Attentat déjoué en France : Encore deux Belges mis en cause !

« La fabrication d’un contexte destiné à faire le lit d’un sentiment anti-iranien est en cours en ce moment-même. D’abord à Téhéran, où [a lieu] une tentative de révolution colorée présentée comme des manifestations sociales dues à des difficultés économiques, ensuite en Europe, où l’on tente d’impliquer l’Iran dans des attentats terroristes cousus de fil blanc.

Pour ce qui concerne les manifestations en Iran, qui ne peuvent être perçues par les médias propagandistes que comme un mouvement populaire général anti régime cherchant à tout changer, il n’y a rien de nouveau. Nous connaissons le scénario par cœur, il n’y a donc pas lieu de s’y étendre ici, sinon pour dire que les institutions iraniennes, qui ne sont pas moins démocratiques que celles des pays occidentaux qui se sont autoproclamés comme étant la référence en la matière, sauront y faire face sans trop de soucis.

Parallèlement à ces manifestations, un autre travail est en cours en Europe : rattacher des attentats terroristes à l’Iran. Les attentats, devenus une arme de destruction massive pour l’Occident, sont des contextes dans lesquels les gouvernements occidentaux peuvent tout se permettre, comme avec les armes chimiques en Syrie. Il suffit juste de créer un évènement médiatique et de broder une histoire autour de cet évènement. Il n’est pas nécessaire que cette histoire tienne la route, les médias étant chargés de l’emballer au mieux pour la faire passer à partir de l’émotionnel primaire et entretenir une ambiance générale basée sur la peur. Il faut dire qu’en Occident, la peur est culturellement entretenue comme une valeur en soi. Il n’y a rien de neuf dans le fait que l’’Occident, les Etats-Unis en particulier, tente déjà, depuis longtemps, de rattacher l’Iran aux attentats du 11 septembre, et donc à Al Qaïda, la créature à tout faire. Cela n’a aucun sens, mais Washington persiste dans cette voie car juridiquement cela fonctionne et permet de faire beaucoup de choses, comme par exemple bloquer les avoirs iraniens aux Etats-Unis. Malgré tous les efforts des autorités américaines, aidées par les médias et d’autres partenaires tels que le Canada en Mai 2013, l’idée n’a toujours pas réussi à passer dans l’opinion publique.

Aujourd’hui, ils remettent le couvert, cette fois avec la France, dont la structure politique permet au seul président de prendre des décisions qui engagent tout le pays, avec, si besoin, quelques mises en scène amplifiées par la caisse de résonance médiatique pour donner l’illusion d’un consensus national. Avec un Macron qui ne sait comment se dépatouiller d’une situation dans laquelle il est dans l’obligation de respecter plusieurs paramètres contradictoires (obéir à Israël, ne pas trop heurter Trump, tenir compte des positions des partenaires européens comme l’Allemagne, considérer l’intérêt des entreprises françaises qui ont, malgré tout, une certaine puissance, faire attention aux réactions d’une opinion française qui peine à s’intéresser au dossier iranien), le meilleur moyen de lui forcer la main est de raviver le souvenir pénible des attentats précédents qui avaient endeuillé le pays. Par le biais de futurs attentats attribués à l’Iran, celui-ci pourra désormais être associé à ce souvenir collectif.

Les médias sont apparemment prêts pour cela, comme le démontre le narratif de la récente « tentative » avortée par les autorités belges. L’histoire qu’ils commencent à raconter est simple et pourrait se résumer ainsi : un couple d’Iraniens s’apprêtait à commettre un attentat en France. Les autorités belges ont intercepté leur véhicule, avec à l’intérieur un matériel permettant la fabrication d’une bombe dont 500 grammes de TATP, ainsi qu’un détonateur, et ont ainsi pu les arrêter avant leur forfait. Voici pour l’histoire. Voyons les détails. Le couple en question est en réalité belge, mais le point sur lequel insistent les autorités et les médias est le fait qu’ils sont d’origine iranienne. A aucun moment il ne saura être question d’accuser de terrorisme la Belgique, dont pourtant sont ressortissants les deux individus. Ce qui sera retenu, c’est qu’ils sont d’origine iranienne, ce sera amplement suffisant pour des esprits formatés pour diriger vers l’Etat iranien. On parle bien de formatage, car il ne viendra jamais à l’idée de personne, en cas d’exaction de Finkielkraut ou de Glucksmann, de parler de Français d’origine polonaise ou ukraino-hongroise. Les compléments du récit initial vont déjà dans le sens de l’implication complète de l’Iran. Ce pays n’ayant rien de particulier à reprocher à la France, la cible logique choisie a été un groupe d’opposants iraniens, ce qui politise d’emblée la tentative d’attentat et facilite la désignation des autorités iraniennes comme commanditaires.

