L’Euro, raison délirante (J. Sapir)

L’euro est une religion délirante qui conduit à l’aveuglement et au fanatisme de nos dirigeants ; François Hollande, en particulier, profère mensonge sur mensonge pour justifier les sacrifices exigés. Témoin de cette folie collective, le viol de souveraineté infligé ces jours-ci à la Grèce. Jacques Sapir compare ce scandale à un « viol en réunion«  perpétré par l’Allemagne, l’Eurogroupe et la Commission de Bruxelles. Quant à la France, « si elle n’y a pas participé, elle a verrouillé la porte du local où s’est tenu ce crime et elle a poussé le bâillon dans la gorge de la victime » OD

euro-raison-delirante

« Les différentes révélations sur les conditions dans lesquelles a été arraché l’accord, et il vaut mieux parler de diktat entre la Grèce et ses créanciers illustrent bien ce que l’on pouvait en penser à chaud. Cet accord est un véritable désastre pour l’ensemble de ses signataires, et pour la Grèce en premier lieu. La longue interview donnée le mercredi 14 juillet dans la nuit par Alexis Tsipras à la télévision d’Etat ERT le confirme[1]. Il avoue d’ailleurs que cet accord est un « mauvais accord ». L’analyse qui en est faite sur son blog par l’ex-Ministre des finances, M. Yanis Varoufakis va dans le même sens[2].

De plus, le Fonds Monétaire International a rendu publique une note d’analyse, qui avait été communiquée à TOUTES les parties en présence dès le 6 juillet et qui montre de manière irréfutable que cet accord n’est pas viable[3]. Dès lors se dévoile une autre face du drame qui s’est déroulé dans la nuit du 12 au 13 : tout ceci ne sert à rien. Un autre accord devra être trouvé rapidement, et la perspective d’une expulsion de la Grèce hors de la zone Euro reprend force[4]. Le Ministre des finances allemand, M. Schäuble l’a lui-même reconnu, ainsi que l’ancien gouverneur de la Banque Centrale de Belgique[5]. Cela rend les proclamations de succès de notre Président a faites à Bruxelles le matin du 13 particulièrement dérisoires. Le vote qui s’est déroulé au Parlement français l’est tout autant. On demande aux députés de se prononcer sur un accord que l’on sait inapplicable. Les députés du PCF, d’abord enclin à voter oui, n’est-ce pas Pierre Laurent ? pour des raisons alimentaires, se sont ainsi ressaisis et devraient voter « non ». Le drame ici se marie à l’absurde.

L’Euro avant la Grèce, l’Euro avant la France

Il faut cependant lire en détail la déclaration de François Hollande qu’il a faite le 13 juillet au matin ; mais pour cela, il faut avoir le cœur bien accroché. Remarquons, d’abord, qu’il ne parle pas de la Grèce, mais uniquement de la zone Euro. Cela montre bien quelles étaient ses priorités : « L’objectif était de faire en sorte que la zone euro puisse être préservée dans son intégrité, dans son unité, dans sa solidarité»[6]. On constate ainsi que les premiers mots réservés à la substance de ce texte ne font nullement mention des souffrances, des efforts et des espoirs du peuple grec. Non, la chose qui importe au premier chef, c’est l’intégrité de la zone Euro. Tout est dit dans ces lignes, et en particulier la préférence pour une construction bureaucratique, et que de nombreux économistes jugent non viable, sur la volonté et la vie des peuples. Ceci est corroboré par le troisième paragraphe de ce texte : « Ce que j’ai voulu, c’était plus que l’intérêt de la Grèce, c’était l’intérêt de l’Europe. Et c’était aussi l’intérêt de la France. Parce que l’intérêt de la France ne se dissocie pas de l’intérêt de l’Europe »[7]. L’ordre des priorités est ainsi établi : c’est l’Europe, puis la France et enfin la Grèce. Mais, ceci repose sur un mensonge, ou plus précisément un double mensonge : celui qui assimile la zone Euro à l’Union européenne, et celui qui assimile, ensuite, l’Union européenne à l’Europe. Les deux sont parfaitement scandaleux. La Zone Euro n’est nullement l’Union européenne. Des pays appartenant à l’Union européenne ne font nullement partie de la zone Euro. C’est le cas de la Grande-Bretagne, de la Suède, de la Pologne ou de la Hongrie. De plus, l’Union européenne n’englobe nullement l’Europe. Que ce soit la Suisse, la Norvège, ou encore la Serbie dans les Balkans, le Belarus, la Russie ou l’Ukraine, tous ces pays font partie de l’Europe, comme réalité géographique mais aussi culturelle, et ce sans faire partie de l’UE. Veut-on faire croire que Munch, l’auteur du « Cri », ou que des artistes comme Dostoïevski, Pouchkine ou Tolstoï ne sont pas européens ? Oublie-t-on que l’Union européenne est une alliance politique et économique de certains pays d’Europe ? Vouloir la faire passer pour l’Europe toute entière est un mensonge. Le fait que celui-ci soit proféré par la plus haute autorité de l’Etat ne retire rien à l’affaire. Au contraire, il l’aggrave. Il établit en dogme, mais sans pour autant en faire une vérité, ce qui se révèle un mensonge.

