Le Grand TRANSFERT : Le bilan de la BCE atteint des niveaux records – l’échec des banques centrales entériné (Zerohedge avec commentaire de Bruno Bertez)

bilan-bce-marches-700x366

« Depuis 2008, les banques centrales sont passées en mode de pilotage complètement manuel de l’économie. Si elles sont parvenues à obtenir des résultats du côté des marchés, en gonflant à des niveaux jamais vus les bulles sur des actifs comme les actions, les obligations ou encore l’immobilier grâce aux « politiques non conventionnelles » que sont les assouplissements quantitatifs et les taux plancher ou négatifs, le bilan est moins reluisant en ce qui concerne la croissance ou encore l’emploi réel.

Mais même du côté des marchés, des fissures dans l’édifice branlant des banques centrales commencent à apparaître, fissures qui remettent en cause la stabilité même de l’édifice financier. À ce titre, le graphique de Zero Hedge le montre très bien (ci-dessus) : alors que le bilan de la BCE a atteint de nouveaux records, ce n’est plus suffisant pour faire grimper les actions européennes.

L’échec des banques centrales est entériné

Comme le note le site iconoclaste américain, Draghi se retrouve désormais dans le même bateau que Yellen, baptisé Impuissance. Du côté du Japon, c’est le même son de cloche : Kuroda, qui avait fait référence en 2015 à Peter Pan en soulignant l’importance du positivisme car « au moment même où vous doutez de votre capacité à voler, vous devenez incapable de le faire », a apparemment reçu la visite de la Fée Clochette qui les lui a sonnées en lui rappelant la triste réalité. Dans un moment de sobriété bienvenu, le gouverneur de la banque du Japon a ainsi déclaré que « les politiques monétaires  n’engendrent pas toujours les résultats escomptés » (source Zero Hedge). Kuroda et cie vont-ils connaître leur propre moment « à la Greenspan », à savoir la réalisation que l’œuvre de leur vie est en fait une imposture ?

Boj-bilan-PIB-japonais-550x287

À ce point, nous pouvons dire que la crédibilité des banques centrales s’est totalement évaporée, même si ce fait doit encore être assimilé par de nombreux investisseurs et gestionnaires. Tandis qu’une frange grandissante comprend que ce sont les banques centrales qui, elles seules, font la pluie et le beau temps sur les marchés, certains estiment encore qu’elles disposent des capacités à « couvrir leurs investissements », toute baisse étant enrayée par les interventions des banques centrales. Si vous en doutez, il suffit de lire le titre de cet article de Reuters :

« La BCE est prête à supporter les marchés en cas de Brexit »

Et pour les plus sceptiques, traduction du premier paragraphe : « La BCE s’engagerait publiquement à soutenir les marchés financiers en tandem avec la Banque d’Angleterre si la Grande-Bretagne devait voter en faveur de la sortie de l’union, des officiels proches du dossier ont déclaré à Reuters. » Pour voir les marchés libres en action, il faudra repasser plus tard. La reprise est bien trop vigoureuse pour leur permettre d’évoluer librement ! »

bilan-bce-macro-550x287

Or-argent.eu, le 22 juin 2016 (via Le blog à Lupus)

——————————

Le commentaire de Bruno Bertez : « Nous pensons qu’il y a plus d’une chance sur deux pour que la BCE décide d’acheter des actions »

« Les difficultés rencontrées lors des achats de titres obligataires à long terme, la chute des cours de Bourse des actions, depuis les QE , les récents propos sur l’importance des fonds propres, tout cela nous conduit à considérer qu’un programme d’achats d’actions n’est plus écarté. Notre estimation est d’une probabilité de 60%. 

La première vague de Draghinade a épuisé ses effets, et on bute sur le facteur risque, en particulier sur le risk bancaire. La solution dans la logique de nos zozos est de favoriser les augmentations de fonds propres des banques et pour cela rien de tel que de se mettre à acheter des actions, c’est à dire faire baisser les primes de risque exigées. L’Allemagne ne s’y opposera pas, ses banques sont en mauvais état et ce n’est rien à côté de ce qui les attend ! 

Un bide lamentable que la BCE va vouloir corriger !

20160621_ECB_0

La BCE est prise à son propre piège. Pour ne pas choquer, elle avait décidé d’un certain nombre de limites et de contraintes pour ses achats de Bonds souverains. Avec ces contraintes, en fait elle ne peut remplir ses quotas… elle manque de matière, il n’y a pas assez de bonds disponibles qui répondent à ses critères. On manque de Bunds, de bonds allemands !  C’est l’une des raisons, entre autres, qui nous conduisent à anticiper des achats d’actions ou d’ETF .

Ci dessous, la clef théorique de répartition des achats en fonction du critère du poids économique.

running-out-of-bunds

Bruno Bertez, le 22 juin 2016 (via Le blog à Lupus)

Advertisements

A propos Olivier Demeulenaere

Olivier Demeulenaere, 52 ans Journaliste indépendant Macroéconomie Macrofinance Questions monétaires Matières premières
Cet article, publié dans Actualités, Economie, est tagué , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Un commentaire pour Le Grand TRANSFERT : Le bilan de la BCE atteint des niveaux records – l’échec des banques centrales entériné (Zerohedge avec commentaire de Bruno Bertez)

  1. zorba44 dit :

    Brexit or not brexit ? it is no longer the question.

    Jean LENOIR

Ecrire un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s