[Suicide collectif ?] La grande réalité dans le monde en 2016 : l’hiver démographique

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« Le Daily Telegraph de Londres propose en ce début d’année 2016 une carte du monde du vieillissement des populations : c’est la grande réalité qui frappe la majorité des pays du globe, avec toutes les conséquences désastreuses qu’il faut y associer. L’hiver démographique est déjà une réalité dans de nombreux pays, et si certains pays semblent épargnés, c’est davantage en raison d’une espérance de vie plus courte que parce que la natalité y serait meilleure.

La carte interactive proposée par le site du journal indique le pourcentage de la population âgée de 65 ans et plus aujourd’hui et celle projetée en 2100 pour la plupart des pays du monde.

Seule une partie des pays d’Afrique noire, la Libye, le Venezuela, la Bolivie et l’Irak seront véritablement épargnés d’ici à 2100. « Les économies avancées prennent le risque d’avancer tels des somnambules vers la réalité d’une croissance durablement réduite et une augmentation de leur dette si ceux qui déterminent les politiques publiques ne tiennent pas compte du vieillissement des populations », avertit l’auteur de l’article, Szu Ping Chan.

Hiver démographique dans le monde : moins de naissances, plus de vieillards

Depuis le Japon, triste pionnier de la tendance où la vente de couches pour vieillards incontinents a dépassé celle des couches pour bébés pour la première fois en 2012, jusqu’à la Chine où la population active commencera à rétrécir dès cette année d’après HBSC, on peut faire le tour du monde par l’Amérique et l’Europe en retrouvant le même problème, à des degrés divers de gravité.

L’ONU estime aujourd’hui que le nombre de personnes âgées entre 16 et 64 ans a atteint son pic en 2010. Ses projections prévoient que 2047 sera l’année où le nombre de personnes de 60 ans et plus dépassera pour la première fois, au niveau mondial, celui des enfants. Ces « seniors » étaient 841 millions en 2013, leur nombre devrait plus que doubler d’ici à 2050 pour atteindre quelque deux milliards.

Même en tenant compte du fait qu’on « vieillit » plus tard et que l’âge de la retraite est repoussé dans de nombreux pays et a vocation à l’être davantage, les implications sociales et économiques de la situation seront lourdes, d’autant que le nombre des personnes très âgées est lui aussi annoncé en forte hausse dans les 50 années à venir. Ainsi les projections actuelles fixent leur proportion à 7,4 % de la population britannique en 2065, contre 0,7 % en 1965 et 2,4 % actuellement. Moins de naissances, durée de vie allongée : le « mix » est inquiétant.

En 2016, de nombreux pays font déjà face à l’hiver démographique

Contrairement à ce que l’on pourrait imaginer, la baisse du nombre d’actifs ne sera pas synonyme de baisse du chômage : le travail n’est pas un gâteau à partager. Le poids des retraites et du financement pèsera précisément sur les actifs, alourdissant le coût du travail. A quoi s’ajoute le fait qu’une population active moins importante et le rétrécissement général de la population implique une demande moins forte et donc moins de croissance.

Les personnes âgées consomment également de manière différente : elles ont tendance à prendre des logements moins petits, à faire moins de dépenses si ce n’est dans le domaine de la santé et des services à la personne.

Pour HSBC, le potentiel de croissance au cours de la décennie à venir perdra déjà 0,6 points par rapport à la période de 2005-2015 en raison de l’hiver démographique : « Sans enfants pour refaire la force de travail et pour devenir des consommateurs potentiels, la perspective de la croissance se détériore de manière significative », souligne l’un de ses économistes, James Pomeroy : « Après avoir apporté un dividende à la croissance globale pendant des décennies, la démographie va désormais faire reculer les taux de croissance de manière assez significative », assure-t-il.

La réalité, c’est que le rétrécissement de la population entraîne celui de la croissance

« Il n’est de richesse que d’hommes » ? Après des années à nous parler de surpopulation – et à promouvoir le contrôle de la population –, voilà que l’on découvre les affres de la dépopulation. De fait, les bases d’imposition et les rentrées fiscales vont se replier dans de nombreux pays en même temps que le nombre de retraites à servir ne cessera d’augmenter : « Les gouvernements se trouveront face au choix d’emprunter davantage ou de dépenser moins », note le Telegraph.

Alors que la Commission européenne estime que le taux de dépendance des personnes âgées de 65 ans et plus par rapport aux 15 à 64 ans va passer de 27,8 % aujourd’hui à 50,1 % en 2060 en Europe (deux actifs pour un retraité), le vice-président de la BCE, Vitor Constâncio, parle carrément d’un « suicide démographique collectif ».

