Frais bancaires : « des milliards » sur le dos des clients en difficulté

« Selon une enquête de « 60 Millions de consommateurs » et de l’Union nationale des associations familiales (Unaf), les commissions pour incidents de paiement se multiplient et rapportent 6,5 milliards d’euros par an aux banques françaises. Un meilleur encadrement des frais est nécessaire car le plafonnement légal n’empêche pas les abus.

A l’heure où les banques multiplient les discours sur l’inclusion, la finance durable et solidaire et leur engagement citoyen, les conclusions de l’enquête réalisée par le magazine « 60 Millions de consommateurs » (dans l’édition de ce jeudi) et l’Union nationale des associations familiales (Unaf) risquent de porter un coup sévère à leur image. Le magazine édité par l’Institut national de la consommation (INC) et l’Unaf ont épluché « plusieurs centaines de relevés de compte de clients « lambda » et de clients en difficultés financières ponctuelles ou persistantes » et comparé les frais facturés par les établissements bancaires en cas d’incident de paiement : chèque sans provision, rejet de prélèvement, agios, dépassement de découvert, etc.

Une liste « impressionnante » de commissions en tout genre et « régulièrement, l’industrie bancaire en invente de nouvelles », telle que la « lettre d’avertissement pour compte débiteur non autorisé » d’un montant de 12 à 20 euros qui s’est généralisée. Si ces frais sont plafonnés depuis 2014, l’étude comparative montre que les banques facturent toutes le maximum autorisé par opération, « à l’exception notable de La Banque Postale.»

En moyenne, ces frais, qui touchent plusieurs millions de clients, coûtent au client « lambda » 34 euros par an.

« Pour les clients en difficulté, la note flambe pour atteindre 296 euros », soit huit à neuf fois plus, relève l’enquête. « La victime type n’appartient pas forcément aux populations les plus pauvres. Elle n’est pas surendettée ni forcément bénéficiaire des minima sociaux », ce sont « le plus souvent des salariés du secteur privé, fonctionnaires ou retraités. »

Un foyer en difficulté sur cinq s’est même vu prélever plus de 500 euros de frais par an. L’enquête, qui s’appuie aussi sur les cas concrets rencontrés par le réseau de l’Unaf, évoque celui d’un client de la BNP, un fonctionnaire quadragénaire tombé dans le rouge après une séparation, qui s’est fait ponctionner de plus de 3.000 euros en 2016 ! D’où l’impression d’un « matraquage » et d’un « profit facile réalisé sur le dos d’une personne fragilisée. »

Près de 5 milliards de bénéfice pour les banques

L’Unaf et « 60 Millions de consommateurs » ne remettent pas en cause le principe de ces tarifications mais ces cascades de frais qui s’accumulent et « enfoncent davantage encore dans la difficulté. » Ils remarquent aussi que ces frais, censés rémunérer « la charge de travail occasionnée par ce type d’incident : ouverture du dossier, édition des lettres, traitement du rejet » selon la Fédération bancaire française (FBF), sont en réalité bien souvent automatiques, sans travail d’analyse ni action humaine, par exemple pour la commission d’intervention de 8 euros (ou frais de forçage), comme l’a confirmé une enquête du syndicat CGT Banques et assurances. Le magazine parle même d’une « machine à facturer en pilotage quasi automatique. »

Et une machine qui rapporte gros. D’après les calculs du magazine et de l’Unaf, ces frais pour incident auraient généré 6,5 milliards d’euros de revenus pour les banques et 4,9 milliards d’euros de bénéfice net en 2016. Un montant énorme au regard des 23,5 milliards d’euros de bénéfices dégagés l’an passé par les groupes bancaires français, toutes activités confondues (pas seulement celle de détail en France). Le calcul a été compliqué, en l’absence de données publiques sur le sujet : il a été réalisé à partir d’estimations de banquiers sous couvert d’anonymat, de déclarations de dirigeants lors d’auditions parlementaires au moment du projet de loi de séparation bancaire de 2013, du milliard d’euros de perte de revenu estimé lors de la mise en place du plafonnement des commissions d’interventions, a expliqué l’économiste de l’Institut national de la consommation, Stéphanie Truquin, lors de la présentation à la presse ce jeudi de l’enquête ».

Lire la suite sur La Tribune

(via Crashdebug.fr)

Rappel :

Les tarifs bancaires vont s’envoler

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A propos Olivier Demeulenaere

Olivier Demeulenaere, 54 ans Journaliste indépendant Macroéconomie Macrofinance Questions monétaires Matières premières
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6 commentaires pour Frais bancaires : « des milliards » sur le dos des clients en difficulté

  1. Jeremy dit :

    286 euros? comme d’hab’ c’est les + pauvres qui paient un max pour alimenter la rente des banquiers….

  2. brunoarf dit :

    1 minute 34 secondes.

    Regardez cette video extraordinaire qui dure 1 minute 34.

    C’est les 70 députés qui viennent juste de voter « oui » à l’indépendance de la Catalogne.

    C’est l’hymne national de la Catalogne.

    C’est la naissance d’une nation, devant les caméras de télévision.

    C’est le retour du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.

