Les lois scélérates se multiplient (B. Bertez)

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« Les lois scélérates se multiplient dans les pays développés. Sous prétexte de terrorisme, on revient en arrière sur toutes les libertés fondamentales. Mais le terrorisme a bon dos, il sert d’excuse pour épier les citoyens, les mettre sur écoute, les ficher, les normaliser, réduire la liberté d’expression. La multiplication des Lois sert un Projet inconscient du Système : vous mettre en faute perpétuelle afin que vous baissiez la tête. Faire de vous des sujets. Le pouvoir politique est à son comble quand vous êtes laminés, standardisés, tous conformes et que vous réagissez pareillement aux stimuli et aux impulsions des pouvoirs. La mystification est à son apogée quand, comme maintenant , on escamote le politique, on occulte la lutte des groupes et classes sociales pour les remplacer par la guerre des races et celle des religions. Quel meilleur moyen de cliver, de diviser les sociétés que ces conflits de races et de religion ? Le clivage et la division sont  les armes des tyrans qui faisaient se battre entre eux les esclaves dans l’arène.

En Angleterre, on donne de nouvelles définitions à des mots comme « extrémisme », et « terrorisme ». On prétend déceler les enfants déviants qui seraient dangereux pour la société. Et les rééduquer. En Espagne , les lois interdisent maintenant de critiquer la police, de la prendre en photo, de filmer ses brutalités. Malheur aux lanceurs d’alerte, aux « whistleblowers ». On étend le concept de racisme, on n’a plus le droit de stigmatiser le monde de l’usure. On interdit toute critique de cette pseudo société ouverte et universelle qui incarne le Nouvel Ordre du Monde. Celui qui n’est ni mondialiste, ni globaliste, celui qui aime son pays, son histoire, son identité sa famille , celui là est réduit au silence.

L’opposition doit non seulement être déclarée impossible, mais impensable. Etre minoritaire est déjà un crime. L’idéologie dominante est devenue le collectivisme, qu’il soit dans sa forme communiste, socialiste, nazie, fasciste. C’est la dictature du groupe, la priorité de la masse manipulée sur l’individu grâce au renforcement de l’autorité jusque dans la conduite de la vie privée. La seule chose qui change dans ces dictatures, c’est le mode de désignation apparent de l’autorité. Il masque la similitude, le même processus d’asservissement. Le but, l’objectif, c’est la docilité, le renoncement , l’aliénation et l’abandon de toute idée même de rébellion. Il faut, et on le constate quotidiennement, que chacun se dise « à quoi bon, il n’y a rien à faire », il faut que celui qui, simplement, pense autrement se sente et se sache perdant d’avance. Car c’est le grand ressort : la résignation.

La vraie raison de la mise en place de cet arsenal de répression contre les peuples est : la Crise. Contrairement à la propagande des politiciens, des élites et de la classe médiatique, la Crise est là, on n’en parle plus parce qu’il faut faire croire qu’elle est vaincue, que les chefs sont crédibles, que les remèdes sont efficaces. Malgré 6 ans de remèdes exceptionnels, d’austérité et de régression, elle est toujours là, simplement noyée, enfouie sous des montagnes de liquidités et de crédit qui ne pourront jamais être honorés. Malgré cela, le chômage et la déflation s’enracinent, les systèmes de protection sociale et de retraite sont en perdition.

La crise de notre époque n’est guère différente de celles que l’on a connu dans le passé comme en 1873 ou 1929. C’est une crise globale, systémique, elle touche les fondements même de notre ordre social. La dureté de la Dépression n’a pas été évitée, elle a été retardée, diluée au prix d’un enracinement des causes même de cette crise. La crise exprime, reflète la généralisation des fausses valeurs, l’écart entre les valeurs financières, monétaires, boursières et le monde réel, le monde de l’économie.et de la production de richesses. Toutes les valeurs ont été inflatées, perverties par le crédit, la création monétaire et l’inflation de la masse des promesses, alors que le progrès des sciences, des technologies et des procédés de fabrication provoque une tendance continue à la baisse des prix.

A la tendance à la déflation produite par le progrès, les élites veulent s’opposer par l’inflation des valeurs financières, boursières et bancaires. Ils impriment de la fausse monnaie, gonflent les bilans de leurs  banques centrales, afin de maintenir en lévitation ces fausses valeurs qui constituent leur fictif capital . Ce qui se passe en ce moment en Chine est, en caricature, en accéléré et en expressionniste ce que nous vivons et allons vivre par petites touches, soft et graduelles. En Chine s’attaquer aux valeurs, vendre sur le marché boursier est devenu motif de prison. La Chine donne à voir ce qui est caché chez nous. Tenir les marchés financiers est devenu partout une priorité publique au mépris de toutes les autres. Ne vous y trompez pas, maintenir des valeurs, des valorisations fausses est une priorité nationale, politique et vouloir s’y opposer sera considéré comme une atteinte à la sécurité des pays.

