L’Union européenne assume : la loi El Khomri, c’est elle

Certes on le savait… mais ils le clament de plus en plus ouvertement ! Non seulement ces gens-là (les “commissaires” européens) n’ont jamais été élus, non seulement ils ne représentent pas le peuple français, mais ils bafouent sans vergogne les choix démocratiques – complètement opposés – exprimés par les Français… Le scandale continue. OD

L'Union européenne assume _ la loi El Khomri, c'est elle

« FIGAROVOX/DECRYPTAGE – Jean-Claude Juncker a déclaré que « la réforme du droit du travail voulue et imposée par le gouvernement Valls est le minimum de ce qu’il faut faire ». Pour Coralie Delaume, l’économie de notre pays est depuis longtemps l’application des orientations de l’Union européenne.

La loi El Khomri est un produit d’importation made in Union européenne (voir explications détaillées ici). Les «Grandes orientations de politique économique» (GOPÉ), dont l’existence est posée par les traités, et le «Programme national de réformes» (PNR), qui s’inscrit lui-même dans le cadre de la stratégie Europe 2020 «pour une croissance économique intelligente, durable et inclusive» (tsoin-tsoin), prescrivent à de nombreux pays et depuis longtemps le malthusianisme budgétaire et la modération salariale.

Dans même temps, la jurisprudence de la Cour de justice de l’Union (CJUE), n’a de cesse de promouvoir l’ordre concurrentiel et la dérégulation. Surtout, au travers d’arrêts à l’impact décisif mais mal connus du grand public, tels, par exemple, les arrêts Laval et Viking de 2007, elle œuvre à saper le droit du travail dans les pays membres, et à affaiblir la capacité de négociation des salariés dans les conflits sociaux.

Enfin, l’appartenance à l’euro interdit toute dépréciation de la monnaie. Dès lors, elle conduit les pays de l’eurozone non à renforcer leur coopération, non à développer entre eux la solidarité, mais à se mener les uns aux autres une véritable «guerre de la désinflation salariale», selon une expression de Steve Ohana. Pour livrer cette guerre, ajoute l’économiste, «la France ne semble plus avoir d’autre choix que de s’engager plus franchement dans des politiques de dévaluation interne, non plus seulement via la baisse de la fiscalité sur le travail, mais via la compression des salaires eux-mêmes ( …) c’est l’option qui sous-tend la loi El Khomri».

Face au caractère scandaleux de l’affaire, face à la blessure d’orgueil que ne peut manquer d’occasionner, chez n’importe quel peuple encore un peu conscient de lui-même, l’idée d’être « gouvernancé » depuis Bruxelles, Francfort ou Luxembourg au lieu d’être normalement gouverné par les dirigeants qu’il a élus, on pourrait s’attendre à ce que les « Européens de métier » fassent profil bas. Par décence.

Mais non. Jouir en silence du confort sans risque qu’offre le séjour dans cet Olympe grisâtre depuis lequel ils nous surplombent n’est pas assez bien pour ces encravatés. Il faut encore qu’ils portent en bandoulière leur bonheur niais d’être là où ils sont, et qu’ils l’ouvrent à tout propos. Sans se rendre compte qu’à la fin, «les gens» commencent à comprendre. Et à s’agacer.

L’ouvrir très grand, c’est l’une des choses que Jean-Claude – «il ne peut y avoir de choix démocratique contre les traités européens» – Juncker fait le mieux. Aussi a-t-il trouvé judicieux, dans un récent entretien au journal Le Monde de formuler ces quelques regrets : «à voir les réactions que suscite la «loi travail», je n’ose pas m’imaginer quelle aurait été la réaction de la rue, à Paris ou à Marseille, si votre pays avait dû appliquer des réformes comme celles qui ont été imposées aux Grecs». Ah, ces Français rétifs ! Comme il est dommage de ne pouvoir vitrifier leur économie avec cette même brutalité joyeuse dont on a usé contre l’économie grecque !