Ce mensonge, il le répète bien plus bas dans ce texte, en particulier quand il affirme : « La Grèce est un pays ami qui a voulu entrer dans l’Union européenne après des années de dictature ». En fait, et la date d’adhésion le montre bien, c’est aux Communautés Economiques Européennes, autrement dit au « Marché Commun » que la Grèce a adhéré après l’épisode de la dictature des colonels. Elle ne pouvait adhérer en 1981 à l’UE alors que cette dernière ne date que de 1992 et l’Acte unique européen de 1986. François Hollande bouleverse donc l’histoire et ne tient guère compte de la chronologie. Mais, là encore, il y a une logique dans le mensonge : celle de prétendre que l’UE, projet titanesque, projet inouï, a existé avant même que de naître. Si ce n’est pas de l’aveuglement idéologique on ne sait pas ce que c’est.

Euro über älles

On peut, alors, voir les conséquences de ce mensonge. Une autre citation de cette déclaration du Président Hollande est à cet égard des plus instructives. « L’objectif, c’était que l’Europe puisse être à la hauteur du défi qui lui était lancé, être capable de régler une crise qui depuis plusieurs années minait la zone euro. L’objectif était aussi de donner un espoir à la Grèce après tant d’années de souffrance, d’austérité – même si la Grèce n’en a pas terminé et qu’elle devra encore faire des efforts…[8] » Le mensonge ici en devient pathétique. Non seulement cet accord n’a pas été « à la hauteur du défi », tout simplement parce que rien n’a été réglé. On le voit bien dans les positions prises par le FMI les 14 et 15 juillet. Mais en plus cet accord ne redonne aucun espoir au peuple grec. Au contraire, ce dernier vit comme une terrible humiliation les clauses politiques de cet accord, qui imposent désormais l’aval des institutions européennes sur les lois qui seront appelées à être votées par le parlement grec. Le quatrième paragraphe est lui aussi ravageurs quant aux prétentions de notre Président : « La France a un rôle particulier à jouer : faire en sorte que ce processus, cette construction qui se sont noués au lendemain de la guerre puisse se poursuivre avec, bien sûr, des épreuves, des défis, mais en même temps toujours avec la volonté d’incarner une force, celle de la zone euro, une zone monétaire qui doit permettre la stabilité et la croissance. Il n’y a pas de stabilité sans croissance, il n’y a pas de croissance sans stabilité [9]». Retenons le mélange des genres, qui n’est certes pas accidentel. On présente la zone Euro comme venant dans la continuité du Plan Marshall et de la Communauté Economique Européenne (le « Marché Commun »). Ceci constitue une erreur flagrante, une distorsion étonnante de la vérité historique. Mais, l’affirmation sur laquelle se conclut cette citation, en associant croissance et stabilité, constitue à nouveau un impudent mensonge. Car, la zone Euro a entraîné une chute de la croissance pour les pays membres de l’Euro, et s’est accompagnée de fluctuations extrêmement importantes. Ceci est établi dans de nombreux ouvrages[10], et dans le livre que j’avais écrit en 2012 en particulier[11]. De fait, la zone Euro n’a jamais été un facteur de stabilité ni un facteur de croissance pour les pays membres.

