu’aux banques grecques et étrangères qui recevront plus de 80 % des sommes débloquées. Mais surtout, ces plans d’ajustement sont accompagnés de drastiques mesures d’austérité : licenciements massifs dans la fonction publiques, coupes dans les services publics, diminutions des salaires et des pensions, bradage du patrimoine du pays. Les effets de ces politiques vont être catastrophiques : en quelques années, le pays perd 25 % de son PIB, voit son taux de chômage tripler pour atteindre 27 % (60 % chez les jeunes et 72 % chez les jeunes femmes), et en lieu et place d’une diminution de la dette publique, on voit celle-ci augmenter jusqu’à 320 milliards d’euros pour représenter 177 % du PIB en juin 2015. Dans ces plans d’austérité imposés à la Grèce, le plus inadmissible est la crise humanitaire qu’ils ont suscitée en frappant indifféremment enfants, personnes âgées, migrants, malades, femmes isolées sans emploi, c’est-à-dire les plus fragiles de la société. Gabriel Sterne, un économiste d’Oxford Economics (une société de conseil spécialisée dans l’analyse économique et la prospective), reprenant une étude d’économistes du FMI portant sur 147 crises bancaires sur la période 1970-2011 [2], constate que la crise grecque fait partie des 5 % des crises les plus graves. La chute de 42 % du PIB de la Grèce entre 2008 et 2015 est un phénomène qui n’a été observé que dans des pays confrontés à des guerres, à des effondrements du cours des matières premières et en Argentine dans les années 1980 et 1995 [3].

2012 : Une restructuration de la dette au profit de la Grèce ? Non, une gigantesque opération de transfert des risques des banques privées vers le secteur public

L’événement le plus important dans la crise grecque ces dernières années, c’est le changement radical quant aux détenteurs de la dette publique. Alors qu’à la fin des années 2000 cette dette était à 80 % entre les mains des investisseurs financiers privés, aujourd’hui, c’est le secteur public qui la détient dans les mêmes proportions. Les économistes Benjamin Coriat et Christopher Lantenois ont attiré l’attention sur cette inversion de la dette grecque au niveau de sa structure à l’issue de la restructuration de 2012 dont l’objet essentiel était d’opérer « un transfert massif de risque du privé au public » [4]. Leurs collègues Zettelmeyer, Trebesch et Gulati soulignent également ce phénomène inhabituel : « Nous n’avons pas connaissance dans toute l’histoire des dettes souveraines d’un autre cas de « migration de crédit » du secteur privé vers le secteur public aussi énorme. » [5]

Cette « migration de crédit » obéissait au souci de sauver les banques, et non la Grèce et sa population. En juin 2013, ATTAC Autriche a publié une étude très détaillée pour identifier les véritables bénéficiaires du soi-disant « sauvetage » de la Grèce intervenu entre mai 2010 et juin 2012. Sur un total de 206,9 milliards d’euros, il est ressorti que 77 % avaient été affectés au secteur financier. L’étude précise que « ces 77 % constituent… un minimum d’un montant qui a pu être sous-estimé. »[6] Même Jean Arthuis, président de la commission des budgets au Parlement européen, le reconnaît dans un entretien donné le 11 mai 2015 au journal Libération : « on a, en fait, transféré le mistigri des banques aux États » [7].

La dette grecque est totalement insoutenable et en grande partie illégale, illégitime et odieuse

