La hausse des taux et votre appauvrissement : le débat sur le Grand Transfert (B. Bertez)

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« Nous avons abandonné depuis longtemps toute velléité de fournir des prévisions sur l’évolution des Bourses. Ce n’est pas par peur du risque de réputation. C’est par peur de vous faire perdre de l’argent au-delà de ce que vous perdez déjà et de ce que perdrez dans le futur. Pour nous la Bourse est un jeu perdant structurel, comme celui des casinos qu’il imite de plus en plus. Dans notre conception la hausse des Bourses n’est jamais qu’un piège car nous raisonnons en termes de classe, comme les classes sociales de Marx. La classe des joueurs dans son ensemble n’a aucune chance de gagner car pour tout vendeur il faut un acheteur et par conséquent sauf à trouver des gogos sur la planète Mars, quand on voudra sortir des marchés on se ruinera soi même, on ruinera la classe des joueurs.

Toute la politique des gouvernements et des planificateurs banquiers centraux vise à réaliser le Grand Transfert, c’est à dire celui de votre Patrimoine vers les Gouvernements et les Banques. Vous avez l’argent qui leur manque ! Nous laissons de côté la politique intermédiaire que l’on voit en ce moment et qui consiste au niveau mondial à ce que le couple maudit Gouvernement/Banques essaie de confisquer le cash excédentaire des entreprises par les réformes fiscales dites de lutte contre l’évasion.

Votre patrimoine est considéré comme trop important en regard des déséquilibres du Système ; les banques et les gouvernements lorgnent dessus. Ils sont sur-endettés à votre égard et ils aimeraient bien que cette dette se réduise afin d’échapper à la fragilité et à l’instabilité.

Nous sommes dans une phase ou ils considèrent que les impôts sur les particuliers sont à leur maximum, il est difficile d’augmenter le pillage et la prédation sans casser la machine économique. Il faut, pour prélever, utiliser l’ingénierie financière et monétaire. Et la manipulation, la gestion des marchés d’actifs à pour objectif à long terme, de réaliser ce transfert. De pallier l’insuffisance des impôts.

Contrairement à la conception courante, leur politique ne consiste pas à créer un effet richesse, cela c’est pour les médias et les naïfs. Ils font monter les prix des actifs financiers cotés sur les marchés certes, mais c’est une hausse théorique, fictive, de la paper-wealth, qui n’est de la richesse que potentielle. On vous montre les gagnants de la loterie, les gagnants du casino pour vous attirer, vous, le gogo. La richesse est fictive. Si la masse des acheteurs de ces billets de loterie venait à chercher à réaliser, à concrétiser cette soi-disant fortune, alors tout s’effondrerait. Ce n’est pas leur objectif ou plus précisément, ce n’est pas leur objectif pour le moment, il est trop tôt. Ceci est le lien avec la question de l’opportunité de monter les taux dès maintenant ou plus tard. Nous verrons plus bas en effet que le moyen privilégié de réaliser le Grand Transfert, c’est la hausse des taux.

Ce qui les intéresse c’est l’illusion, l’impression de richesse et c’est tout différent de la vraie richesse. Ils cherchent à vous donner l’illusion que vous êtes plus riches, pour que vous modifiez vos comportements. Par exemple pour que vous achetiez plus, que vous contractiez du crédit, que vous investissiez etc. Ce qu’ils veulent c’est vous donner l’illusion que cela va bien et que cela va aller encore mieux si vous abandonnez votre frilosité. Ils veulent augmenter la propension à vous dessaisir de votre argent. Ils veulent que vous pariez, que vous jouiez votre patrimoine sur l’espoir d’un futur plus rose. Ils veulent en un mot, que vous abandonniez votre prudence et votre bon sens pour faire tourner la machine, la machine qui assoit leur pouvoir sur vous, la machine qui, si elle tourne, leur permet de rester en place. Et de vous dominer. Ils veulent que vous accomplissiez votre triste fonction systémique de hamster dans sa cage, de hamster, qui fait tourner sa roue. Avez vous remarqué qu’en tant que hamster vous n’avez même plus droit aux miettes du progrès, aux miettes de la productivité ; ils luttent contre la baisse normale des prix qui découle des progrès des fabrications et baissent vos salaires !