Nous sommes en plein scénario de false flag, dans le sens où les actes commis dans le cadre des nouveaux false flag sont parfaitement inutiles et ne rapportent absolument rien à celui qui en est accusé, comme le montrent les derniers en date avec les armes chimiques en Syrie. En effet, l’Iran a toujours eu des opposants bien organisés vivant dans les pays occidentaux, particulièrement en France, qui abrite un des principaux groupes, les Moudjahidines du peuple, considéré comme un mouvement terroriste par Téhéran. Pour lutter contre les divers activistes, l’Iran a des moyens mille fois plus efficaces que de leur envoyer quelques grammes de plastique, ce qui serait même contre-productif (encore une caractéristique des nouveaux false flag). Au cas où cela ne suffirait pas à désigner formellement l’Iran, on fait entrer en scène un diplomate iranien, avec lequel sans doute les deux Belges avaient eu des contacts. Il s’agit d’un diplomate iranien auprès de l’ambassade d’Autriche à Vienne. Le simple fait que les deux Belges (d’origine iranienne NdE) aient eu des contacts avec un diplomate du pays dont ils sont originaires a suffi pour que ce dernier se fasse interpeller en Allemagne, histoire de renforcer la thèse naissante de l’implication étatique iranienne.

Et maintenant la question fatidique : Cui bono ? A qui profite le crime ? Il n’est pas nécessaire de tourner autour du pot, le seul bénéficiaire de tout cela est Israël, et tout le monde le sait. La bonne question serait plutôt : à qui le crime profite-t-il le moins ? C’est l’Iran, de toute évidence. Malheureusement, les réactions humaines obéissent à des critères que la Raison ne soupçonne même pas, ce qui fait que ces évidences n’apparaitront pas à beaucoup de personnes dont l’opinion est pourtant déterminante dans les décisions de ceux qui comptent précisément sur leur aveuglement. Pour l’instant, ce que l’on tente de faire apparaitre, c’est que l’Iran s’attaque à ses opposants, où qu’ils se trouvent dans le monde, à coup de bombes artisanales, alors même qu’on lui attribue une puissance nucléaire et des moyens autrement plus sophistiqués dans d’autres récits hasbaresques. Le but est de faire en sorte que, dans les semaines à venir, il reste l’idée que l’Iran est en train de s’attaquer à l’Europe via le terrorisme. La boucle sera bouclée, Al Qaïda (ou Daech, qui est synonyme) aura trouvé un nouveau père. Néanmoins, nous sommes encore loin de l’engagement frontal de l’Europe contre l’Iran tel que le souhaiterait Israël, mais une simple attitude positive de la part de l’opinion occidentale pour une tentative de changement de régime à Téhéran serait la bienvenue ».

Avic – Réseau International, le 3 juillet 2018

Rappel :

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Lire aussi :

(AFP) Un attentat contre un rassemblement d’un groupe d’opposition iranien à Paris, auquel participaient des personnalités politiques américaines, a été déjoué samedi avec l’arrestation à Bruxelles d’un couple en possession d’explosifs, Téhéran dénonçant une volonté de lui nuire.

Le couple de Belges d’origine iranienne a été interpellé dans une commune de Bruxelles à bord de leur voiture, a annoncé lundi le parquet fédéral belge. Dans la Mercedes ont été retrouvés 500 grammes de TATP, explosif artisanal très instable, et un « mécanisme de mise à feu dissimulé dans une trousse de toilette », selon un communiqué du parquet.

Amir S., 38 ans, et son épouse Nasimeh N., 33 ans, ont été inculpés lundi de « tentative d’attentat terroriste et de préparation d’une infraction terroriste ».

