Premier bail-in en Italie, un client de banque se suicide ! (B. Bertez)

bail-in-suicide

« On appelle « bail in » la procédure par laquelle en cas de difficultés d’une banque, on prend l’argent de ses créanciers afin de la sauver. Les dépôts bancaires sont une créance. Ceux qui ont un compte en banque sur lequel ils ont de l’argent sont des créanciers de cette banque, donc ils seront appelés en cas de besoin, à renflouer cette banque. Leurs avoirs seront amputés.

Si la banque est en difficulté, c’est parce qu’elle a commis des opérations risquées, spéculatives au profit de ses actionnaires, de ses managers et de son encadrement supérieur. Vous, vous n’avez pas bénéficié de ces opérations spéculatives ; votre rémunération en banque est nulle et au contraire, on vous prélève des frais à chaque occasion.

Quand les problèmes ne se manifestent pas, tous ces gens encaissent, s ‘enrichissent, vivent dans le luxe. Quand, cela va mal, ils ne remettent rien au pot, ne remboursent pas, c’est à vous que l’on demande de les renflouer. Dans renflouer, il y a « flouer », vous me comprenez. C’est la privatisation des gains et la socialisation des pertes.

Les propriétaires des banques sont des ploutocrates qui veulent la rentabilité maximum sur l’argent qu’ils ont investi, ils veulent beaucoup de profits en misant le minimum, c’est à dire en ne mettant que peu de capital dans la banque. Les capitaux propres de toutes les banques ont insuffisants et les comptes, les bilans sont faux. On n’évalue pas les choses à leur vraie valeur, mais à une valeur de convenance. En effet les mauvaises créances ne sont pas évaluées à leur juste valeur et si elles l’étaient, alors les fonds propres seraient réduits à due concurrence des pertes et amputations. Il y a des centaines de milliards de créances douteuses en Europe, dont près de 300 Milliards en Italie. On connait le chiffre Italien parce que le gouvernement se bat avec les autorités Européennes pour avoir le droit de créer une « bad bank », une banque pourrie dans laquelle il mettrait toutes les mauvaises créances pour les restructurer et alléger le bilan des banques des kleptos. On leur ferait un cadeau colossal pour qu’elles consentent à nouveau à faire leur métier : prêter !

Si les Bourses viennent à chuter ou les taux d’intérêt à monter, ce qui arrivera obligatoirement, les les pertes des banques vont être multipliées. C’est une course de vitesse, elles engrangent au maximum maintenant, font des provisions pour tenter d’être capables d’absorber les pertes à venir. C’est pari perdu, nous vous l’assurons. Les chiffres ne trompent pas.

Les bails-ins sont un scandale, une spoliation qui n’a été votée par personne, le peuple souverain n’a pas été consulté alors que cela peut représenter un prélèvement qui sera un multiple de vos impôts.

On vient de procéder à un bail-in en Italie. La Banca Etruria a tourné de l’oeil, et un retraité a perdu 100 000 euros dans le bail-in ; il s’est suicidé laissant une lettre qui incrimine la banque.

Les bail-ins sont peu connus, on s’efforce de cacher leurs modalités et même leur existence. La presse MSM, les Télés aux ordres font en sorte de les ignorer et vont même jusqu’à écrire ou dire des contre-vérités. Nous attendons la « une » d’une télé sur le suicide du retraité italien….

Le chef de la supervision bancaire en Italie vient lui aussi de lancer un cri d’alarme, selon Carmallo Barbagallo, qui est un type bien, pas pourri, les bails-ins, quand le public va se rendre compte qu’ils existent, sont contre-productifs,  « ils vont alimenter la méfiance des déposants et provoquer de l’instabilité financière ».

On ne peut mieux dire, non seulement les kleptos vous prennent votre argent, mais en plus ils vont provoquer une nouvelle crise. Les bails-ins sont l’une des plus grandes erreurs de tous les temps, à mettre au même rang que celle de Merkel qui a voulu avec l’aide de Sarkozy, faire perdre de l’argent au secteur privé sur le sinistre grec, ce qui a précipité la crise et l’a rendue ingérable. L’enfer est dans ce cas, pavé de mauvaises intentions ».