La violence des mots est proportionnelle à l’aveuglement volontaire qui a sévi depuis de longues années en Europe où tout a concouru, depuis le démantèlement progressif voire l’absence d’une vraie politique familiale, à l’encouragement public à la déliquescence des mœurs, à affaiblir la famille et à marginaliser la famille nombreuse. « Suicide collectif », peut-être. Mais l’impulsion est venue d’en haut et la mentalité contraceptive est imposée publiquement jusque dans l’enseignement primaire.

« Suicide démographique collectif » : qui est coupable ?

Certaines populations ont une santé suffisante pour travailler plus longtemps, comme au Japon et en Nouvelle-Zélande où 40 % des 65 à 69 ans sont au travail. Ce n’est pas le cas au Royaume-Uni où la proportion de malades chroniques dès 60 ans augmente, alors même que la durée moyenne des retraites à quintuplé au Royaume-Uni entre 1950 et aujourd’hui, passant de quatre à vingt ans.

Peut-on inverser la tendance à la dénatalité ? Aujourd’hui, au niveau mondial, le taux de fécondité est passé à 2,5 enfants par femme contre 5 enfants par femme en 1950, et la tendance reste à la baisse : on prévoit un taux de 1,8 à 2,2 au niveau global en 2050, alors qu’il faut 2,1 enfants par femme (dans les pays développés) pour maintenir le niveau de la population. Dans les pays développés, justement, on est en général loin du compte.

Hiver démographique et immigration, un tandem désirable ?

Tous ces discours aboutissent à une même solution officiellement prônée : celle adoptée sous couvert d’humanité par Angela Merkel : favoriser l’immigration dans les pays les plus atteints – l’Allemagne en fait justement partie. Mais alors que les migrants sont perçus comme des travailleurs de seconde zone, capables seulement de prendre des emplois d’ouvriers ou d’employés, le discours des économistes vise aujourd’hui à préconiser leur pleine « intégration » dans l’ensemble de la société, du monde éducatif et du monde économique, pour éviter toute « ghettoïsation ».

Cela ne peut se faire sans intégration culturelle et religieuse, et on sait qu’aujourd’hui cela ne se conçoit pas autrement, au niveau officiel, que par un nivellement relativiste ».

Anne Dolhein, REINFORMATION.TV, le 4 janvier 2016

Rappels :

« L’Allemagne est un géant de pacotille » (O. Gersemann)

Immigration et mondialisation (G. Pince)

Le ministre japonais des Finances : « Que les personnes âgées se dépêchent de mourir »

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A propos Olivier Demeulenaere

Olivier Demeulenaere, 52 ans Journaliste indépendant Macroéconomie Macrofinance Questions monétaires Matières premières
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6 commentaires pour [Suicide collectif ?] La grande réalité dans le monde en 2016 : l’hiver démographique

  1. zorba44 dit :

    Mais oui, Olivier, le signataire n’est pas heureux de voir que tout ce qu’il a écrit sur le sujet dans des revues professionnelles au début des années 1990 se réalise pleinement.
    En fait la problématique n’est pas tant celle de la fécondité que celle des déficits sociaux engendrés par le départ de plus en plus tôt de jeunes retraités qui vont consommer force médecine pour « durer » en ne foutant rien.

    L’article est très pertinent quand il souligne que les pays où l’on travaille tard, tels que la Nouvelle Zélande, surmontent les handicaps de la montée des seniors – et de souligner que le taux de non emploi y est remarquablement bas. Le fait de vieillir et de travailler permet, au contraire, de lever les hypothèques des cotisations retraites reversées à des flopées de retraités qui entretiennent déficits sociaux, baisse de pouvoir d’achat et de chômage.

    L’effondrement cataclysmique précédé encore par des secousses sociales sans précédent, fera mieux pour rétablir les comptes : les vieux inactifs, grabataires mourront littéralement de faim faute de pouvoir être nourris. Et s’ils ne l’étaient pas la jeune génération se chargera de les éliminer au sens propre ( son écrit de l’époque était, il s’en souvient, de les égorger… ») pour ne pas crever de faim elle-même et pour vampiriser ce qu’il reste de leurs actifs.

    Tous les compteurs sont au rouge, partout : et on voudrait faire croire qu’on va s’en sortir.

