Bernanke a encore frappé (B. Bertez)

Ben Bernanke a encore frappe

« Tant qu’il n’y a pas de sanction, « ils » peuvent continuer à nuire. C’est la raison pour laquelle nous ne cessons de stigmatiser le système généralisé de tiers-payants et l’incurie des peuples. Nos pseudo-démocraties sont incapables de punir, de châtier les nuisibles. Ils se pavanent, roulent dans des véhicules avec chauffeurs, profitent de gardes du corps, ne paient quasi-rien de leurs dépenses courantes et, en plus, ils touchent pour nous raconter des idioties. Il faudra attendre les jugements de l’histoire pour enfin remettre les choses et les gens à leur place.

« I don’t think China’s economic slowdown is that severe to threaten the global economy, » said Bernanke at the Asian Financial Forum held in Hong Kong.

Bernanke continue d’affirmer, contre tout bon sens et contre toute logique économique, que le ralentissement chinois n’est pas sévère au point de menacer l’économie globale. Comment peut-on dire cela, alors que la Chine a été le moteur de la croissance des dix dernières années, que c’est la seconde économie du monde et qu’elle est très ouverte sur l’extérieur par des importations de matières premières et par l’endettement de ses grandes firmes ?

LE FMI vient de dire exactement le contraire de ce qu’affirme Bernanke.

Le FMI craint une contagion et des débordements : « international spillovers through trade, commodity prices, and waning confidence. »

Et Bernanke continue avec son mirage de « savings glut », au mépris de toute la science économique qui soutient, depuis Keynes, à juste titre, que dans une économie basée sur le crédit, l’épargne est secondaire et ne joue pas un rôle central. De toutes façons, le supposé « savings glut » est en train de s’effondrer avec la chute des réserves des pays excédentaires et l’effondrement des ressources des producteurs de pétrole ; il y a de  moins en moins de surplus à employer et les SWF vendent leurs actifs au lieu d’en acquérir de nouveaux.

Le concept de « savings glut » est une création politique, idéologique, qui a été implantée lors des années Greenspan pour faire croire que c’était la Chine qui était responsable des déséquilibres mondiaux par son épargne et par son change trop bas, et ainsi exonérer les USA de leur mauvaise gestion et surtout leur excès de consommation/insuffisance d’épargne.

Il soutient l’insoutenable à savoir que les dettes de 28 trillions du système chinois n’ont pas d’importance car ce sont des dettes internes ; il n’a qu’à aller voir ce qui se passe dans les banques en Asie, regarder les liquidités et singulièrement à Hong Kong pour voir si cela n’a pas d’importance. Les banques chinoises ne sont pas isolées, elles sont insérées sur le marché mondial et ce encore plus sur les marchés de la zone. Par ailleurs, les fuites de capitaux colossales en provenance de Chine ont une importance déterminante sur l’ensemble du monde depuis deux ans. Enfin, qui peut songer qu’une crise ouverte aiguë de la dette chinoise serait sans conséquence sur le change du Yuan et les partenaires et concurrents de la Chine ? »

Bruno Bertez, le 20 janvier 2016

Rappel :

Le véritable héritage de Ben Bernanke

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A propos Olivier Demeulenaere

Olivier Demeulenaere, 52 ans Journaliste indépendant Macroéconomie Macrofinance Questions monétaires Matières premières
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7 commentaires pour Bernanke a encore frappé (B. Bertez)

  1. Ping : Bernanke a encore frappé (B. Bertez) Actualités

  2. zorba44 dit :

    Olivier, il est entendu que ces gens sont de grands nuisibles, incompétents, malhonnêtes et profiteurs…
    Le signataire a d’ailleurs une indigestion avec saving gluts et SWF dont il a du mal à saisir le concept dans la langue de Molière : si encore c’était saving sluts et VVF !

    Trêve de plaisanteries …et pendant ce temps-là le krach, bien organisé, se poursuit pour que la maîtrise de la baisse puisse faire les choux-gras des initiés assez avisés pour gagner de l’argent à partir de n’importe quelle merde.

    Jean LENOIR

    • « Trêve de plaisanteries …et pendant ce temps-là le krach, bien organisé, se poursuit pour que la maîtrise de la baisse puisse faire les choux-gras des initiés assez avisés pour gagner de l’argent à partir de n’importe quelle merde. »

      Exactement Jean ! Du profit quoi qu’il arrive.

      • zorba44 dit :

        Pour ceux qui ont vu l’ouverture des bourses américaines hier et de leurs trois indices- phare on a la parfaite preuve avec leur v identiques que les cours sont administrés pour le plus grand profit des initiés.

        Jean LENOIR

  3. brunoarf dit :

    Nous avions complètement oublié la dette publique de l’Italie.

    Au milieu du salon européen, il y a un éléphant mort, et cet éléphant mort, c’est l’Italie.

    Dette publique de 2204,637 milliards d’euros, soit 136 % du PIB.

    Alors arrêtons de nous focaliser sur la Grèce en faillite : l’Italie est beaucoup plus importante en ce qui concerne le prochain clash systémique.

    L’Italie est en faillite.

    Les banques italiennes sont en faillite.

    Quant à la Bourse italienne, elle n’arrête pas de s’effondrer : – 4,83 % mercredi soir.

    Bilan de la journée de mercredi pour les valeurs bancaires :

    Banca Mediolanum : – 5,79 %

    Banca Monte Paschi Siena : – 22,20 % (cette banque est morte)

    Banca Pop Emilia Romagna : – 7,30 %

    Banca Pop Milano : – 6,52 %

    Banca Popolare : – 10,88 %

    Ubi Banca : – 6,68 %

    Unicredit : – 7,77 %

  4. zorba44 dit :

    Bruno, les dominos sont instables hautement instables, en fait ils frémissent déjà sous l’effet de la chaîne des contraintes. Même en retenant notre souffle, plus rien, absolument plus rien ne les retient pour libérer leur énergie de dominos, leur énergie de mort.

    Jean LENOIR

  5. Nanker dit :

    « Banca Monte Paschi Siena : – 22,20 % (cette banque est morte) »
    Je partage votre diagnostic mais comment expliquer qu’ils aient pu, il y a quelques années, ouvrir une (belle) succursale avenue de l’Opéra à Paris, endroit qui n’est pas des plus abordables. C’est l’UE qui a avancé les fonds? Le gouvernement italien? Draghi? Bernanke et son énième QE?

    Anecdote humoristique (mais 100% authentique) : la Monte Paschi s’est installée à l’endroit précis où était… l’office du tourisme grec!! Un mort-vivant a chassé un autre mort-vivant.

    Magnifique symbole de cette « construction » européenne, non?

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