La gestion de la tendance de ces marchés financiers, la gestion des cycles de hausse et de baisse , leur gestion de la volatilité sont le moyen de vous spolier.

Quand les gouvernements et les banques s’endettent envers vous et vous vendent du papier, ils extraient de votre patrimoine des ressources réelles, ils attirent vers eux des ressources. Leur intérêt est de vous vendre tout cela le plus cher possible pour vous prendre le maximum. Quand sur les marchés la valeur des papiers monte, ils en émettent beaucoup , des tombereaux. C’est même le moment ou ils en émettent le plus, comme ces derniers mois ou on a battu tous les records. Ils vous vendent très cher du papier; très cher cela veut dire qu’il rapporte très peu.

Quand sur les marchés le prix de ce papier baisse, alors la valeur de leurs dettes se réduit, vous vous appauvrissez si vous vendez. Eux s’enrichissent, car la charge de leurs dettes, si ils les rachètent s’amenuise. Les banques s’enrichissent sur votre dos quand elles vous vendent leurs dettes cher en raison d’un rendement minuscule. Quand les taux d’intérêt montent, les dettes nouvelles rapportent plus que les anciennes et les marchés vendent donc les dettes anciennes pour acheter les nouvelles plus intéressantes. Ainsi les dettes anciennes se déprécient. La hausse des taux est un processus de dépréciation/destruction, tout comme la baisse des taux est un processus de revalorisation.

Ce qu’il faut comprendre c’est que la situation est dissymétrique entre les gogos comme vous et les émetteurs comme les Banques et les Gouvernements,  car eux ont le pouvoir de création monétaire infini et… l’éternité devant eux. Vous, vous êtes dans la finitude.

Comme les taux actuellement sont à zéro, voire négatifs, un jour ou l’autre ils ne pourront que remonter et donc mécaniquement les dettes anciennes vont se trouver automatiquement dévalorisées. C’est par ce processus entre autres que s’effectuera ce que nous appelons le Grand Transfert. Ils vous auront vendu à 100 quelque chose qui ne cotera plus que 40 sur les marchés et ils n’auront qu’à se baisser pour ramasser ce que vous vendrez, car vos banquiers vous conseillerons de vendre, n’est-ce pas, et eux ils auront tout l’argent nécessaire pour se goinfrer de ce que vous braderez puisqu’ils ont le pouvoir de créer de la monnaie à l’infini, sans contrepartie.

Il est évident que nous caricaturons pour les besoins de l’exposé.

Le débat sur le calendrier de la hausse des taux dans le monde est un débat central, puisqu’il s’agit de savoir si oui ou non, c’est le moment de ratisser, de confisquer les mises des joueurs, de faire passer le râteau du croupier du casino ou si il faut encore attendre un peu.

Les USA seraient tentés de le faire dès maintenant car leur situation relative est bonne. Leurs concurrents stratégiques sont au contraire en position de faiblesse. Si les Etats-Unis le font maintenant, ils feront d’une pierre deux coups, puisqu’ ils assainiront leur propre système tout en affaiblissant celui de leurs compétiteurs stratégiques.

C’est la position et la thèse des néo-cons, ils disent qu’il faut prendre le risque de faire souffrir un peu les Américains par la hausse des taux, c’est un créneau d’opportunité qui ne se représentera peut-être plus.

Mais ces néo-cons sont d’un autre âge, ils négligent le fait qu’une grande partie du business américain est globalisé, ouvert sur le monde et dépendant de ce qui se passe ailleurs. C’est l’interconnexion.

L’impérialisme n’est plus ce qu’il était ; il faut tenir compte de ce qui se passe ailleurs, si on ne le fait pas, on se tire une balle dans le pied ».

Bruno Bertez, le 8 octobre 2015

Rappel :

L’addition de la crise approche, apprendre à penser comme les Maîtres (B. Bertez)

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A propos Olivier Demeulenaere

Olivier Demeulenaere, 52 ans Journaliste indépendant Macroéconomie Macrofinance Questions monétaires Matières premières
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Un commentaire pour La hausse des taux et votre appauvrissement : le débat sur le Grand Transfert (B. Bertez)

  1. zorba44 dit :

    Belle analyse

    Jean LENOIR

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