    Les vieilles poules le savent : elles passent à la casserole quand elles ne produisent plus d’oeufs ! Qu’on se le dise…

    Jean LENOIR

  2. Nanker dit :

    Moi je redoute le krach immobilier qui va se produire dans certains coins de France (comme la RP) lorsque les logements occupés par les baby boomers seront tous mis en vente dans une fourchette de temps assez proche, soit pour cause de décès ou de déménagement dans le Sud.
    Ces zones risquent de subir une hémorragie démographique non compensée par l’arrivée de jeunes générations.

    Le bobo parisien qui a surpayé son logement 10k du mètre carré dans un coin sans charme risque de se réveiller avec la gueule de bois. Le carrosse « quartier branché » risque de redevenir une citrouille « quartier sans charme » et l’investissement immobilier « en béton » risque de subir une décote de 30 à 40%.

  3. Ping : [Suicide collectif ?] La grande réalité dans le monde en 2016 : l’hiver démographique Actualités

  4. triélecycle dit :

    Le suicide ne serait il pas là : La polémique à propos de la « déchéance » est elle créée pour nous faire passer à coté d’un fait plus grave, qui est le contraire de la déchéance, une « incursion organisée », la migration massive vers l’Union européenne est une invasion organisée et l’on est censé accompagner cette vague migratoire qui s’empare progressivement de l’Europe? On serait très ridicules de tomber dans un piège aussi stupide. Lire :
    « L’agresseur est reconnu, ses complices avec. Tout va aller très vite. Le pot aux roses est dévoilé. Tout va aller très vite. Ce sont les actes; les évènements qui déclenchent les hostilités.
    Bien sûr que c’était connu mais le grand public l’ignorait et les mots ouverts- la diplomatie de façade – a empêché que se colporte la Vérité.
    C’est le signe [la publication de l’article
    fr.sputniknews.com/international/20160104/1020749327/zeman-migrants-freres-musulmans.html
    http://breizatao.com/2016/01/05/lorganisation-islamiste-des-freres-musulmans-organise-linvasion-de-leurope-president-tcheque/
    * ?] : l’entrée des combats dans la matière. Il n’y aura de cesse que tout s’apaise. »

    * « Les Frères musulmans sont derrière la crise migratoire en Europe »
    « La migration massive vers l’Union européenne est une invasion organisée par le mouvement arabe des Frères musulmans pour déclencher la guerre en Europe, estime le président tchèque Miloš Zeman. …
    « Les Frères musulmans ne peuvent pas déclencher la guerre contre l’Europe car ils n’ont pas assez de forces ». … ils « sont capables de préparer une grande vague migratoire et de s’emparer progressivement de l’Europe comme c’est déjà le cas dans plusieurs villes européennes où les policiers ont peur d’entrer pendant la nuit dans certains quartiers ».

    Cette invasion (« incursion organisée ») est organisée par les Frères musulmans financés par plusieurs États. Les Frères musulmans figurent sur la liste d es organisations terroristes interdites en Russie, en Syrie, en Égypte, en Arabie saoudite, à Bahreïn et aux Émirats arabes unis. »
    http://www.clefsdufutur-france-afrique.fr/news/lentree-des-combats-dans-la-matiere/

  5. brunoarf dit :

    Douze pays européens.

    Douze pays européens viennent de reprendre le contrôle de leurs frontières nationales car 1 005 504 migrants sont entrés dans l’Union Européenne en 2015.

    Douze pays européens ont constaté l’échec total de l’espace Schengen.

    Lise cet article :

    Schengen passera-t-il l’hiver ?

    Submergés par l’afflux de migrants, la Suède et le Danemark viennent de rétablir des contrôles à leurs frontières. Un nouveau coup de canif dans l’espace de libre circulation. Et un désaveu de plus pour l’Union européenne.

    Pour l’espace Schengen, 2015 était l’année du coup de semonce. 2016 sera-t-elle celle du coup de grâce ? Ce mois de janvier a en tout cas commencé par une nouvelle entaille dans l’espace européen de libre circulation. La Suède et le Danemark ont successivement annoncé lundi 4 janvier le rétablissement de contrôles à leurs frontières. Une réaction à la crise migratoire qui touche particulièrement les deux pays nordiques. La Suède, considérée comme un eldorado par de nombreux réfugiés pour sa tradition d’accueil, en a reçu plus de 160.000 en 2015.

    Le Danemark a accueilli huit fois moins de migrants, mais craint d’être piégé par sa situation géographique, sur la route entre l’Allemagne et la Suède.

    Cela porte à 12 le nombre de pays qui ont rétabli des contrôles aléatoires ou systématiques à leurs frontières depuis l’été dernier.

    http://www.marianne.net/schengen-passera-t-il-hiver-100239209.html

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