« On a la meilleure agriculture du monde et elle est en train de crever » (Périco Légasse)

Je trouve Périco Légasse étonnamment indulgent à l’égard de Stéphane Le Foll, mais à cette réserve près j’adhère entièrement… OD

(RMC, 23 juillet 2015)

Lire aussi : 

Périco Légasse : « La grande distribution est devenue un fléau national »

« …Chaque jour qui passe nous fait toucher le fond de ce système satanique qui consiste à surproduire pour surconsommer en comprimant au maximum les prix de production pour augmenter la marge du distributeur. Ecraser le fournisseur, qu’il soit agriculteur ou industriel, pour conforter les bénéfices d’enseignes qui croulent sous les profits alors que certains producteurs sont en train de crever. Tout cela n’a rien de nouveau et les signaux d’alarme sont actionnés sans relâche depuis des années dans l’indifférence totale des pouvoirs publics. Mais la puissance financière de la grande distribution et sa collusion avec la classe politique conduisent au massacre économique et social que l’on constate quotidiennement. Nos gouvernants, de «droite» comme de «gauche» – tout cela ne veut plus rien dire – ont tellement peur d’aller dans le sens contraire de l’histoire, entendez celui des marchés financiers, en réglementant les pratiques commerciales abusives et déloyales, que la grande distribution dicte leur conduite aux pouvoirs publics.

Des pratiques avec lesquelles ont leurre le peuple en lui faisant croire que Leclerc, Auchan, Carrefour ou Intermarché se battent pour qu’il puisse toujours payer moins cher, et qui aboutissent, en fait, à la ruine de nos agriculteurs et à la destruction d’emplois éradiqués par les importations concurrentes. Sans parler des méfaits sociologiques d’un consumérisme à outrance qui installe la malbouffe industrielle dans les mœurs alimentaires. Ni des conditions sociales dans lesquelles travaillent des caissières peu a peu remplacées par les caisses automatiques. Alors que ce fut au départ une idée formidable, la grande distribution est devenue un fléau national en pleine expansion. La vérité est que nos éleveurs gênent, car ce système économique est périmé aux yeux du pouvoir, mais ils ont mauvais caractère quand on les mène à l’abattoir, et surtout des gros tracteurs qui barrent les ponts, alors il faut bien leur donner un peu de foin pour qu’ils n’en fassent plus… »

perico_legasse

eleveurs-gouvernement-LOpinion- Kak(source : l’Opinion)

Rappels :

« On produit de la viande comme on fabrique des bagnoles » (F. Nicolino)

Clones américains, clowns européens

L’image du jour : Le TAFTA dans nos assiettes

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A propos Olivier Demeulenaere

Olivier Demeulenaere, 52 ans Journaliste indépendant Macroéconomie Macrofinance Questions monétaires Matières premières
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11 commentaires pour « On a la meilleure agriculture du monde et elle est en train de crever » (Périco Légasse)

  1. zorba44 dit :

    A force de tout vouloir raboter, tout va se casser y compris les grandes enseignes qui seront pillées et incendiées. Ce n’est pas une incantation mais ce qui va réellement se passer lorsque le système sera à bout. A bout de force, à bout de rabais, à bout de perspectives…

    Jean LENOIR

  2. Ping : « On a la meilleure agriculture du monde et elle est en train de crever » (Périco Légasse) Actualités

  3. christ dit :

    les gouvernants sont des imbéciles sans courage et leur avidité du pouvoir fait le reste ; nos gouvernents ne sont pas des hommes mais des robots humains parfaitement dressés via la carotte et le baton de ceux qui sont les grands gagnants , leclerc , carrefour etc….ce pays est foutu ;

  4. Ping : 28 July, 2015 09:54 | Boycott

  5. Ping : "On a la meilleure agriculture du monde et...

  6. Nanker dit :

    « On a la meilleure agriculture du monde et elle est en train de crever »

    … et pendant ce temps-là Poutine rigole! Et oui quand on impose un embargo à un pays qui ne vous a rien fait de mal les exportations deviennent des excédents et les paysans deviennent des mendiants.

    Encore bravo François! Vivement 2017, que tu laisses la place à moins incompétent que toi (ça ne devrait pas être difficile).