Bruno Bertez, le 12 décembre 2015

Quelques rappels :

Banques, la spoliation des déposants est décidée, un accord historique ! (B. Bertez)

Le mécanisme de votre spoliation en cas de chute de la Bourse

Alerte : La directive BRRD, et donc la ponction des comptes bancaires, est désormais légale en France (Ph. Herlin)

[Piqûre de rappel] En janvier 2016, les banques pourront ponctionner directement vos comptes bancaires

 

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A propos Olivier Demeulenaere

Olivier Demeulenaere, 52 ans Journaliste indépendant Macroéconomie Macrofinance Questions monétaires Matières premières
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15 commentaires pour Premier bail-in en Italie, un client de banque se suicide ! (B. Bertez)

  1. Ping : Premier bail-in en Italie, un client de banque se suicide ! (B. Bertez) Actualités

  2. zorba44 dit :

    Dommage que ce retraité n’ait pas lancé une grenade ou incendié le parlement italien avant son geste fatal…
    Oui quand on va se rendre compte…

    Banksters pires dans leur genre que le champion du Ponzi (le signataire a oublié son nom) qui pourrit en prison, car, en ce cas, les investisseurs qui lui confiaient leurs fonds étaient des imbéciles aveuglés par la gourmandise !

    Jean LENOIR

  3. Trend dit :

    En effet c’est assez grave, d’après  » Il Sole Ore » , journal régulièrement invité lors des conférences de presse de la BCE, un membre du mouvement 5 étoiles membre du comité des finances du sénat itailen, a engagé une bataille contre le décret qui autorise le bail in ( c’est le seul parti qui s’y oppose [ 25 % de vote lors des dernières élections] ). Sauf erreur de ma part ce sont quatres banques et non cellement Banca Etruria qui sont dans ce cas de bail in.
    En résumé: Banca Etruria, Banca Marche, Banca CariFerrara, Banca CariChieti sont en faillite.
    De plus le gouvernement italien a appliquera le décret du bail in dimanche 12/12/16 alors qu’il devait l’appliquer le 1er janvier 2016. Plus pourri tu meurs !
    Ce qui est prévu pour ces banques, les actionnaires perdent tout ( c’est le jeu) les obligations n’auront plus que 17 % de leurs valeurs(vive le placemement bon père de famille) , 40 % des pertes seraient reprises par le système bancaire italien. Vingt ans que je suis dans les futures et jamais vu celà !
    Les quatre banques ont une valeur théorique de trois milliards d’euro. Réduit à néant….

    Mais croyez-moi je connais le secteur bancaire et même très ( ancien cambiste) ces banques c’est peanuts par rapport aux autres banques et caisse d’épargnes italiennes qui sont capitalisées plisueurs centaines de fois que ces quatre petites banques insignifiantes.
    Le fond de d’intervention pour toutes les banques italiennes s’élève à SEULEMENT 3,8 MILLARDS d’euro. Franchement celà devient sérieux !!

    source

    Il Sole 24
    Corriere della Sera

    • Oui c’est 4 banques, mais le client qui s’est suicidé était un client de Banca Etruria.

      Quant au fonds de garantie italien ses ressources sont à peu près du même ordre que le fonds de garantie français. On est bien d’accord, leur montant est totalement ridicule.

  4. Nanker dit :

    La métaphore du Titanic pour décrire la situation financière de l’Europe devient de plus en plus d’actualité : pendant que le reste des passagers dansent au son de l’orchestre (= préparent les achats de Noël) sautez dans les chaloupes de sauvetage (= retirez ce que vous pouvez de votre banque).

    2016 sera l’année du grand naufrage… « Préparez-vous il est déjà trop tard… » 😉

    • La métaphore du Titanic… Jean Lenoir va être content ! 🙂

      • zorba44 dit :

        Elle date, elle date, Olivier …plus récemment j’avais manié l’image de l’avion qui monte en chandelle après un piqué et qui donne l’illusion de tenir grâce à son moteur. Seulement tout pilote de monomoteur sait que cela ne dure pas et que l’avion finit par s’arrêter littéralement à la verticale avant de partir en piqué dans le meilleur des cas, mais aussi en feuille « morte »: tout est dit en ce cas et malheur au pilote s’il ne peut s’extraire avec son parachute !

        Cas de figure comme l’autre, on est proche de la fin avec effets de dominos garantis.

        Jean LENOIR

  5. brunoarf dit :

    Le scandale de l’année 2015.

    La Cour des Comptes grecque a calculé que l’Allemagne doit rembourser à la Grèce 278,9 milliards d’euros au titre des dédommagements de la Seconde guerre mondiale.

    L’Allemagne refuse de rembourser cet argent à la Grèce …

    … mais l’Allemagne continue de payer la retraite des soldats espagnols qui ont combattu dans l’armée nazie !