    C’est l’annonce de ce que sera notre XXIe siècle : le retour des nationalités, le retour des souverainetés, le retour des passions populaires.

    C’est l’Histoire.

    http://www.rtl.fr/actu/international/video-catalogne-les-deputes-separatistes-entonnent-l-hymne-nationaliste-7790702432

  3. brunoarf dit :

    Els Segadors (« les moissonneurs » en catalan) est l’hymne national officiel de la Catalogne depuis 1993.

    Il est inspiré par une ancienne chanson populaire. Les paroles actuelles ont été écrites en 1899 par Emili Guanyavents et la mélodie a été adapté par Francesc Alió en 1892.

    Les paroles font référence au soulèvement populaire de la population catalane entre 1640 et 1652 contre l’augmentation des taxes prélevées par Philippe IV d’Espagne pour financer la guerre de Trente Ans. Cet événement est connu sous le nom de « guerre des faucheurs ».

    Au début de mai 1640, les paysans de Gérone attaquent les troupes royales qu’ils hébergent. À la fin du mois, les paysans, auxquels se joignent les faucheurs, travailleurs temporaires, en juin 1640, atteignent Barcelone et se rendent maîtres de la cité.

    Ils assassinent des fonctionnaires et des juges royaux. Le vice-roi, Dalmau de Queralt, comte de Santa Coloma, est assassiné alors qu’il essaie de fuir par la mer.

    Regardez bien le bonnet rouge porté par les paysans catalans lorsqu’ils assassinent le vice-roi :

    C’est le pileus, le bonnet porté par les esclaves affranchis dans l’Antiquité romaine.

    C’est ce même bonnet rouge que choisiront les Français qui se soulèveront lors de la Révolution française.

    Cet hymne, « Els Segadors », servit de chant de ralliement des Catalans républicains pendant la guerre d’Espagne. Il fut interdit par la dictature franquiste.

    Le voici :

    Les moissonneurs

    La Catalogne triomphante,
    Redeviendra riche et prospère.
    Renvoie ces gens,
    Si vaniteux et méprisants.

    Bon coup de faucille !
    Bon coup de faucille, défenseurs de la terre !
    Bon coup de faucille !

    Maintenant, c’est l’heure, moissonneurs.
    Maintenant, c’est l’heure d’être en alerte.
    Pour quand viendra un autre juin,
    Aiguisons bien nos outils.

    Bon coup de faucille !
    Bon coup de faucille, défenseurs de la terre !
    Bon coup de faucille !

    Que l’ennemi tremble,
    En voyant notre enseigne
    Comme nous faisons tomber les épis d’or,
    Quand l’heure viendra, nous couperons nos chaînes.

    Bon coup de faucille !
    Bon coup de faucille, défenseurs de la terre !
    Bon coup de faucille !

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Els_Segadors

    Les paroles ont été écrites en 1899.

    Et aujourd’hui, 118 ans plus tard, ces paroles sont d’actualité :

    « Comme nous faisons tomber les épis d’or,
    Quand l’heure viendra, nous couperons nos chaînes. »

    Vendredi 27 octobre 2017, quand les 70 députés catalans ont voté « oui » à l’indépendance, ils ont aussitôt chanté cet hymne national :

    http://www.rtl.fr/actu/international/video-catalogne-les-deputes-separatistes-entonnent-l-hymne-nationaliste-7790702432

  4. brunoarf dit :

    Un nouveau symbole, un nouveau drapeau est apparu aujourd’hui dans les rues de Barcelone.

    C’est le drapeau brandi par les unionistes de Catalogne.

    Le drapeau des unionistes de Catalogne est divisé en trois parties :

    1- La première partie du drapeau est constituée par les couleurs de la Catalogne : les unionistes disent qu’ils sont attachés à leur région, la Catalogne.

    2- La deuxième partie du drapeau est constituée par les couleurs de l’Espagne : les unionistes disent qu’ils veulent maintenir l’unité de leur nation, l’Espagne.

    3- La troisième partie du drapeau est la plus grande, la plus vaste. Elle est constituée par les couleurs de l’Union Européenne : bleu, avec des étoiles jaunes. Les unionistes disent qu’ils veulent rester dans l’Union Européenne.

    Leur drapeau est ici :

    ou ici, brandi par la femme au premier plan :

    Aujourd’hui, il y avait dans les rues de Barcelone des régionalistes, des monarchistes, des européistes.

    En Catalogne, dans les mois qui viennent, l’Histoire va se jouer entre ces deux camps :

    – les régionalistes, les monarchistes, les européistes. Leur hymne est la « Marcha Real ». En français : la « Marche Royale ». À la fin de la guerre civile, le général Francisco Franco restaure la Marche royale comme hymne national sous son ancien nom de la Marcha Granadera. À la fin de la dictature, le texte officiel de Franco disparaît. La Marche royale est toujours l’hymne officiel de l’Espagne, mais se voit dépourvue de paroles.

    – les indépendantistes, les républicains, les sécessionnistes. Leur hymne, « Els Segadors », servit de chant de ralliement des Catalans républicains pendant la guerre d’Espagne. Il fut interdit par la dictature franquiste.

    Ce qui va se passer en Catalogne dans les mois qui viennent aura des conséquences incalculables.

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