Le risque de faillite systémique de l’Eurozone vient de ses banques (partie1) (L. Held-Khawam)

eurozone

« L’action de la Deutsche Bank (DB) est en train de s’effondrer. La banque, autrefois réputée pour être le roc de l’Allemagne serait en phase d’agonie.

Tout comme d’autres de ses collègues européennes, DB est allée se confronter aux banques américaines sur leur propre territoire dans les années 90.

L’idée dominante de l’époque -et toujours d’actualité- était qu’il fallait manger la concurrence pour éviter d’être mangé.

Mais il y avait aussi l’envie d’aller jouer dans la cour des grands outre-atlantique…

Tout était alors bon à prendre. Le bon, le mauvais. Le propre, le sale. L’éthique et le mafieux. Les banques se sont mises à grossir. Démesurément. Une graisse toxique s’est installée toujours plus. Une graisse gourmande en liquidités. Beaucoup de liquidités…

La crise des liquidités additionnée aux pertes liées aux spéculations ont cassé l’économie, le social, l’éthique, les monnaies et le système financier lui-même.

Nous avons vu comment ces banques dites « too big to fail » ont ruiné non seulement leurs actionnaires et leurs créanciers, mais aussi les peuples qui ont eu le malheur de résider dans le même pays que leur siège social.

Nous avons vu comment des américains piégés par les banques ont massivement fini à la rue…

Un sauvetage immoral

Après des sauvetages avec l’argent public, créant des dettes insoutenables, on constate que dans le comportement malfaisant, ces banques n’ont rien appris des différentes crises.

Les dirigeants politiques n’ont demandé aucune contrepartie au sauvetage.

Les « too big to fail » se sont donc gavées avec un argent qui n’est pas le leur et qui a servi à payer royalement des dirigeants pour les féliciter au mieux de leur échec et au pire de leur malhonnêteté.

Quant à la guerre que les banques « too big to fail » européennes  ont livrée à leurs concurrentes -néanmoins partenaires de cartel- américaines, nous pouvons dire qu’elle l’ont  misérablement perdue.

Evolution de l’action de la Deutsche Bank sur 10 ans

L’évolution de l’action de la DB montre que la crise de 2007 n’était qu’une étape du processus de destruction de l’établissement.

Le trend de ce graphique laisse supposer que la stratégie du management n’a pas été corrigée. Les mêmes causes ont continué de produire les mêmes effets toxiques.

L’échec est aussi celui des politiques qui n’ont cadré ni le système , ni les hauts dirigeants de ces établissements dont il faudra un jour se poser la question au sujet de leur diligence envers leur employeur, les clients, les pays qui les ont subventionnés…

deutsche-bank-juillet-2016

Evolution de l’action de la Deutsche Bank sur 10 ans

Comparaison Deutsche bank et Lehman Brothers

Voici un graphique de Zerohedge où il y est fait le parallèle avec l’évolution de l’action de Lehman Brothers avant sa faillite.

deutsche-bank-lehman

 

L’apocalypse financière au coeur de la construction bancaire systémique

Le design ci-dessous est hautement intéressant car il présente comment une banque, considérée par le FMI comme la banque la plus risquée au monde, peut torpiller une myriade d’autres avec elle.

Une construction de génie ou diabolique. Au choix…

db-relationships

Chacun de ces points de couleur constitue une bombe atomique potentielle prête à déclencher un feu d’artifice général.

Ce dessin cible la Deutsche Bank comme élément central.

On peut répéter l’exercice avec chacun des autres points de couleur.

La réalité est que des dizaines de dessins de banques pourraient s’entrelacer, créant une zone systémique à l’infini impactant de fait la planète entière.

Quand on en vient à parler de risques systémiques, il faut considérer aussi tous les établissements non représentés néanmoins impliqués dans le réseautage financier mondial.

DB IMF 2

Tout ceci s’ajoute à la situation désastreuse des grandes banques italiennes. les espagnoles, les portugaises et les françaises sont aussi bien placées dans ce marasme. Ce beau petit monde expose l’Eurozone à un risque réel de faillite systémique.

Mais rassurez-vous avant que l’on en vienne à la faillite, les banques centrales vous auront dépouillés grâce à leur politique monétaire non conventionnelle.