    Lisez cet article :

    L’Allemagne refuse de dédommager les Grecs victimes de la Wehrmacht, mais verse des pensions aux fascistes espagnols de cette même Wehrmacht !!!

    La nouvelle est tombée en Espagne comme une bombe dans la deuxième semaine d’octobre : L’Allemagne paye – encore aujourd’hui ( !) – des pensions aux fascistes espagnols qui ont combattu aux côtés de la Wehrmacht à Stalingrad ! A la suite de cette révélation, l’un après l’autre presque tous les journaux espagnols ont déterré des semaines durant le passé douloureux et consacré nombre d’articles à l’infâme División Azul (Division Bleue) et ses 37.000 volontaires qui, avec la bénédiction du dictateur Franco, se sont trouvés il y a 73-74 ans en Union soviétique pour prêter main forte à l’Allemagne nazie et à sa tentative d’écraser le … bolchevisme !

    Le protagoniste mais aussi le responsable de ce retour inattendu à un passé qu’on croyait définitivement exorcisé, est Andrej Hunko, le député allemand de Die Linke, qui a révélé le scandale par son initiative de demander des explications à la Chancelière Merkel. Connaissant les combats de l’ami Andrej pour la défense des droits du peuple grec, nous osons dire que la motivation première de ses questions parlementaires au gouvernement allemand était de faire découvrir au grand public non pas un, mais deux scandales : celui bien visible du paiement par l’État allemand des pensions aux fascistes espagnols et l’autre, moins visible : celui du refus permanent de l’État allemand de dédommager les citoyens grecs victimes des atrocités nazies !

    Malheureusement, la nouvelle que le gouvernement allemand paie les fascistes espagnols qui se sont battus aux cotés de l’armée nazie en même temps qu’il refuse obstinément de payer des dédommagements aux victimes grecques de la même armée nazie, ne semble pas avoir provoqué l’émoi ni des autorités ni des médias grecs. Aucune réaction, et pire, absolument rien pour informer l’opinion publique grecque. Seulement un silence total et assourdissant….

    Pourtant, ce scandale des scandales ne peut pas rester sans suite. Alors, puisqu’il concentre et combine en lui tous les problèmes de notre temps, le passé cauchemardesque avec un présent et un avenir non moins menaçants, c’est à tous ceux, citoyens grecs, allemands et espagnols qui se sentent directement intéressés, de lui donner la suite qu’il mérite. Et le premier pas vers cette direction est l’interview qui suit. En donnant la parole à Andrej Hunko nous espérons que, cette fois, le mur du silence sera brisé et que les réactions seront à la hauteur de circonstances si critiques.

    http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=16773

  6. rodez21 dit :

    « Les bails-ins sont l’une des plus grandes erreurs de tous les temps »
    Les bails-ins ne sont pas la plus grande erreur de tous les temps. La seule condition est de pouvoir supprimer l’usage du cash et de pouvoir contrôler nos achats par CB, »

    « La métaphore du Titanic » :
    Les passagers de 1ère classe savent qu’il n’y aura pas suffisamment de canots et s’apprêtent donc à passer ceux des secondes par dessus bord (un retraité a perdu 100 000 euros dans le bail-in) mais pourquoi se limiter à 100 000 euros, pourquoi pas 200 000 ou 700 000…

  7. Nanker dit :

    Il faut ajouter par souci d’exactitude que si ce retraité a perdu 100K c’est parce qu’il avait investi ses économies dans un produit financier « ultra-sûr » de sa banque, placement qui s’est naturellement avéré être désastreux.
    Ce n’est donc pas un « bail-in » stricto sensu qui a ruiné ce pauvre diable.

    Si un « renflouement interne » (traduction du « bail-in ») devait se produire en France c’est une ponction d’environ 6% qui serait opérée. Mais comme pourrait dire Sapin : « pourquoi s’arrêter à UN « bail-in, hein François? ». Alors 6% + 6% + 6%, comme ça jusqu’aux présidentielles de 2017?

  8. Jojo dit :

    Il y a une question que je me pose (je n’arrive plus à retrouver l’article): il devrait y avoir un fond de garanties de 55Mds (l’allemagne s’y oppose pour le moment mais il devrait quand même être mise en place lorsque tous les pays membres auront voté la BRRD).

    Pourquoi ce fond est insuffisant pour empêcher les banques de prélever dans les comptes < 100000 € ?