Lire la suite sur le blog de Jacques Sapir

Voir aussi :

L’immonde blague du ministre allemand des Finances (merci à N. Jaisson)

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A propos Olivier Demeulenaere

Olivier Demeulenaere, 52 ans Journaliste indépendant Macroéconomie Macrofinance Questions monétaires Matières premières
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23 commentaires pour L’Euro, raison délirante (J. Sapir)

  1. zorba44 dit :

    Ignoble Vache qui Rit. Minus habens. Ce pantin fait patiner la France sur la voie du délitement, de la décadence et de la perte de toute pensée et d’identité autonome.

    Jean LENOIR

  2. SandraT dit :

    Pour le Grexit rien n’est perdu…..

    #Schaublexit

    #ThisIsACoup

  3. raimanet dit :

    A reblogué ceci sur Boycottet a ajouté:
    François Hollande, en particulier, profère mensonge sur mensonge pour justifier les sacrifices exigés.

  4. casbal dit :

    Les Grecs pauvres et la classe moyenne grecque vont se saigner pour payer l’arnaque de la DETTE alors que la ploutocratie mondialiste qui a pris le pouvoir en Grèce a mis ses billes à l’abri depuis belle lurette…ainsi que les riches Grecs complices

  5. Ce sont les Etats-Unis (cf. visite surprise de Jack Lew à Berlin et paris), qui ont exigé de la France et de l’Allemagne que la Grèce reste dans la zone euro, car son exclusion risquait de déboucher sur une sortie de l’UE puis de l’OTAN. Les Allemands, représentés par W.Schaüble on tout fait pour pousser les Grecs vers la sortie, multipliant les exigences intenables et menaçant de couper les vivres aux banques ,donc à la population grecque réduite à faire la queue devant les distributeurs: spectacle pathétique qui restera à jamais gravé dans les mémoires comme le sommet de l’aliénation à la monnaie dette sous la forme de petites coupures débitées comme des petits pains à destination des nécessiteux. Les ATM ont remplacé les soupes populaires de 1929.Le plus fort dans ces démêlés entre la Grèce et l’Allemagne est que les partisans de la souveraineté grecque se trouve à Berlin alors que les soutiens de l’esclavage de la dette sont à Athènes.

    Die Amerikaner haben offenbar erkannt, dass der Schlüssel zu dem Problem bei einer ganz neuen Linie in Berlin liegt: Wolfgang Schäuble ist nach wie vor überzeugt, dass der Grexit die beste Variante für Griechenland ist. Das Wall Street Journal berichtet, dass Schäuble nach dem EU-Deal zu Journalisten gesagt haben soll: „Es gibt viele Leute in der Bundesregierung, die glauben, dass dies (der Grexit) die bessere Lösung für Griechenland und die griechische Bevölkerung wäre oder sein könnte.“ Das war nach dem Gipfel, an dem der Grexit angeblich in letzter Minute abgewendet wurde.
    http://deutsche-wirtschafts-nachrichten.de/2015/07/15/usa-greifen-ein-letzter-versuch-den-euro-zu-retten/

    Mieux que cela, les plus fermes alliés de l’aliénation du travail par le capital financier se comptent dans les rangs du parti d’extrême-gauche, qui a pris le relais du parti communiste. Quel retournement extraordinaire de situation que de voir l’Allemagne essayer de ramener les Grecs à la raison, en les convainquant de l’inutilité de leurs efforts pour rembourser la dette, non avec leurs revenus mais avec l’argent des créanciers européens, alors que l’Allemagne est fermement déterminée à tourner la page de la manne publique européenne en euros. Les Allemands refusent d’entretenir à crédit l’économie socialisée grecque. C’est la grande nouveauté des ces dernières semaines, qui va faire école dans l’Union européenne, car c’est un message direct envoyé aux autres Etats incapables de se réformer sérieusement, c’est-à-dire de rompre avec une économie administrée pour migrer vers une économie vivant de sa productivité.