L’enquête minutieuse de la Commission a relevé de multiples irrégularités dans la mise en place des financements. Là encore, la liste est longue. Ainsi, le FMI dont l’article 1 des statuts indique qu’il a pour but de « contribuer… à l’instauration et au maintien de niveaux élevés d’emploi et de revenu », participe à la mise en place de memoranda qui prévoient de massives suppressions d’emplois et de drastiques diminutions de salaires et pensions. De même, la BCE a outrepassé son mandat en imposant, dans le cadre de sa participation à la Troïka, l’application de programmes d’ajustement macroéconomique (à savoir l’ignominieuse réforme du marché du travail). De son côté, le FESF a violé l’article 122.2 du Traité sur le fonctionnement de l’Union européenne (TFUE) qui autorise le financement d’un État membre « lorsqu’un État membre connaît des difficultés ou une menace sérieuse de graves difficultés, en raison de catastrophes naturelles ou d’événements exceptionnels échappant à son contrôle ». Or la Grèce ne rentrait pas dans ce cadre car, à l’instar d’autres pays de l’Union européenne, elle avait vu sa situation se détériorer suite à la mise en œuvre des conditionnalités fixées dans les protocoles d’accord, sachant par ailleurs que la mise en place du prétendu « programme d’aide » (le Memorandum of Undestanding) s’est faite en violation de la procédure de ratification telle que prévue dans la Constitution grecque. On peut également considérer que les prêts bilatéraux consentis par les États présentent de nombreuses irrégularités ou clauses abusives, notamment lorsque l’accord de facilité de prêt prévoit que les dispositions de l’accord doivent être mises en œuvre même si elles sont illégales. Enfin, les dettes des créanciers privés peuvent être également considérées comme illégales car elles révèlent une attitude irresponsable des banques privées avant l’arrivée de la Troïka et une mauvaise foi de certains créanciers privés qui ont spéculé sur la dette grecque en utilisant les Credit default swaps (CDS).

De nombreux droits humains (droit à la santé, au logement, à l’éducation, à la Sécurité sociale, droit du travail etc.) sont foulés aux pieds au prétexte qu’il faut d’abord payer la dette, alors que les traités internationaux, la Constitution grecque et la réglementation de l’Union européenne et celle de ses États membres prévoient précisément le contraire.

je suis grec

Par ailleurs nombre de contrats de prêts ont été entachés de lourdes irrégularités. La violation de la procédure de ratification telle que prévue dans la Constitution grecque rend tout simplement inconstitutionnels les conventions de prêt et les protocoles d’accord. Les deux clauses de délégation au Ministre des finances ne sont pas constitutionnelles. D’autres clauses abusives imposées par les créanciers violent la souveraineté de l’État grec, comme celle par laquelle ce dernier en tant qu’emprunteur « renonce… de façon irrévocable et inconditionnelle, à toute immunité à laquelle il a ou pourrait avoir droit, eu égard à lui-même ou à ses biens, par rapport à toute procédure juridique en rapport avec cette convention… »[8] Plus grave encore, certains contrats ont donné lieu à de grossières malversations, comme par exemple des versements de fonds réalisés sans facture pour des contrats d’armement, ainsi que nous l’a appris le nouveau ministre grec de la défense à l’occasion d’une rencontre à son ministère.

En résumé, on peut conclure que la dette publique grecque est illégale car elle a été consentie en violation de procédures légales, des droits nationaux, du droit de l’Union européenne et du droit international. Cette dette est également illégitime en ce sens qu’elle n’a pas servi l’intérêt général, elle n’a pas bénéficié à l’ensemble de la population mais à une petite minorité d’intérêts particuliers. Cette dette présente un caractère odieux car, lors de sa mise en place, les créanciers savaient qu’ils violaient des principes démocratiques avec pour conséquence le non-respect de droits humains fondamentaux. Enfin cette dette est en totalité insoutenable en ce sens qu’elle empêche l’État grec de respecter ses obligations en matière de droits humains fondamentaux.

Que peut faire l’État grec aujourd’hui ?

Le rapport préliminaire établi par la Commission fournit aux autorités grecques de nombreuses pistes de droit pour la suspension et la répudiation de la dette souveraine grecque.