  9. Nanker dit :

    « Pourquoi ce fond est insuffisant pour empêcher les banques de prélever dans les comptes < 100000 € ?"
    Parce qu'on ne joue pas avec 55 milliards mais plutôt 5500 ou 55000… Autant dire que lors de la prochaine grande crise bancaire il n'y aura pas assez d'eau pour éteindre l'incendie financier… Pensez 55 milliards comme 55 gouttes d'eau! Pas assez pour éteindre l'immeuble en feu
    Alors on ira chercher l'eau chez les particuliers 😉

  10. Jojo dit :

    Alors comment mettre son eau en bouteille pour qu’elle ne soit pas directement volée à la source ? Les brokers d’or conseillent d’investir dans l’or mais c’est un discours provenant d’un broker…

  11. Ping : Le pillage des comptes commence… « FNACAB

  12. hodemon42 dit :

    HOLD-UP « LEGAL » PROGRAMME SUR VOS COMPTES EN CAS DE NOUVELLE CRISE FINANCIERE : depuis janvier 2016, la possibilité existe pour les banques qui seraient en situation de faillite de pouvoir prélever et se renflouer directement sur vos comptes !!!

    Pour éviter le risque de vous faire spolier, signez la pétition demandant l’abrogation de l’ordonnance du 20 août 2015 « portant diverses dispositions d’adaptation de la législation au droit de l’Union européenne en matière financière ». Cette ordonnance a transposé en droit français des règles européennes applicables à compter du 1er janvier 2016.

    LIEN PETITION :
    https://www.change.org/p/gouvernement-et-parlement-hold-up-legal-programme-sur-vos-comptes-en-cas-de-nouvelle-crise-financiere?recruiter=279120201&utm_source=share_petition&utm_medium=email&utm_campaign=share_email_responsive

    Parmi ces règles, figurent plusieurs directives européennes adoptées en 2014, dont la directive sur le redressement des banques et la résolution de leurs défaillances, connue des spécialistes sous le nom de BRRD (Bank Recovery and Resolution Directive).

    Quelles sont les conséquences de tous ces textes ?

    En gros, en cas de crise financière et de faillites bancaires, il est prévu de passer du renflouement externe de la banque par l’état et donc par le contribuable (bail-out), à un renflouement interne de la banque (bail-in).

    Plus clairement, avant tout recours à l’argent public, ceux appelés à renflouer des banques en situation de faillite seront en priorité et dans l’ordre :
    – les actionnaires (ce qui est tout à fait normal !),
    – puis ceux qui ont fait confiance à la banque en lui achetant des obligations (là, cela devient discutable),
    – enfin, si cela ne suffit pas, la banque pourra se servir dans les comptes de ses clients (ici, c’est de la spoliation ou du vol légalisé pur et simple) !

    Cette « réforme » passée sous le manteau, en catimini, en pleine période estivale (20 août 2015), l’a été par voie d’ordonnance (art. 38 de la Constitution), pour éviter un débat au Parlement, ainsi que la « publicité » et les remous gênants qu’il aurait pu engendrer.

    Sources :
    – Directive 2014/49/UE du Parlement européen et du Conseil du 16 avril 2014 relative aux systèmes de garantie des dépôts Texte présentant de l’intérêt pour l’EEE et notamment son article 6 et son annexe 1,
    – Directive 2014/59/UE du Parlement européen et du Conseil du 15 mai 2014 établissant un cadre pour le redressement et la résolution des établissements de crédit et des entreprises d’investissement,
    – Règlement n°806/2014 du Parlement européen et du Conseil du 15 juillet 2014 établissant des règles et une procédure uniformes pour la résolution des établissements de crédit et de certaines entreprises d’investissement dans le cadre d’un mécanisme de résolution unique et d’un Fonds de résolution bancaire unique, et modifiant le règlement (UE) no 1093/2010,
    – Ordonnance n° 2015-1024 du 20 août 2015 portant diverses dispositions d’adaptation de la législation au droit de l’Union européenne en matière financière.
    https://www.legifrance.gouv.fr/eli/rapport/2015/8/21/FCPT1509685P/jo/texte, rapport au Président de la République relatif à l’ordonnance n° 2015-1024 du 20 août 2015 portant diverses dispositions d’adaptation de la législation au droit de l’Union européenne en matière financière, .JORF n°0192 du 21 août 2015 page 14646
    texte n° 18,

    D’ailleurs, la presse télévisuelle (sous « influence » ?), ne s’est fait l’écho d’aucune information à ce sujet ! Concernant les journaux, les quelques rares articles sur la question ont été peu relayés : on peut citer notamment les réactions du Figaro (pourtant assez « européiste » !)…

    Rien d’étonnant, donc, à ce que beaucoup d’entre vous n’aient entendu parler de rien : on a voulu éviter tout débat !