Ceci dit, rien n’est jamais perdu pour qui sait s’armer de patience. Durant l’été 2015, au cœur de la «crise grecque», le ministre hellène Yanis Varoufakis avait donné quelques clés pour comprendre la dureté des créanciers vis-à-vis de son pays. Selon lui, la véritable cible des «Européens» (et de l’Allemagne, plus encore que de l’Europe institutionnelle) était en fait l’Hexagone. «La Grèce est un laboratoire de l’austérité, où le mémorandum est expérimenté avant d’être exporté. La crainte du Grexit vise à faire tomber les résistances françaises, ni plus ni moins», avait-il osé. Pour lui, les cibles terminales étaient l’État-providence et le droit du travail français.

Or pour Jean-Claude Juncker, il se trouve que «la réforme du droit du travail voulue et imposée par le gouvernement Valls est le minimum de ce qu’il faut faire». Le minimum seulement. Et, avec un peu de chance, de constance et d’audace, une simple étape vers ce rêve éveillé que constitue l’idéal grec !

Autre grand bavard : Pierre Moscovici. Lui assume mieux encore que Juncker, et ses insinuations n’en sont plus. Ce sont même des aveux : oui, l’Union européenne veut la loi El Khomri. Dans un entretien publié ici le 18 mai soit, précisément, le jour de la parution des recommandations adressées par la Commission à la France dans le cadre du «semestre européen», le commissaire aux Affaires économiques faisait connaître sa volonté. S’il minaudait tout d’abord en prétendant qu’il ne lui appartenait pas de «juger» la Loi travail, il rappelait toutefois qu’il lui appartenait bien de l’exiger : «Tout ce que je peux dire, c’est que la réforme est indispensable et qu’y renoncer serait une erreur lourde (…) les Français ont souvent le même réflexe quand une réforme se présente: celui de s’y opposer. Cela ne signifie pas que la réforme n’est pas nécessaire et qu’elle ne doit pas être menée (…) En outre, je pense que la volonté du peuple doit s’exprimer dans les élections, pas dans les sondages».

C’est vrai. En principe, sauf à vivre dans le chaos de la démocratie d’opinion, les scrutins font foi bien plus que les sondages. Mais en principe aussi, le pouvoir exécutif français se situe à l’Élysée et à Matignon (Paris, France), et non dans le bâtiment du Berlaymont (Bruxelles, Belgique). Sauf à vivre dans le chaos de la démocratie congédiée.

Évidemment, si les choses en sont là, et Moscovici le dit fort bien, c’est en raison «des traités que les gouvernements et les Parlements de l’Union européenne, à commencer par celui de la France, ont signés». C’est là l’argument dont les européistes se prévalent sans cesse, car il n’y a plus que ça en magasin. Au passage, ils se hâtent d’oublier que le dernier des traités, celui de Lisbonne, a tout de même nécessité pour être signé que l’on s’assoie en 2005 sur les résultats de deux référendums, le néerlandais et le français. Tout comme on s’est assis sur le résultat de la consultation grecque de juillet 2015. Autrement, c’était début du détricotage de la zone euro.

Au sujet du mouvement social actuellement en cours, Myriam El Khomri a eu ces mots très contestés: «il n’est pas question que l’économie de notre pays soit prise en otage». Ils sont pourtant incontestables : l’économie de notre pays est, depuis longtemps, en situation de captivité. Simplement, les rançonneurs ne sont pas forcément ceux que l’on croit ».

Coralie Delaume, Le Figaro.fr, le 26 mai 2016

Rappels :

Juncker : « Il ne peut y avoir de choix démocratique contre les traités européens »

Voilà le genre de pantins qui conduisent nos destinées

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A propos Olivier Demeulenaere

Olivier Demeulenaere, 52 ans Journaliste indépendant Macroéconomie Macrofinance Questions monétaires Matières premières
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12 commentaires pour L’Union européenne assume : la loi El Khomri, c’est elle

  1. Nanker dit :

    Une euro-sceptique dans les colonnes du « Figaro »? Bigre les lignes bougent…

    Ne vont plus rester pour servir la pensée unique et tenir la ligne Maginot de « l’UE c’est merveilleux! » que « Libé » et « Le Monde ». D’ailleurs ils se sont mis à échanger leurs chiens de garde : dernier transfuge en date, Marc Sémo (crétin céleste dont on peut « admirer » l’intelligence tous les vendredis à 11h sur France-Culture).