Le couple est soupçonné d’avoir voulu commettre un attentat à la bombe samedi à Villepinte, près de Paris, lors d’un rassemblement organisé par les Moudjahidine du Peuple Iranien (MEK), un parti d’opposition iranien fondé en 1965 et interdit par les autorités iraniennes depuis 1981, a précisé le parquet.

Environ 25.000 personnes ont assisté à cette réunion. Deux personnalités proches du président américain Donald Trump, l’ancien président de la chambre des représentants Newt Gingrich et l’ancien maire de New York Rudy Giuliani, y ont pris part.

Le Conseil national de la résistance iranienne (CNRI), entité proche des Moudjahidine du peuple, a accusé le régime de Téhéran d’avoir fomenté le projet d’attentat et demandé la « fermeture » des représentations diplomatiques iraniennes en Europe, accusées d’être des « centres d’espionnage » et des « foyers pour des préparatifs terroristes ».

Ulcéré, Téhéran a dit y voir une machination, au moment où le président iranien Hassan Rohani vient en Europe pour discuter de coopération entre Européens et Iraniens après le retrait américain de l’accord sur le nucléaire conclu en 2015.

« Comme c’est pratique. Juste au moment où nous entamons une visite présidentielle en Europe, une opération iranienne présumée et ses +conspirateurs+ sont mis en échec », a ironisé le ministre des Affaires étrangères iranien Mohammad Javad Zarif sur Twitter.

« L’Iran condamne sans équivoque toute forme de violence et de terrorisme, où que ce soit, et est prêt à travailler avec toutes les parties concernées », a-t-il ajouté.

-Collaboration européenne-

L’enquête a conduit au placement en garde vue de trois personnes en France -deux d’entre elles ont été remises en liberté lundi, selon une source judiciaire française- et à l’interpellation en Allemagne d’un diplomate iranien basé en Autriche, contact du couple, a annoncé le parquet belge.

Des perquisitions ont par ailleurs été menées dans cinq localités en Belgique. Aucune information n’a été communiquée sur leurs résultats.

« L’attentat terroriste a pu être déjoué grâce à une collaboration entre la sûreté de l’Etat belge et les autorités judiciaires françaises et allemandes », a affirmé le parquet belge.

« Une fois de plus la bonne collaboration entre pays partenaires européens porte ses fruits », a souligné le chef du gouvernement belge, Charles Michel, dans un message sur son compte Twitter.

L’annonce du projet d’attentat déjoué est tombée le jour de l’arrivée en Suisse du président iranien Hassan Rohani pour un déplacement jugé d’une « importance capitale » à Téhéran pour la coopération entre la République islamique et l’Europe.

Le président Rohani doit également se rendre en Autriche, pays qui assume depuis dimanche la présidence semestrielle des réunions ministérielles de l’Union européenne.

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A propos Olivier Demeulenaere

Olivier Demeulenaere, 53 ans Journaliste indépendant Macroéconomie Macrofinance Questions monétaires Matières premières
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2 commentaires pour Attentat déjoué en France : Encore deux Belges mis en cause !

  1. zorba44 dit :

    Nous finirons par payer très cher la forfaiture de nos dirigeants…
    …l’ultime prix étant celui d’un ultime conflit mondial.

    Jean LENOIR

  2. Jean-Loup Izambert dit :

    Voir à ce sujet le tome 2 de 56 (www.is-edition.com) dans lequel j’explique comment j’ai fait échec à une campagne médiatique contre l’Iran que Roger Auque, ancien reporter de Paris-Match aujourd’hui décédé, a tenté en s’appropriant des faits que je rapportais sur la présence en France de membres des Frères musulmans recherchés par Interpol. L' »astuce » consistait à présenter ceux-ci comme des « taupes de… Téhéran ». Faire passer des terroristes sunnites protégés par des dirigeants français pour des activistes de Téhéran, il fallait oser…
    Voir également l’interview que j’ai donnée au Saker francophone ( 56 tome 2) sur la préparation d’une campagne contre l’Iran à partir de la France avec la collaboration active de représentants de l’administration étasunienne et de membres de la CIA logés à l’ambassade US de Paris.
    Rien de nouveau. Juste la censure médiatique brisée par des sites comme celui d’Olivier Demeulenaere, le Saker francophone, jbl1960, le Centre de recherche sur la mondialisation et tant d’autres.
    Encore une fois bravo à Olivier pour ses excellentes interventions. Relayons son site.

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