L’article 26 de la Convention de Vienne sur le droit des traités dispose que les traités qui lient les parties doivent être exécutés de bonne foi. La mauvaise foi et la contrainte (observée notamment lors de la renégociation de la dette) sont des motifs de nullité. En droit international, un État lésé peut ne pas exécuter une obligation internationale vis-à-vis d’un autre État si ce dernier s’est rendu responsable d’un acte internationalement illicite. La Constitution grecque a été violée, en particulier en ce qui concerne l’obligation d’obtenir l’accord du Parlement pour les accords internationaux. Enfin, les droits humains, consacrés à l’article 103 de la Charte des Nations Unies, priment sur les autres obligations contractuelles.

En plus de ces fondements de droit, l’État grec peut décider une suspension unilatérale de sa dette en se fondant sur l’état de nécessité. Toutes les conditions pour la mise en place d’une telle décision sont remplies dans la mesure où les autorités grecques doivent protéger un intérêt essentiel de l’État contre un péril grave et imminent et qu’elles ne disposent pas d’autre moyen à leur disposition pour protéger l’intérêt essentiel en question. Enfin, lorsqu’un État est confronté à une dette insoutenable, il peut unilatéralement décider de faire défaut car l’insolvabilité souveraine a sa place dans le droit international.

Face à des institutions aveuglées par une haine de classe et à des créanciers corrompus et dépourvus de tout scrupule, les autorités grecques auraient bien tort de se priver de ces moyens de droit même si leur mise en œuvre ne peut répondre qu’à une partie des problèmes auxquels est confrontée leur pays depuis des mois. La décision prise à l’unanimité par le conseil des ministres grec de consulter la population sur la dernière proposition des institutions européennes pourrait bien être la première étape d’un processus qui mène à l’annulation de la dette grecque ou tout au moins à une partie significative de celle-ci. Aujourd‘hui, à quelques jours du référendum, le soutien international au peuple grec doit s’intensifier pour l’appuyer dans son refus du projet de la Troïka qui doit être remplacé par un programme alternatif, démocratique et au service de l’ensemble de la population ».

Le blog de Patrick Saurin, le 27 juin 2015

Lire aussi :

Grèce : Enfin des bonnes nouvelles ! par Charles Gave

Et en plus ils ont de l’humour les Grecs

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[1] Ce rapport a été réalisé par la Commission pour la Vérité sur la dette publique grecque créée le 4 avril 2015 Par Zoé Konstantopoulou, la Présidente du Parlement hellénique. Composée d’une trentaine de membres (pour moitié grecs et pour l’autre moitié de personnes représentant une dizaine de nationalités), la Commission a travaillé durant 2 mois et demi pour produire un rapport préliminaire présenté le 17 et 18 juin dernier aux autorités du pays réunies au Parlement. On peut consulter la synthèse en français de ce rapport avec le lien : http://cadtm.org/Synthese-du-rapport-de-la et le texte complet en anglais avec cet autre lien : http://cadtm.org/Preliminary-Report-of-the-Truth.

[2] Luc Laeven & Fabián Valencia, « Systemic Banking Crises Database: an Update”, IMF Working Paper, 12/163, http://www.imf.org/external/pubs/ft/wp/2012/wp12163.pdf

[3] Gabriel Sterne, cité par Matthew C. Klein, « Greece: It can’t get *that* much worse, can it ?”, canhttp://ftalphaville.ft.com/2015/06/18/2132201/greece-it-cant-get-that-much-worse-can-it/?

[4] Benjamin Coriat, Christopher Lantenois, « De l’Imbroglio au Chaos : la crise grecque, l’Union européenne, la finance… et nous », avril 2013, p. 22,
http://www.atterres.org/sites/default/files/Note%20De%20l’Imbroglio%20au%20Chaos,%20avril%202013_0.pdf

[5] Jeromin Zettelmeyer, Christoph Trebesch, and Mitu Gulati, “The Greek Debt Restructuring: An Autopsy”,  Working Paper Series, August 2013, pp. 34-35, http://www.iie.com/publications/wp/wp13-8.pdfpp 34-35.

[6] Attac, “Greek Bail-Out: 77% went into the Financial Sector“, June 17, 2013,
http://www.attac.at/news/detailansicht/datum/2013/06/17/greek-bail-out-77-went-into-the-financial-sector.html

[7] Libération, lundi 11 mai 2015, p. 11.