    Autrement dit, l’Allemagne dit NON à la solidarité budgétaire européenne et aux règlement des fins de mois des Etats impécunieux, comme l’Italie ou la France, par la BCE. Déjà elle regardait d’un mauvais oeil le rachat d’obligations souveraines au prorata du PIB des Etats membres par la BCE. Elle ne peut que refuser cette nouvelle politique de la BCE consistant à émettre des liquidités pour alimenter les revenus des ménages et des entreprises grecques en situation de dépendance totale par rapport aux transferts budgétaires européens, donc allemands pour la plus grande part. On recule pour mieux sauter. Les Grecs ont capitulé trop vite pour être honnêtes dans la validation d’un accord rejeté par référendum populaire. La solution du fonds de garantie grec servant de support aux émissions de crédit par les fonds européens, c’est de la foutaise recyclée car le subterfuge avait déjà utilisé à l’instigation de la banque Lazard lors de la restructuration de la dette grecque en 2012.

    Des nouvelles turbulences sont donc à prévoir dès la réouverture des banques grecques. Les Grecs se nourrissent avec l’argent de la BCE. C’est du jamais vu depuis la République de Weimar financée au départ par les banques d’affaire américaines avant de sombrer dans l’hyperinflation en Reichsmark; Les Grecs ont tout intérêt à travailler d’arrache-pied à un plan B d’indépendance nationale, car il n’est pas dit que les Allemands restent encore longtemps dociles aux injonctions de Washington. Les choses se calment en Ukraine avec le désarmement des groupuscules d’extrême-droite acoquinés aux organisations mafieuses. Idem au Moyen-Orient avec l’accord signé entre Téhéran et Washington; Voilà de quoi donner des idées d’indépendance à des Allemands qui regardent avec angoisse la locomotive chinoise donner des signes inquiétants de faiblesse. La transition vers la « nouvelle économie » à la chinoise se passe mal, en raison de l’incompatibilité foncière entre le contrôle totalitaire du Parti communiste chinois et l’esprit d’entreprise fait de liberté et de créativité, spécialement dans les nouvelles technologies de communication. L’Allemagne ne peut se passer de la Russie et du marché eurasiatique dans un contexte de récession européenne et d’effondrement des exportations chinoises. Un rebattage général des cartes est donc à prévoir sur le continent eurasiatique vers plus d’indépendance des Etats-membres et moins de technocratie européenne dont le poids financier devient insupportable en ces temps de raréfaction du crédit bancaire.

    Wissenschaftler auf Weltniveau – ohne Zugang zu westlichen Quellen oder Datenbanken. Innovationen für China – von Start-up-Unternehmern mit US-Greencard oder gar -Pass. Freiwillige, die sich für Armutsbekämpfung und Umweltschutz engagieren sollen – und dabei stets in Sorge sind, gegen das neue Gesetz für Nationale Sicherheit zu verstoßen.

    Für Partei- und Staatschef Xi Jinping sind all dies keine Widersprüche. Für die Herrschaft der Kommunistischen Partei im 21. Jahrhundert will Chinas Führung eine hocheffiziente, marktkonforme Plangesellschaft, keine autonome Zivilgesellschaft.
    http://www.zeit.de/politik/ausland/2015-07/china-plangesellschaft-xi-jinping

    • Alcide dit :

      @ Nicolas Jaisson
      Très intéressant.
      Ce serait donc un programme destiné à être rejeté car tellement odieux que Tsipras aurait accepté !
      Schaüble ne pouvait imaginer à quel point Tsipras est nul et lâche.
      La théorie est séduisante.