    Ce nouveau mécanisme n’est pourtant rien d’autre qu’un remake d’un « test grandeur nature » réalisé à Chypre en 2013 au plus fort de la crise, lorsque les dépôts supérieurs à 100 000 € ont été ponctionnés à hauteur de 47 % !

    Si cela venait à arriver chez nous, nos politiques auraient beau jeu de dire « c’est la faute à l’Europe », « nous n’y pouvions rien », « nous étions obligés »… Bien sûr, ces arguments ne sont pas recevables : l’Europe, nous en faisons partie et la France est la deuxième puissance économique de la zone euro. Dans le cadre du « brexit », les britanniques ont montré, eux, qu’ils savaient se faire entendre… et même parfois « obéir »…

    Alors, qui sont les responsables de cette situation, ceux à qui il faut adresser la pétition ? Ce sont ceux qui ont signé l’ordonnance d’août 2015 qui transpose les règles européennes en droit français, à savoir le Président de la République, M. Hollande, le 1er Ministre, M. Valls, le Ministre des Finances, M. Sapin. On aurait pu y ajouter Mme Taubira, mais elle a depuis démissionné…

    Puisque le « chef de file » de ces signataires est « l’ennemi de la finance », qu’il fasse payer ce qu’il appelle lui-même « la finance ». Cela ne devrait pas être impossible lorsque le Figaro, journal pour le moins « non gauchisant », titre lui-même le 18 janvier 2016 que « 62 super-riches possèdent à eux seuls autant que la moitié de la planète » en se référant au rapport oxfam, ou quand ce même journal souligne encore que « les 500 premières fortunes professionnelles de France détiennent à elles seules 460 milliards d’euros. Un record depuis 1996… ». On croirait lire l’huma !!!

    Sources :
    http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2016/01/18/20002-20160118ARTFIG00009-oxfam-1-de-la-population-mondiale-possede-autant-que-les-99-restant.php)
    http://www.lefigaro.fr/argent/2015/07/09/05010-20150709ARTFIG00079-les-500-francais-les-plus-riches-possedent-460-milliards-d-euros.php

    Mais revenons au bail in et à la mise en œuvre du mécanisme de renflouement en cas de crise bancaire…

    J’entends déjà les plus sceptiques d’entre vous dire:
    – cela n’arrivera pas, aucune banque ne fera faillite,
    – si cela arrive, cela ne concernera que les plus riches, je ne suis donc pas concerné,
    – la déclaration des droits de l’homme et le droit imprescriptible de propriété sur nos biens empêcheront cela !

    Détrompez-vous !

    Reprenons chacune de ces remarques.

    Cela n’arrivera pas ? Aucune banque ne fera faillite ?

    Philippe Herlin, chercheur en finances, chargé de cours au CNAM affirme qu’ « en cas de crise bancaire, les épargnants seront en première ligne et subiront de lourdes pertes… ». « Chacun doit désormais le savoir, si votre banque fait faillite, elle aura légalement le droit de se renflouer en puisant dans vos comptes, que ce soit en France ou très bientôt dans la totalité des pays européens » (19 octobre 2015).

    Sources :
    https://www.goldbroker.fr/actualites/alerte-directive-brrd-ponction-comptes-bancaires-desormais-legale-france-869

    Charles Gave, économiste et entrepreneur français, spécialiste des marchés financiers, invité à BFM Business le 13 octobre 2014 soulignait la situation préoccupante des banques européennes et parlait pour 70 % d’entre elles de risques de « quasi-faillite », en faisant allusion au niveau de leurs fonds propres.

    Tout récemment, l’économiste Jacques Sapir écrivait sur l’actualité économique : « dans le mouvement de baisse que l’on observe sur les principales places boursières européennes, les sociétés les plus attaquées sont les banques. Ceci n’est pas étonnant car une crise bancaire larvée est en train de se développer au sein de la zone Euro… » (9 février 2016).

    Sources :
    http://www.marianne.net/russe-europe/fin-union-bancaire-100240077.html

    Si cela arrive, cela ne concernera que les plus riches, je ne suis donc pas concerné ? Le droit imprescriptible de propriété empêchera cela !

    Reprenons plus en détail le mécanisme du bail in pour mieux comprendre.