Par conséquent, oubliez le Brexit et le tapage stérile qui l’entoure. Une chaîne de bombes atomiques sont  prêtes à exploser sous notre nez mais aucun gouvernant ne se sent d’aborder le sujet de manière globale…

Une fois de plus les Anglais ont été les plus futés… »

Liliane Held-Khawam, le 7 juillet 2016

PS D’autres facteurs de risques systémiques sont logés au coeur de l’Eurosystème. Nous tenterons de les aborder aussi… »

Rappel :

Ces 30 mégabanques qui pourraient faire sauter le système

A propos Olivier Demeulenaere

Olivier Demeulenaere, 51 ans Journaliste indépendant Macroéconomie Macrofinance Questions monétaires Matières premières
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6 commentaires pour Le risque de faillite systémique de l’Eurozone vient de ses banques (partie1) (L. Held-Khawam)

  1. Ping : Le risque de faillite systémique de l’Eurozone vient de ses banques (partie1) (L. Held-Khawam) |

  2. zorba44 dit :

    Aux vacanciers …ayez tous un plein de carburant et une nourrice de secours et du cash …devinez le reste !

    Jean LENOIR

  3. THEVENET Philippe dit :

    Merci pour vos articles très intéressants et bonne continuation pour peu qu’il nous restent avant
    le clash final, reconstruisons sur de nouvelles bases où retrouvons nous tous au ciel

  4. brunoarf dit :

    Italie : dette publique de 2171,671 milliards d’euros, soit 132,7 % du PIB.

    Europe : la prochaine crise viendra d’Italie.

    Ces temps-ci, écrit The Economist, “les investisseurs du monde entier sont extraordinairement nerveux”. Et le Brexit ne suffit pas à expliquer l’instabilité qui pèse sur les marchés :

    « Une autre menace financière, potentiellement dangereuse, plane de l’autre côté de la Manche. Il s’agit de l’Italie – quatrième économie de la zone euro mais est aussi l’une des plus fragiles –  et de ses banques, dans une situation périlleuse.

    Ces banques italiennes sont grevées par 360 milliards d’euros de créances douteuses, soit l’équivalent d’un cinquième du PIB italien. Au mieux, elles étrangleront la croissance du pays. Au pire, certaines vont sombrer. »

    En première page, nous remarquons que la voiture britannique vient juste de tomber de la falaise, et que le bus italien est en train de basculer :

    http://www.courrierinternational.com/sites/ci_master/files/styles/image_original_1280/public/assets/images/economist_0.jpg?itok=a_yIYeAM

  5. Kriss dit :

    Et quand est ce que les chiens chiens de la politique arrêteront d’imposer des politiques d’austérité aux peuples pour soi disant sauver ces banksters, alors que l’on sait très bien que ce n’est que du pillage? Caste de parasites cancéreux de la conscience, payés comme des nababs par nos impôts et payés en douce par les lobbies.Ils sont tous complices d’assassiner les nations et faudra les condamner pour leurs actes de trahison en les trainant devant un tribunal populaire.
    Jeter en prison ces responsables charognards du public et du privé, les vrais pas les sous fiffres, geler leurs avoirs si mal acquis et supprimer cet hallucinant pouvoir de ces banques qui ne jouent plus leur rôle depuis longtemps.

    • zorba44 dit :

      C’est si facile de « vivre » sur le pillage …vous avez raisons sur les objectifs mais tout va sans doute aller dans l’incontrôlé comme cela s’est passé à Dallas où un tireur se fait justice lui-même (et de ses concitoyens) en prenant la vie de flics tirés au hasard comme des lapins…
      Par analogie, il faudrait revenir un peu plus de 70 ans en arrière au moment où on réglait ses comptes directement avec les collabos.

      …Un modèle ? les trafiquants de drogue qu’on tire comme des lapins aux Philippines sous la présidence de Duterte (et des mouvements tels que 4000 personnes qui se rendent spontanément à la police dans sa ville d’origine, Davao pour éviter l’élimination sauvage). Cela n’a rien à voir ? Pas tout à fait : le trafic de drogue est un crime contre l’humanité à l’instar des crimes économiques contre l’humanité…

      Jean LENOIR

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