    • Oui, les Allemands en ont assez. Pour obtenir le Grexit sans en assumer la responsabilité ils ont chargé la barque au point que – pensaient-ils – les dirigeants grecs ne pouvaient que refuser. Comme je l’ai rapporté dans un post Varoufakis a déclaré par la suite que leurs propositions « étaient le genre de propositions que l’on fait quand on veut être sûr que l’autre partie les refuse… »

      Le hic, c’est que Tsipras a accepté ! A aucun moment il n’a envisagé la sortie de l’euro. Ce qui semble valider l’hypothèse de ceux qui voient en lui un « opposant contrôlé » au système, dont la carrière aurait été promue par les Américains et notamment George Soros avec qui il aurait depuis longtemps des liens… Les Américains ne craignent qu’une chose : que la Grèce en quittant l’euro quitte également l’UE et l’OTAN et précipite par effet de domino l’effondrement de leurs belles constructions…

      https://www.upr.fr/actualite/europe/les-grecs-vont-maintenant-pouvoir-constater-que-syriza-est-un-parti-leurre

      • Alcide dit :

        Sous l’aimable incitation de nos grands amis américains , l’EU a le choix entre la ruine ou la guerre.
        Le politburo de Bruxelles doté d’un solide appétit a choisi les deux.

      • zorba44 dit :

        Ce qui est comique, si on peut dire, c’est que le FMI ne semble pas heureux de la reculade de Tsipras. Peu importe, les carottes, que le parlement grec entérine ou non, sont cuites : l’euro est chargé par le détonateur d’une grosse bombe nucléaire.
        L’ivrogne de service est juste à la recherche du bouton de mise à feu et du code.

        Jean LENOIR

  6. Justy dit :

    Ce n’est plus la faute a Voltaire mais a Schauble.On a trouve le bouc émissaire.Mais qui a accepte toutes les conditions après avoir trahi au moins deux fois ses electeurs ?
    Si Tsipras avait préparé la sortie de la Grèce de la zone Euro des le début ,les grecs auraient été
    en mesure de prendre leur destin entre leurs main en gardant la tête haute.Tsipras,l’idéologue gauchiste internationaliste,a fait de son peuple des mendiants.C,est la faute a Tsipras…

  7. Alcide dit :

    Donald Tusk est un grand comique:
    S’adressant aux Grecs:
    … »Quatrièmement, demander de l’aide auprès de vos amis, et non parmi vos ennemis, surtout quand ils sont incapables de vous aider »…

    Avec des amis pareils la vie est un long fleuve tranquille.

  8. Ping : L’Euro, raison délirante (J. Sapir) Actualités

  9. Alcide dit :

    Hors sujet mais assez important, la guerre économique contre le peuple ayant parfois des relents de simple guerre avec son cortège de massacre de civils:

    Selon un rapport publié sur le Web par des experts aéronautiques russes, le Boeing malaisien effectuant le vol MH17 aurait été abattu par un missile air-air de fabrication israélienne.

    Un groupe d’experts aéronautiques russes a mis en ligne, sous couvert d’anonymat, les résultats de sa propre enquête sur le crash du Boeing malaisien dans l’est de l’Ukraine.
    Ces résultats confirment la déposition d’Evgueni Agapov, technicien d’un aérodrome militaire dans la région de Dniepropetrovsk, qui, le jour de la catastrophe du Boeing le 17 juillet 2014, a vu un chasseur ukrainien Su-25 piloté par le capitaine Volochine décoller avec des missiles air-air, mais atterrir sans ces derniers.

    Le rapport analyse, sur plusieurs dizaines de pages, les dommages subis par l’avion malaisien et la nature des chocs. La zone d’explosion du missile qui avait détruit le Boeing a été modélisée sur une maquette spécialement réalisée à cet effet. Les experts ont également calculé la masse de la charge explosive du missile: 10 à 40 kilogrammes.

    La forme et la masse des sous-munitions utilisées pour détruire le Boeing ont également été établies. Il s’agit de « 2.000 à 4.000 projectiles d’une masse moyenne d’environ 3 grammes chacun et ayant la forme d’un parallélépipède de 8x8x6 mm (écart admissible: ±0,5 mm). Cela étant, l’explosion s’est produite à une distance de 0,8 à 1,6 mètre de la fenêtre mobile du chef d’équipage ».