Il faut nier la Crise pour une autre raison : pour gagner du temps. Le temps de mettre en place les sauvegardes qui seront nécessaire pour maintenir le (dés)ordre ancien quand la Crise s’extériorisera à nouveau. Il faut militariser la police, mettre en place les réseaux de contrôle et de renseignement, prendre les textes et les lois. Le temps présent est celui qui est mis à profit pour encadrer, pour quadriller, pour préparer, se doter de l’arsenal de maintien de l’ordre. Mais pendant ce temps, la crise continue de saper les bases de nos sociétés par le mensonge de la fausse monnaie, des fausses statistiques, et des fausses promesses. Ah 2017 !

En attendant, on met en place le Grand Transfert.  Ainsi de  la loi qui autorise le pillage des dépôts bancaires des classes moyennes , de celles qui petit à petit restreignent l’usage et la possession du cash. Nous l’avons dit et redit, la seule question intéressante posée par la Crise est de savoir qui va payer quand l’addition, la vraie, la réelle, va être présentée. Si vous en doutez pensez à l’exemple Grec.

Qui va payer ? Les travailleurs sous forme de chômage accru et de rémunérations directes et indirectes amputées ; les classes moyennes sous forme de confiscation d’une partie de leur épargne ; les petites entreprises sous forme d’alourdissement des impôts et taxes ; les grandes entreprises sous forme d’impôts, de nationalisations et confiscation ? A moins que ce ne soient tous ceux qui n’ont pour seul actif q’un peu de monnaie prochainement hyperinflatée.

Le refus de restructurer la finance et ses créances va conduire à des décisions dramatiques. Car les choix sont politiques. Ils sont difficiles, douloureux et surtout déstabilisants. Les précédents historiques sont clairs et instructifs. Ils ne laissent aucun doute sur ce qui va se passer. Le poids des dettes fragmente nos sociétés, les disloque et détruit le tissus social. La construction politique Européenne va vaciller. L’Allemagne va bien entendu refuser de payer pour les autres. A l’intérieur, les consensus vont voler en éclat avec, soit des partis classiques qui se radicalisent, soit des partis nouveaux qui les supplantent.

L’ordre ou ce que les élites dominantes appellent l’ordre va être contesté et c’est à cela qu’ils se préparent. Durement. Comment comprendre autrement la férocité de la leçon qui a été donnée aux Grecs qui ont tenté de se rebeller ?

Alors que des journalistes Allemands sont menacés et accusés de trahison par le Procureur Général pour avoir révélé la mise en place de dispositifs de contrôle et d’écoutes, la presse Britannique a choisi de monter les faits en épingle. Bravo.

Nous apportons notre contribution par le rappel de la célèbre lettre de Martin Luther King que nous avons déjà publiée par ailleurs.

Puissent tous ceux qui se sont sont fait flouer par le sinistre « Je suis Charlie » auquel Merkel elle même a assisté, prendre le temps de la lire et de la méditer.

Le problème de la Loi , des lois justes et injustes est vieux comme le monde. Vieux comme le Pouvoir. Il nous a donné les plus touchantes tragédies dont l’une des plus belles : Antigone. »

Lire la suite sur le blog de Bruno Bertez

Rappels :

Le mécanisme de votre spoliation en cas de chute de la Bourse (B. Bertez)

Le 10 juillet 1940, 80 parlementaires sur 649 ont voté contre les pleins pouvoirs à Pétain. Hier, 86 députés sur 524 ont dit non à la surveillance généralisée des Français

Recette de cuisine : la République à l’étouffée (L. Chemla)

A propos Olivier Demeulenaere

Olivier Demeulenaere, 51 ans Journaliste indépendant Macroéconomie Macrofinance Questions monétaires Matières premières
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10 commentaires pour Les lois scélérates se multiplient (B. Bertez)

  1. raimanet dit :

    A reblogué ceci sur Boycott.

  2. zorba44 dit :

    Tant qu’il y aura des articles comme celui-ci et ceux qui les lisent ou les véhiculent, tant que la résistance même microscopique subsistera, tant que l’ordre (le nouveau) sera contesté il y aura nécessairement un retournement de situation car, encore une fois, les estomacs affamés n’auront plus rien à perdre et les loups viendront attaquer et dépecer leurs prétendus maîtres.

    Jean LENOIR

  3. Trend dit :

    Que la France marche dans le droit chemin, plus de discpline, elle en a bien besoins avec plus de mille emplois perdu par jour…..

    • zorba44 dit :

      Que voulez-vous dire exactement ? Vous dénoncez les emplois quotidiens perdus, ou, vous avalisez le système qui met la France dans cet état d’érosion sociale ? …ou autre chose ?

      Jean LENOIR

      • Trend dit :

        Un peu de tout comme le plateau de fromage…
        Rien ne change tout se transforme mais la composition reste la même…
        Zorba44 va augmenter son % de cheveux blancs

      • zorba44 dit :

        A vous étonner …mais depuis dix ans mon léger pourcentage de cheveux blancs est inchangé et, selon ma tendre moitié (qui me voit avec les yeux de l’amour), la surface de ma tonsure (que je ne vois pas) est en diminution ! LOL

        Jean LENOIR

  4. master t dit :

    Texte pamphlétaire d’une excellente facture qui appelle un chat , un chat.