    Vous imaginez des passerelles en 1976 entre le « LIbé » mao de July et « Le Monde » alors authentique quotidien de référence? Non. Ce qui était impensable il y a 40 ans devient la norme aujourd’hui… preuve que la pensée unique n’est pas un fantasme.

  2. xavib dit :

    Le comble c’est que c’est un poivrot qui incarne ce diktat assumé de l’UE… Pauvres Européens !

  3. zorba44 dit :

    Il faudra un jour qu’on anéantisse cette construction ubuesque (y compris ceux qui jouissent de privilèges et de prébendes exorbitantes qui ne sont autres qu’une forme de racket du plus grand nombre).
    L’Europe et le NOM ne pourront pas tenir, ni économiquement, ni humainement avec le capital de haine qu’ils suscitent; la privation des libertés ainsi que les conditions de vie misérables dont ils entourent leur forteresse d’Eden.

    Toutes les forteresses sont prenables et l’esprit de Spartacus règne désormais dans les gènes du plus grand nombre.

    Jean LENOIR

    • super alchimiste dit :

      Pas besoin, elle s’anéantira d’elle même. N’oubliez pas que vous avez affaire à des satanistes fanatiques… donc leur babylonne finit toujours par s’effondrer pour être remplacée par une nouvelle cité du mensonge et du nauséabondisme. Elle est conçue pour ça. c’est le fameux ordo ab chaos. Et quand un nouveau mensonge remplace l’ancien, les pourritures de maçons du temple de la salomerde (le roi alchimiste du 666 (=spéculateur)) retravaillent en silence à répandre leurs poisons (les pommes pourries de l’arbre maudit, celui-là même pousse en enfer, et que vous prenez pour un jardin d’eden). Et pendant ce temps, chaque génération reçoit à son tour les « bienfaits » de ces fruits pourris. Fruits pourris dont le multiculturalisme et le métissage entre autres, qui vont favoriser le retour du messie des talmudistes comme attali
      car ces gens pensent qu’ils redeviendront le peuple élu une fois qu’ils auront batardisé (métissé) tous les autres. Trop de mélange, ça tue les couleurs ! Les crises économiques ne sont que des outils pour amplifier leur pouvoir sur les autres et imposer leurs projets sociétaux puants.

  4. cesar tichot dit :

    il doit y avoir une guillotine au musée de doué la fontaine, il suffit de trouver un descendant de Charles Henri Sanson (la charge de bourreau etant héréditaire), et de placer l’ensemble sur la grand place de Bruxelles pour zigouiller les parvenus de l’europe puis de la déplacer à Paris place de grève (hotel de ville) ou place de la révolution (concorde) ou place de la bastille pour en faire autant avec tous les politiques de UMPS . On pourra ensuite la louer au autre pays , cela fera rentrer quelques devises dans la « France libérée »

    • zorba44 dit :

      Plusieurs, certainement plusieurs des tranchoirs du bon docteur Guillotin ! puisqu’on raccourcissait jusque vers les années 70 du siècle dernier !

      Un bon menuisier, au surplus, plus un forgeron et le tour est joué.