[8] Convention de prêt, article 14, paragraphe 5 ; Convention cadre FESF, article 15, paragraphe 2 ; MFAFA, article 15, paragraphe 4.

A propos Olivier Demeulenaere

Olivier Demeulenaere, 51 ans Journaliste indépendant Macroéconomie Macrofinance Questions monétaires Matières premières
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13 commentaires pour Les Grecs n’ont pas à payer une dette qui n’est pas la leur (P. Saurin)

  1. Ping : Les Grecs n’ont pas à payer une dette qui n’est pas la leur (P. Saurin) - Ma banque a moi

  2. « En effet, la crise de la dette publique grecque est en réalité une crise générée par quelques grandes banques, en particulier françaises et allemandes, qui après avoir privatisé des profits conséquents, ont socialisé une bonne partie de leurs pertes, non moins conséquentes, par une manipulation digne des praticiens du jeu de bonneteau. »

    Encore un mantra sans preuve. Par exemple BNP/Paribas a financé les installations sportives pour les jeux olympiques d’Athènes, mais n’a jamais été remboursé par l’Etat grec. Aligner les incantations larmoyantes ne constitue pas une démonstration, surtout quand les banques ont consenti un « haircut » de 70%, sans que les protections sur la dette grecque soient activées au bénéfice des acteurs d’obligations grecques.

    Quid de l’historique de la dette grecque? Quid de sa restructuration? Quid de son modèle économique avant et après l’adhésion à l’UE puis à la zone euro? Quid de l’évolution des dépenses publiques ces trente dernières années? Quid du retour sur investissement en ce qui concerne les aides structurelles NON BANCAIRES allouées à la Grèce pour la mettre au niveau de ces voisins européens? Non seulement les Grecs s’accrochent comme des désespérés au socialisme de marché, mais a fortiori ils sont incapables de définir un plan de sauvetage sur des bases nationales. Car non seulement ils veulent faire annuler leurs dettes mais pour souscrire d’autres dettes, puisqu’il est dans la logique de l’Etat grec de se financer à crédit auprès des banques au lieu de faire revivre son économie (ce qui supposerait de recouvrer les compétences en matière de décision économique et monétaire) sur des bases nationales, ce qu’il se refuse à faire. Autrement dit on annule les dettes pour en souscrire de nouvelles, même si l’Etat grec n’a plus accès au marché. Bonjour, la cohérence!

    Qu’à cela ne tienne, la BCE n’a qu’à émettre la monnaie pour payer les déficits budgétaires sous la forme d’un LTRO permanent auprès des banques grecques, soit très exactement le mode de fonctionnement monétaire de feu l’URSS dont la banque centrale créait la monnaie nécessaire pour remplir les objectifs de production fixés dans les plans quinquennaux du Gosplan. Ce serait la seule cohérence de ce gouvernement dont il faut RELIRE le programme électoral en tous points marxistes, même pas populiste. Par exemple car il parle de créér 300,000 postes ,mais il s’agit d’emplois de fonctionnaires. Ils ont en haine l’entreprise, outil de l’aliénation sociale par excellence à cause de la spoliation des revenus du travailleur par le patronat qu’il convient de mettre à rançon par l’accroissement de la dette publique et de la fiscalité.

