Scandale du Levothyrox : des effets secondaires liés à un composant caché ?

FRANCEINFO – Une analyse sur la nouvelle formule du Levothyrox, commandée par l’Association française des malades de la thyroïde (AFMT), met en lumière un sous-dosage d’une molécule entraînant des « réveils de cancers endormis » et la présence d’une autre molécule, non présente dans la liste des composants, qui est interdite aux États-Unis.

L’Association française des malades de la thyroïde (AFMT) annonce, jeudi 14 juin, avoir commandé une analyse à un laboratoire étranger sur la nouvelle formule du Levothyrox, dont beaucoup de patients disent souffrir des effets secondaires. Ces recherches révèlent que cette formule contient moins de lévothyroxine que les spécifications en vigueur, ce qui pourrait expliquer les dysfonctionnements du traitement. « Des patients cancéreux se trouvent sous-dosés en hormones thyroïdiennes, nous avons observé de façon conséquente des réveils de cancers endormis depuis des années », explique l’association.

Le deuxième élément de cette étude est la présence, dans le traitement, de dextrothyroxine, qui ne figure pas, selon l’association, dans la liste des composants. Cette substance de synthèse, non commercialisée en France, a été retirée de la vente aux États-Unis en raison d’effets secondaires similaires à ceux décrits aujourd’hui par les malades de la thyroïde qui décrivent des crampes, maux de tête, vertiges et perte de cheveux.

Les résultats transmis à un juge d’instruction

Les résultats de cette étude ont été transmis à la juge d’instruction du pôle santé de Marseille chargée du dossier, ouvert pour « tromperie aggravée, blessures involontaires et mise en danger d’autrui ». L’AFMT, estimant que « la ‘sécurité sanitaire’ ne permet pas d’attendre l’issue de l’instruction pénale pour agir », en appelle à l’Agence nationale du médicament, lui demandant de mener une étude sur un nombre significatif d’échantillons, ancienne et nouvelle formule, par des laboratoires indépendants.

« À ce stade, notre association ne prétend pas, sur une seule étude, disposer d’une ‘preuve’ indiscutable, mais d’un fait nouveau important. Car si ces résultats étaient confirmés, comme on peut le penser, ils pourraient constituer une explication rationnelle à cette crise, d’origine toujours inconnue », précise l’association. L’Association française des malades de la thyroïde a eu des difficultés à trouver un laboratoire en France pour conduire ces analyses sur ce médicament commercialisé par le laboratoire Merck. L’ANSM et le laboratoire Merck ont remplacé, en février 2017, l’ancienne formule du Levothyrox par une nouvelle. Près de 500 000 patients se sont détournés de ce traitement depuis, selon le ministère de la Santé.

Les réactions à cette étude

Pour le moment, l’ANSM ne communiquera pas sur le sujet et ne souhaite pas commenter « une étude qu’elle n’a pas vue » et rappelle « qu’une étude épidémiologique est en cours, et que la justice fait son travail ». Du côté de Merck, le laboratoire affirme, dans un communiqué, que la déclaration de l’AFMT est « infondée scientifiquement ».

« Aucun détail n’est donné quant aux méthodes utilisées et aux conditions dans lesquelles ces études ont été réalisées », avance le laboratoire dans son communiqué, qui dénonce également l’absence de « présentation exhaustive des résultats » et d’information sur le laboratoire sollicité.

« Nous démentons de façon formelle la présence de forme dextrogyre dans les comprimés de Levothyrox, qu’il s’agisse de l’ancienne ou de la nouvelle formule », ajoute Valérie Leto, Pharmacien Responsable de Merck, auteure du communiqué. « Concernant la présence d’une forme de lévothyroxine différente dans la nouvelle formule du Levothyrox (forme Dextrogyre D-T4), nous affirmons formellement que tel n’est pas le cas. Nous rappelons que la substance active utilisée pour Levothyrox nouvelle formule est strictement identique à celle présente dans l’ancienne formule du Levothyrox (forme Levogyre dite L-T4 forme moléculaire). »

France Info, le 14 juin 2018

Lire aussi :

Nouvelle formule du Levothyrox : après analyse, l’AFMT demande son retrait, la reconnaissance de crise sanitaire et la démission d’Agnès Buzyn

Rappels :

Levothyrox : au moins 500.000 patients en France ont abandonné la nouvelle formule

Levothyrox : « Les laboratoires savaient que 3% à 5% des malades allaient déclencher des effets indésirables forts »

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A propos Olivier Demeulenaere

Olivier Demeulenaere, 53 ans Journaliste indépendant Macroéconomie Macrofinance Questions monétaires Matières premières
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11 commentaires pour Scandale du Levothyrox : des effets secondaires liés à un composant caché ?

  1. zorba44 dit :

    Pas intérêt, en tout cas, à être démentie par les analyses qui seront conduites par la laborantine de service de chez Merck…

    Jean LENOIR

  2. xavib dit :

    Toujours aucun dirigeant de Merck en prison ? Pourtant empoisonner sciemment des malades pour faire plus de fric en Asie ça devrait valoir au moins quelques années, non ?

  3. Ping : Scandale du Levothyrox : des effets secondaires liés à un composant caché ? | Raimanet

  4. raimanet dit :

    A reblogué ceci sur Boycott.

  5. Damien VAN DER STEGEN dit :

    Attention, l’Association française des malades de la thyroïde (AFMT) sont des fous furieux qui ont déjà trouvé des « nanoparticules » dans le Levothyrox avant de démentir. Au même titre, quand vous chauffez la levothyroxine vous obtenez de la dextrothyroxine…

    • zorba44 dit :

      …Tout ce que vous voulez sauf d’insulter des malades qui souffrent.
      Les représentants des labos ne peuvent entretenir une richesse durable que sur la guérison des malades et non sur des dividendes croissants.

      Jean LENOIR

    • simple-touriste dit :

      Les « associations » de malades ont passé leur temps à accuser la France d’être la cause des maladies à cause de « Tchernobyl ». Comment peut-on encore prendre ces gens au sérieux, cela me dépasse…

  6. Gabriel dit :

    simple-touriste, C’est qui qui a osé dire que le nuage radioactif de tchernobyl c’est arreté à la frontière française alors qu’il a contaminé toute la france et surtout le sud-est ?
    Donc oui normal de porter plainte contre des mensonges de ministre!!
    donc ce n’est pas une plainte pour contamination mais une plainte pour mensonge des officiels !!
    pour avoir cacher la vérité sciemment. donc quand on ment, on permet par conséquent que des millions de gens soient contaminés. Surtout le lait !!

    • simple-touriste dit :

      « C’est qui qui a osé dire que le nuage radioactif de tchernobyl c’est arreté à la frontière française »

      Personne n’a dit ça. Fake news.

      « Donc oui normal de porter plainte contre des mensonges de ministre!! »

      Quels mensonges?

      « donc quand on ment, on permet par conséquent que des millions de gens soient contaminés »

      Qui a été contaminé? Par quoi? En quoi c’est un souci?

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