  7. Loyal Copain dit :

    « Omerta sur la viande » : « L’agriculteur s’est fait déposséder par l’industriel »
    Pierre Hinard, éleveur, ingénieur agronome, a travaillé dans un abattoir en Loire-Atlantique et a publié un livre
    « Omerta sur la viande », l’hiver dernier. Il dénonce la mainmise de la distribution sur les prix, qui selon lui, étrangle les éleveurs. (Livre sorti le 13 novembre 2014)
    Il explique notamment que le mécanisme des promotions, décidées par les distributeurs, poussent les industriels à faire pression sur les achats hebdomadaires pour abaisser les prix. Ce qui finalement retombe sur l’éleveur. « Ce n’est plus l’éleveur qui fixe le prix, c’est l’industriel. Il y a 40 ans, c’était l’inverse. Mon grand-père, quand il vendait son beurre au marché ou sa vache sur la foire aux bestiaux, c’est lui qui fixait le prix », se souvient-il.
    Aujourd’hui, quand l’animal monte dans le camion de l’abatteur, l’éleveur ne sait pas quel prix il en touchera.
    Et il accuse la grande distribution de faire une telle pression sur les prix pour parvenir à des promotions sans qu’il lui en coûte trop, qu’un système de punition se met en place à l’encontre des agriculteurs qui refusent de jouer le jeu : « Les négociations sont d’une violence incroyable. Ils sont capables de boycotter un marchand de bestiaux qui a trop résisté sur le prix et de ne pas lui prendre d’animaux ou de lui en prendre deux fois moins pendant deux ou trois semaines ».
    « C’est une crise profonde », diagnostique-t-il. « C’est le système productiviste ultra-libéral qu’on a imposé qui est en crise ». Et il appelle à un nouveau pacte entre consommateur et l’éleveur pour ramener la valeur ajoutée vers ce dernier. Il plaide pour la mise en place de circuits courts, comme lui-même l’a fait : « Les consommateurs découvrent que finalement ils n’achètent pas leur viande plus cher que dans un linéaire de grande surface mais avec une qualité qui n’a rien à voir ».
    http://www.franceinfo.fr/actu/economie/article/l-agriculteur-s-est-fait-deposseder-par-l-industriel-pierre-hinard-709087

  8. ratuma dit :

    « l’amour est dans le pré » – mignon le petit veau – mais il finira en escalopes

    « Tant que l’’homme continuera à être le destructeur impitoyable des êtres animés des plans inférieurs,
    il ne connaîtra ni la santé ni la paix.

    Tant que les hommes massacreront les bêtes,
    ils s’’entretueront.

    Celui qui sème le meurtre et la douleur ne peut, en effet, récolter la joie et l’’amour”. »

    Pythagore

  9. ratuma dit :

    et macron a dit « ils ne savent pas écrire ……….  » ou quelque chose comme ça !!

  10. ratuma dit :

    HISTOIRE DES MOUTONS

    Il y avait une fois en Orient un Magicien aussi avare que méchant. Parmi ses nombreux trésors se trouvait un vaste troupeau de moutons auquel il tenait particulièrement. Les moutons étaient en effet sa nourriture favorite, il en tuait presque chaque jour pour festoyer avec ses invités. Le domaine où paissaient ses moutons était vaste mais, à son grand dépit, une partie d’entre eux s’échappaient. Certaines brebis pleines de sagesse avaient remarqué que l’on ne revoyait plus les moutons et agneaux que l’on venait chercher et avaient su en tirer la bonne conclusion. Ayant compris le sort qui les attendait, de nombreux moutons prenaient régulièrement la fuite. Le Magicien décida, malgré son avarice, d’engager un berger, puis des chiens; rien n’y fit. Il se résolut alors à faire installer de hautes clôtures mais les moutons trouvèrent malgré tout les moyens de s’enfuir, car les moutons en ces temps-là étaient malins et finauds. Je crois même qu’ils marchaient debout et savaient parler. Le Magicien, furieux, décida alors de s’en occuper lui-même. Il invoqua ses génies et ceux-ci lui donnèrent la solution. Il fallait endormir les moutons, les mettre en état d’hypnose. Le lendemain, souriant, il quitta son château et descendit parler à son troupeau.

    « Finis les barrières, les chiens et les bergers, dorénavant vous vous garderez vous-même. Car pour vous aujourd’hui, une nouvelle ère commence. On vous l’a toujours caché, mais vous n’êtes pas des moutons, vous êtes des hommes ! »

    Il se mit alors à marcher au milieu d’eux en les regardant dans les yeux et il poursuivit : « Toi, tu es un marchand !..Toi, tu es un général !.. Toi, tu es une courtisane !..Toi, tu es une matrone !..Toi, tu es un larron ! » Et il conclut : « Et maintenant, allez ! Jouez au juges et aux larrons, aux poètes et aux courtisanes. Et que la grandeur soit avec vous. »

    Dès lors ce fut terminé et le Magicien put continuer à festoyer à son aise. Les moutons jouaient à l’infernal Jeu des Hommes. Qui donc songeait encore à prendre la fuite ?
    G. St-B.

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