    Il faut à tout prix se séparer de cette bande de charlots, quitte à les jeter dans les bras de la Turquie. Ce pays leur a offert généreusement une aide financière de six milliards de dollars pour relancer une union économique qui pourrait devenir – on ne sait jamais – une union monétaire. Tsipras a rendez-vous avec l’Histoire, celle de la résurrection de l’empire bizantin greco-turc sur les ruines de l’union monétaire européenne. Tout le monde à genoux pour obtenir la conversion d’Erdogan à l’orthodoxie, bien que Tsipras soit anti-clérical. Mais on sait jamais, ça peut toujours aider.

    http://www.huffingtonpost.fr/2015/01/25/syriza-programme-parti-elections-grecques_n_6542232.html
    http://blogs.mediapart.fr/blog/mehdi-zaaf/010612/le-programme-electoral-de-syriza-en-details

    • Vous avez raison pour Tsipras et Syriza, le modèle qu’ils proposent pour sortir la Grèce de l’ornière n’est absolument pas crédible. La seule chose dont on peut les créditer (si j’ose dire) par rapport à leurs prédécesseurs est qu’ils se refusent à payer ad vitam aeternam une dette impossible à rembourser. Pour le reste leur tactique de négociation (peut-on parler de stratégie ?) est louvoyante et difficile à suivre. Et surtout, en ne se prononçant pas pour une sortie de l’euro et de l’UE accompagnée d’une reprise en mains des outils de souveraineté monétaire, budgétaire, fiscal, administratif, etc. ils privent la Grèce des moyens de réussir dans la durée.

      Dans leur situation, plaider pour une « autre Europe » est totalement utopique, seule une rupture bien préparée avec des soutiens en dehors de l’Europe aurait pu fonctionner.

      Pour le reste, je maintiens que les banques, avec leur cortège de manipulations et de fraudes et leurs crédits à tout-va, portent une lourde part de responsabilitré dans la faillite de la Grèce. Dans un prêt, la responsabilité du prêteur est engagée autant, sinon plus, que celle de l’emprunteur. Idem pour la Commission de Bruxelles, le FMI et les institutions financières en général, qui ont favorisé et validé ce gigantesque barnum.

      • Certes le modèle économique fondé sur le crédit bancaire est largement responsable du marasme actuel . Mais je ne vois aucune proposition alternative en Grèce, ni même ailleurs, pour le remplacer par un autre système économique qui remettrait les peuples eut travail et les libérerait de la dette bancaire ou étatique. Même les BRICS proposent des circuits de financement d’Etat à Etat accompagnées d’accords d’échange bilatéraux qui ne résolvent pas le problème de la paralysie de l’économie privée par un appareil d’Etat d’inspiration socialiste totalitaire.

        L’Argentine, le Venezuela et le Brésil végètent dans le marasme économique engendré par des décennies de corruption d’une administration omnipotente alimentée par la rente pétrolière. Mais pour ce qui est de la revitalisation de l’économie privée et de l’émergence d’une civilisation digne de ce nom, désolé mais je ne vois rien venir. Au contraire, les choses empirent. Regardez ce qui se passe en Chine avec le dernier LTRO massif pour efinancer la dette gigantesque (30% du PIB) des gouvernements locaux.

        A force de manipuler les marchés, tout en prétendant supplanter les Américains dont ils copient toutes le mauvaises pratiques financières, on arrive à des situations absurdes: les marchés sont nationalisés de fait de par la fixation des taux à des niveaux très faibles, alors que le gouvernement chinois émet des quantités massives de monnaie sous la forme de titres obligataires vendus au banques qui les refilent à la PBOC contre des prêts à long terme destinées aux entreprises (mais pour quels projets d’infrastructure?). Après tout c’est bien le gouvernement chinois qui avait fiat du développement des marchés actions une priorité dans le but de financer les startups à la pointe des nouvelles technologies.

        En fait de quoi, on a assisté aux plus belles opérations de buybacks avec effets de levier jamais vues sur les marchés. D’où la machine arrière toute du gvt chinois: on impose des marges dissuasives, on remonte les limites d’investissement et on fait retourner les liquidités vers le financement de l’économie dirigée. On retrouve partout la même incohérence entre la volonté de perpétuer un système libéral financier (mais dirigiste dans l’économie réelle) moribond et la contrainte de l’intervention étatique pour en éviter l’effondrement. La conclusion de cette incohérence est le retour au financement direct des Etats par la planche à billets des banques centrales, ce qui ne saurait perdurer bien longtemps.