      Jean LENOIR

      PS on devrait naturaliser toutes les têtes coupées ainsi et les exposer dans un musée pour expliquer aux générations futures ce qu’ont fait ces pourris et vendus …et dissuader certains mauvais penchants et vocations

  5. Ping : Ce type élu par personne se mêle de nos affaires et dirige Rondelet « FNACAB

  6. Ping : L’Union européenne assume : la loi El Khomri, c’est elle |

  7. PolBismute dit :

    Enfin un média qui dit que cette loi vient de l’Europe !
    Très bien, mais les dans les manifs, sur les banderolles des syndicats …
    C’est Haro sur le Pé eSSe, Haulende, Valse, Coneri !
    Mais un pas un caliquot sur l’Europe des soviets.
    Y a encore du boulot pour qu’ils comprennent …

    • super alchimiste dit :

      désolé mon cher pol, mais les journaleux sont l’organe de propagande et de recrutement des N.O.M satanistes qui sont propriétaires de toute la presse (ce ne sont que quelques tablée d’actionnaires).
      Jamais ces journaleux ne dévoileront les projets de leurs maîtres, il en va de leur salaire à la fin du mois, c’est même écrit dans leur convention de travail… comme quand il y eut un léger incident à la hague, et que TF1 bouygues ne s’étendit curieusement pas sur le sujet.
      Tous ces gens du N.O.M oeuvrent à un projet commun : le retour du messie. Les journaleux recrutent ainsi les philosophes bonimenteurs que vous appelez les « politiques », et que les journaleux décorent du titre d' »élite ». Sans les journaleux pour dire du bien d’eux, ni la banque pour leur faire un pret, comment se faire élire ? Vous comprenez désormais pourquoi les politiques ne prennent jamais les bonnes décisions : ces gens ne sont pas élus pour le bien du peuple mais pour éxécuter les projets du N.O.M.

    • Danse dit :

      « Très bien, mais les dans les manifs, sur les banderolles des syndicats …
      C’est Haro sur le Pé eSSe, Haulende, Valse, Coneri !
      Mais un pas un caliquot sur l’Europe des soviets. »

      Justement, vous soulevez là un problème très sérieux qui renvoie aux principes des révolutions colorées.
      J’ai fait maintes fois et depuis des années l’expérience d’un interdit de parole à propos de l’empire, que ce soit auprès de prétendus militants de gauche (qui virent subitement à l’antifa ou à l’anti-« complotisme » virulent dès qu’on tente de relier ces points essentiels), ou « décroissants », censure sur le site Bellaciao…
      Au-delà du refus individuel de connaissance ou de l’endoctrinement individuel, il existe maintenant dans les manifestations, tout comme on l’a vu chez Nuit Debout, des « services d’ordre » violents et bien organisés qui laissent les casseurs défoncer gratuitement les vitrines ET s’occupent activement de la censure.

      J’ai trouvé ce post intéressant sous un article :
      http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2016/05/21/lactuel-blocage-de-l-economie-aide-la-loi-el-khomri-51625.html

      <>

      On se souvient que la révolution colorée de mai 68 avait permis aux organisateurs de spéculer contre notre monnaie et de détériorer notre économie pour mettre de Gaulle à genoux.

      • Danse dit :

        (erreur de manip de ma part?) Le texte du post recopié n’apparaît pas dans mon commentaire ci-dessus. Le voici :

         » Écrit par : Edouard | 24/05/2016
        Porter une analyse dans les manifestations c’est ce heurter à une police de la pensée, une police masquée et manaçante. Cette police semble sortir des rang de la CNT. J’ai été menacé : « Beaucoup de gens dans « manif » ne veulent pas de vous » . Comment sont-ils au courant ? et « Si vous insistez, ça va mal se terminer pour vous ».
        L’un des deux attaquants était masqué de noir comme une musulmane intégriste ou un membre de Daesch.
        C’est la troisième fois que je suis agressé, la première ayant été physique puisque j’ai reçu un coup de pied au passage, en vache comme diraient ceux qui connaissent ces animaux.
        Notre tract pose seulement la question de savoir si c’est bien le gouvernement français qui est en cause. Suit bien sûr le rôle de Bruxelles et de la gouvernance mondiale.
        Parmi les caporaux qui emmènent les fantassins syndiqués au casse pipe, certains sont au courant de la réalité, mais semblent ne pas avoir le droit de la faire connaître.
        Je dirais que les manifestations sont parfaitement bien encadrées et rappelle que l’épisode Stay Behind n’est pas clos, d’autant que notre pays fait maintenant partie à part entière de l’OTAN. »

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