    La réalité est que les États ne veulent plus prendre le risque de devoir à nouveau intervenir pour sauver des banques en difficulté.

    En cas de faillite d’une banque, les actionnaires seront bien sûr en « pole position » pour encaisser les premiers coups, puis les détenteurs d’obligations… Les fonds des déposants qui, selon le mécanisme du bail in, sont théoriquement garantis jusqu’à 100 000 € et non garantis au-delà, seraient touchés en dernier. Précisons que pour les assurances vie, le niveau des fonds garantis tombe à 70 000 €. Précisons également que les déposants et épargnants ne sont pas considérés comme propriétaires de leurs avoirs, mais comme des créanciers de la banque.

    Notons tout d’abord que les catégories moyennes peuvent être plus que concernées (plus de 70 000 € en assurances vie peuvent être le fruit d’une « vie de labeur et d’épargne ») : on est pourtant encore très loin des fortunes colossales dont disposent ceux que le Figaro désignent sous le terme de « super-riches », comme nous l’avons souligné plus haut.

    Relevons également qu’en théorie, les plus petits déposants seraient exclus du renflouement interne, vu les niveaux de garanties précités.

    En outre, ces garanties sont théoriquement assurées par un Fonds de garantie des dépôts auquel les banques contribuent.

    Ce qui inquiète, c’est que des initiatives ont déjà été prises par le gouvernement français tendant à demander à la Commission européenne une baisse substantielle de la contribution des banques françaises au Fonds national de garantie des dépôts. «C’est un peu comme si un assureur proposait à un assuré de réduire sa prime d’assurance, alors que son risque augmente de manière très importante ! ».

    Ce qui inquiète encore plus, c’est que face au 2 500 milliards que représentent nos placements bancaires (hors détention directe de titres), le fonds de garantie n’annonce pouvoir disposer que de 3 milliards, dont 700 millions d’euros pour dédommager les titulaires d’assurances vie et produits de capitalisation ou de retraite.

    Cela veut dire mathématiquement que l’on ne peut garantir que 30 000 déposants à hauteur de 100 000 €… Et les autres ?

    Le comble est qu’une part substantielle du Fonds de garantie des dépôts est lui-même placé en « monétaire », ce qui en gros veut dire que le Fonds reprête l’argent aux banques elles-mêmes (cherchez l’erreur) !

    Que se passera-t-il si le fonds de garantie ne peut plus garantir ? Que se passera-t-il quand les «gros et moyens déposants » seront rincés ?

    Réponse : quand il n’y aura plus de grives, on mangera des merles ! En clair, les niveaux garantis seront susceptibles d’exploser et il ne faut dès lors pas exclure que de très nombreux déposants puissent être touchés.

    Sources :
    https://www.goldbroker.fr/actualites/banques-fran%C3%A7aises-pourraient-moins-contribuer-garantie-depots-743 (mars 2015)
    https://www.garantiedesdepots.fr/fr/fonds-de-garantie-des-depots-et-de-resolution/financement-du-fgdr

    Crise de la dette, mon épargne en danger ! Débat : Delamarche, Herlin, Lecoq Vallon, Feron-Poloni (https://www.youtube.com/watch?v=dXruQqAOgWA)
    http://www.fbf.fr/fr/files/9NJCEC/Rapport-observatoire-epargne-reglementee-2014-BDF.pdf

    Ajoutons qu’aucune compensation n’est prévue par les textes concernant les sommes « confisquées » (dettes de la banque envers les déposants et épargnants) : à tout le moins, des titres de participation les faisant entrer au capital de la banque auraient pu être prévus en contrepartie. Une fois la banque renflouée, ils auraient ainsi vocation à profiter d’un éventuel redressement…Mais ce n’est pas le cas.

    Aujourd’hui, les banques « jouent » (parfois gros) avec nos avoirs et leurs actionnaires en tirent des profits plus que substantiels, alors que les déposants se partagent des « miettes ». Demain, c’est par contre nous, déposants et épargnants, qui pourront être appelés à supporter les risques pris par ceux qui « jouent » avec notre argent !

    Au final, on veut nous faire croire que le contribuable ne fera pas les frais d’une crise bancaire, mais cela reviendra au même car il pourra en supporter les conséquences en tant que déposant ou épargnant : la boucle est bouclée !

    Un dernier mot à tous les esprits savants qui soutiennent que tout cela ne peut pas arriver : si cela ne peut pas arriver, pourquoi prévoir alors la procédure de bail in et pourquoi prévoir qu’elle puisse concerner déposants et épargnants ?

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