    Les fragments du Boeing 777 de Malaysia Airlines
    © Sputnik. Masha Ross
    Crash du vol MH17: Moscou écarté de l’enquête
    Après avoir comparé les différents missiles antiaériens russes, les experts ont constaté que premièrement, tous ces missiles étaient équipés de projectiles ayant la forme d’une barre. Deuxièmement, « l’analyse a montré que parmi les systèmes de DCA russes, on trouve suffisamment de missiles capables de détruire une cible aérienne à 10.000 mètres d’altitude. Cependant, tous ces missiles sont équipés de charges dont la masse est considérablement supérieure à 40 kilogrammes ».

    Il s’ensuit donc qu’aucun missile air-air ou sol-air russe, capable d’abattre un avion à environ 10 kilomètres d’altitude, ne correspond à la nature des dommages subis par le Boeing malaisien.

    Tous les experts ayant étudié les fragments du Boeing s’accordent pour constater que l’explosion s’est produite près du cockpit. Le rapport mis en ligne en donne une explication plausible. Il s’agit visiblement des particularités liées au guidage du missile.

    « Le cockpit de l’avion abattu recelait — sous sa coiffe transparente aux signaux radioélectriques — un radar panoramique fonctionnant en régime actif durant tout le vol. Cela signifie que si le missile était doté d’un autodirecteur passif, il devait être guidé par les signaux émanant du radar. Cela constitue, nous semble-t-il, la raison pour laquelle le missile a frappé le cockpit de l’avion », constatent les experts.

    Selon le rapport, l’engin qui répond le plus aux critères indiqués est le missile air-air israélien de courte portée Python. Il s’agit d’un « missile doté d’un autodirecteur à infrarouge passif et d’une charge explosive d’environ 11 kilogrammes ».

    Enfin, on sait de sources ouvertes qu’au début des années 2.000, la Géorgie a procédé à la modernisation de ses chasseurs Su-25 afin de les rendre capables d’utiliser les missiles air-air de classe Python. En apparence, les avions modernisés ne se distinguent pas des Su-25 ordinaires largement utilisés par l’armée ukrainienne dans la zone du conflit.

    De plus, le missile Python ressemble au missile russe R-60, si bien que la différence entre les deux engins n’est perceptible qu’au terme un examen minutieux.
    Lire aussi:
    MH17: le Boeing n’a pas été abattu par un missile Bouk selon les Pays-Bas
    Crash du Boeing en Ukraine: Moscou demande un rapport d’enquête

    http://fr.sputniknews.com/international/20150716/1017066684.html

    Mais pour éviter toute contestation, la Russie est exclue de l’enquête …à laquelle participe l’Ukraine et ses nazis , signataire d’un accord avec les autre participant , d’un accord de droit de véto des résultats de l’enquête…

    Ce monde régi par la ploutocratie est bien au delà de la folie que ces salauds souhaiteraient nous présenter comme normale et seule issue harmonieuse du monde civilisé de la « communauté des nations  » anglo-sionistes.

  10. MJ dit :

    Tout ce qui est excessif est insignifiant… cette citation de Talleyrand résume bien la situation.
    Tsipras aurait pu dire non ou oui, ou non ou n’importe quoi. de toutes façons c’est plié, c’est la ruine, la dette ne sera pas remboursée, un peu plus un peu moins ce n’est que qques mois de gagnés.
    sans le plan la Grece aurait dû brader les bijoux de famille
    avec le plan elle doit brader les bijoux de famille
    et dans les deux cas c’est la misère au bout du chemin.
    elle avait le choix entre pire et pire, elle a choisi pire.
    La vraie question c’est l’effet sur le reste du monde …

    • Geraldine dit :

      Tout est dans tout et réciproquement…et mieux vaut rester les bras croisés à attendre que ça se passe : c’est bien ça votre philosophie ?