    « La multiplication des Lois sert un Projet inconscient du Système : vous mettre en faute perpétuelle afin que vous baissiez la tête. Faire de vous des sujets. »

    Les « mange peuple », comme les dénoncait De La Boetie, ne peuvent asseoir leur pouvoir que par le seul constat qu’en face les peuples sont en état de servitude volontaire… la servitude volontaire est autant le fruit de l’aveuglement volontaire que de la résignation.
    Une société déclinante, qui s’entropise, suit le procédé parallèle d’expansion de ses lois… plus il y a de lois, plus la société est malade.
    Les lois quantitatives sont les lois de la complexification; celles-ci ont besoins de plus en plus d’énergie pour maintenir la survie du systeme… le systeme survie par la croyance qu’on lui porte et se maintient par la distribution des flux qui irriguent les organes/organismes/systemes afférents. Hors, plus il y a besoins d’énergie, plus le rendement marginal devient décroissant; du moins est-ce le cas dans un systeme thermodynamique. (C’est par exemple le cas avec la fiscalité et la courbe de Laffer). (1)
    Les lois liberticides et répressives sont les symptomes d’une maladie sociétale qui progresse en s’inflatant continuellement, et dont les remèdes concourent à la prolifération des tumeurs qu’elles sont sensées éradiquer.
    Si le systeme se métastase c’est que les modèles qui nous servent de logiciels d’exploitation dérivent à la manière de leurs concepteurs… En effet, plus il y a corruption morale au seins des élites-systeme, plus il y a besoins en retour de la nécessité croissante de consolider les bases et les substructures de la société… la fragilisation ne découle pas des procédés en usage mais bien de ce qui constitue en amont la raison première, incidentielle, des événements constatables: l’état d’Etre psycho-affectif qui prolonge les actes de toute une élite noyée dans sa réalité fangeuse, fantasmée, et servant de référentiel à la population.
    Confucius insistait très lourdement auprès des élites de son époque pour que celles-ci soient moralement irréprochables, car « ce qui est en haut est semblable à ce qui est en bas! » (Hermes), il n’ y avait pas contradiction entre une élite savante et moralement irréprochable et un peuple paysan inculte mais doté d’une saine moralité… Dans un corps social, qui est la Nation, le cerveau ne lutte pas contre les autres organes, chacun trouve sa place dans une acception bénéfiquement osmotique.

    « Le temps présent est celui qui est mis à profit pour encadrer, pour quadriller, pour préparer, se doter de l’arsenal de maintien de l’ordre. Mais pendant ce temps, la crise continue de saper les bases de nos sociétés par le mensonge de la fausse monnaie, des fausses statistiques, et des fausses promesses. Ah 2017 ! »

    L’art du mensonge… c’est avant tout l’art de la guerre.
    Faire croire, c’est faire prendre un pari à l’adversaire que les choses sont, justement, ce qu’elles ne sont pas.
    C’est faire croire, dans l’expectative de controler les instincts et les raisonnements. Obtenir de vous des actes qui vous déserviront… c’est un acte de soumission à l’ordre imposé du dehors, distillé et instillé dans l’Etre qui le pense venus de soi… usage de son libre arbitre croit-il.
    Pour qu’une stratégie élaborée sur du vent soit efficace, -celui que souffle l’élite et sa classe de kapos zélés: les médias-, il faut que ce vent sente la vérité, et combien meme on n’en serait point dupe, on comptera sur la paralysie qu’elle occasionne dans un environnement entièrement travestis auquel on ne peut échapper… le « non-choix ».

    On construit pour nous un décorum trompeur, on artificialise la réalité, on la détourne, on la conduit à la facon d’un maitre de cérémonie qui nous dit, répète ad nauseum, ce qu’il faut penser et faire mais aussi ou nous placer dans ce cirque.
    La complexification qui a cours se veut le produit du progressisme, plus les choses empirent plus elles servent l’élite et en écho, plus on nous vantera que c’est le progrès… « Le progrès ne vaut que si il est partagé par tous »… c’est meme la marque sensible du socialisme: vendre ce qui est à priori invendable pour tous…à l’exception d’eux meme!.(la plupart du temps)
    Aux situations compliquées, les remèdes simples. Au règne de la quantité se profile celui du travestissement de la qualité… quantité et qualité sont les 2 faces d’une meme médaille, celle du systeme.

    2017 approche… effectivement, on nous remettra l’addition… et quelle addition!.

    (1) Loi des rendements marginaux décroissants (définition) : lorsque l’on augmente la quantité d’un facteur (l’autre restant fixe) on constate que la productivité marginale augmente dans un premier temps puis diminue dans un second temps (phase de rendements marginaux décroissants).

  5. téléphobe dit :

    Le spectacle n’est pas terminé : bientôt les veaux vont élire un vieux ‘young leader’ repris de justice – vivement le « Juppette Show » ;o)

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