      • Varoufakis était conseiller de Papandreou au moment où son gouvernement a accepté les mesures d’austérité préconisées par la BCE et la Commission, de concert avec les banques françaises et allemandes; A cette époque il ne tarissait pas d’éloges quant à la politique de la BCE présidée par Mario Draghi. Mais dans l’interview avec Bloomberg, il rejette la faute du désastre économique vécu par la Grèce depuis 2008 sur les instances internationales qui détiennent de fait les rênes du pouvoir économique et financier. Sous-entendu, su la Grèce avait été un pays souverain, elle se serait libérée de sa dette bancaire et aurait mené une politique indépendante de redressement de son économie nationale par des nouveaux accords économiques, par exemple avec la Russie ou la Chine. Néanmoins, il réaffirme sa volonté de conserver la Grèce dans l’Europe, alors qu’il sait pertinemment qu’elles en sont les contraintes budgétaires et monétaires. On ne rappellera jamais assez que les choix d’investissement se prennent à Bruxelles et non à Athènes, ce qui limite singulièrement la marge de maoeuvre d’Athènes. Mais dans ce cas, il faut rester cohérent: au lieu de demander une restructuration de la dette (qui a déjà eu lieu mais qu’il ne mentionne pas), sous la forme d’un transfert du capital dette de la BCE vers le Fonds de Stabilité, il faut dénoncer à la fois la dette dans son ensemble ET la mise sous tutelle budgétaire qui empêche le gouvernement grec de mener de vraies réformes. Les fuites de capitaux qui résultent des transferts artificiels d’activité au Luxembourg pourrait par exemple être évités si la Grèce sortait des Traités européens et revoyait les règles fiscales concernant les activités des entreprises de commerce international.

        Er agiert, als sei er gegen die drastische Sparpolitik, aber seine bisherige Tätigkeit zeigt das Gegenteil: Varoufakis war Berater von Ministerpräsident Giorgos Papandreou und der PASOK-Partei, als sich Papandreou mit der EU auf die verheerenden Sparmaßnahmen einigte, damit französischen und deutschen Banken aus der Patsche geholfen werden konnte.

        http://info.kopp-verlag.de/hintergruende/europa/f-william-engdahl/was-stinkt-an-varoufakis-und-dem-ganzen-griechenland-schlamassel-.html

      • On est bien d’accord.

    • matbee dit :

      « Quid du retour sur investissement en ce qui concerne les aides structurelles NON BANCAIRES allouées à la Grèce pour la mettre au niveau de ces voisins européens? »

      Avec quel argent ces aides structurelles sinon celui de la dette et donc des BANQUES ?? les pays européens sont tous ENDETTES jusqu’au cou… Il y a pas de quoi faire les fanfarons et les grands seigneurs méprisants pour ce pauvre peuple grec qui vivrait de nos subventions ! Ces aides c’est du vent…

      • la ferté dit :

        exact matbee c’est de l’escroquerie ces aides structurelles, car fondées sur l’argent-dette..

  3. Ping : Les Grecs n’ont pas à payer une dette qui n’est pas la leur (P. Saurin) Actualités

  4. zorba44 dit :

    Delenda est carthago …bancaire.
    On a commis des crimes financiers contre l’humanité en Grèce.

    Stop Merkel, stop !

    Jean LENOIR

  5. Ping : Les Grecs n’ont pas à payer une dette qui n’est pas la leur (P. Saurin) | Le blog A Lupus un regard hagard sur Lécocomics et ses finances

  6. brunoarf dit :

    En France, les éditorialistes européistes (pléonasme) commencent à avoir peur.

    Lisez cette revue de presse :

    Jeudi 2 juillet 2015 :

    Crise grecque : l’unité Hollande-Merkel « vole en éclats. »

    http://www.boursorama.com/actualites/crise-grecque-l-unite-hollande-merkel-vole-en-eclats-adbddaeb90f3a8f34e4a538c9f1389d5

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