  11. Alcide dit :

    …sans le plan la Grece aurait dû brader les bijoux de famille
    avec le plan elle doit brader les bijoux de famille
    et dans les deux cas c’est la misère au bout du chemin…

    Cela est inexact.
    En répudiant la dette tout aussi illégitime , odieuse et illégale que la dette publique française ou de tous pays signataire de la forfaiture du traité de Lisbonne, la Grèce pouvait exister et se développer en tant que nation souveraine sans vendre ses biens.
    Ce pays ne manque pas d’atouts , très importantes réserves de gaz , position géostratégique , qualité de l’environnement, pour prospérer.

    Vous êtes victimes de la propagande du système comme quoi hors les dictats de la ploutocratie qui crée la dette pour piller les nations et asservir les peuples , il n’y aurait point de salut.
    Cette attitude est paradoxale.

    • MJ dit :

      je comprends vos remarques et mon propos n’était pas du tout dans l’esprit « d’abandon ».
      mais quand un plan est hautement delirant il ne signifie plus rien, ni au plan diplomatique, Dracon est revenu et on va poser les fers au cou de tous les grecs , ni au plan economico financier car il est hautement irréaliste.
      cela insulte la Grece et le peuple grec .
      et à ce titre tous les accords conclus par ce plan pourront être remis à plat par n’importe quel pouvoir grec souverain. Reste à mettre en place ce pouvoir, ce n’est qu’une question de temps.
      quant à la position de Tsipras (je ne suis pas un groupie) qui a signé cet accord ça ne veut peut être pas dire qu’il l’accepte mais c’est une manière de montrer que cette « Europe de la prosperité » est en fait une dictature aux mains des ploutocrates.
      et pour enfoncer le clou, un SDF, qui n’a plus rien par definition, peut signer ou refuser tous les accords leonins, parce que justement il n’a plus rien à perdre sinon à montrer la cupidité infinie des ses interlocuteurs.

  12. matbee dit :

    Et hop, 2 ans de plus !

    Nos chers « représentants » du Sénat (qui eux n’ont aucun souci à se faire pour leur retraite, c’est déjà ça) préconisent un relèvement de 2 ans de l’âge légal de départ à la retraite : 64 ans.

    Et ce n’est qu’un début puisque l’argument est toujours le même : la rengaine sur la « compétitivité »…. Le jour où notre coût du travail sera au niveau de la Chine, de la Thaïlande ou du Maroc, on cessera peut-être de reculer les « bornes » (sic)…. mais on sera peut-être alors à 80 ans ?

    « La commission des affaires sociales du Sénat estime qu’il serait déraisonnable d’augmenter une nouvelle fois le taux des cotisations vieillesse, alors que la compétitivité et l’emploi sont pénalisés depuis des années par un coût du travail trop élevé. Par ailleurs, le montant relatif des pensions par rapport aux revenus des actifs va d’ores et déjà mécaniquement baisser dans les années à venir en raison de l’indexation des pensions sur les prix et non plus sur les salaires.

    Suivant les conclusions du rapporteur Gérard Roche, la commission s’est de nouveau prononcée en faveur d’un relèvement des bornes d’âge de départ en retraite, comme elle l’avait fait lors de l’examen du PLFSS pour 2015. Seule une mesure de ce type est susceptible de produire un impact suffisamment significatif pour assurer, surtout à moyen et long terme, le retour à l’équilibre des régimes de retraite.

    La commission préconise de poursuivre, à raison de cinq mois supplémentaires par an, le relèvement progressif en cours de l’âge légal de départ en retraite au-delà du 1er janvier 2017, date à laquelle il atteindra 62 ans pour la génération née en 1955. Il passerait ainsi à 62 ans et 5 mois en 2018, puis 62 ans et 10 mois en 2019, avec l’ambition de parvenir à 64 ans en 2024.»

    http://www.lerevenu.com/placements/retraite/lage-legal-de-depart-en-retraite-en-question

    • gardenal dit :

      formidable et dans 15 ans François de Closets (96 ans) pourra écrire un nouveau best-seller : « La France cacochyme »

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