Un graphique qui fait froid, bientôt vous allez grelotter… (B. Bertez)

« Je vous ai  expliqué que nous étions dans un  processus. Un processus de préparation de l’atterrissage en douceur.

Chaque mot compte : processus-préparation-atterrissage.

-Nous sommes dans un processus, ce qui veut dire que c’est étalé

-Nous sommes dans la phase préparation car le phénomène est à peine enclenché car les liquidités mondiales excédentaires sont encore considérables

-Nous sommes en phase d’atterrissage ce qui signifie que l’on va vers le sol, et que ce qui lévite va être soumis à la gravitation.

Toute l’habileté consiste à réaliser le processus sans que le public s’en aperçoive vraiment afin que la spoliation soit certes lourde mais indolore.

Le défi qui est celui exposé en son temps par Greenspan fin 2008 , c’est de faire en sorte qu’aucune institution systémique ne soit prise dans le processus et que seul le public et ses institutions à lui, les siennes, soit perdant.

Car l’objectif est de préserver les structures du système en disséminant le risque (les pertes) sur les faibles et les pauvres.

La politique monétaire qui a suivi la crise de 2008 a eu pour objectif d’une part de gonfler les prix des actifs financiers afin de rendre le monde des institutions financières en apparence solvable et d’autre part de donner à ces institutions la possibilité d’émettre du papier qui ne coûte rien.

Ce que l’on a appelé la politique de l’entonnoir qui fait passer les ressources de la poche des uns à la poche des autres.

Cette politique dite aussi de l’accordéon consiste à monter le prix des actifs financiers, c’est à dire à faire chuter leur rendement et leur coût afin que les institutions financières, les gouvernements et les très grandes entreprises puissent émettre du papier qui ne leur coûte quasi rien.

Il y a peu de temps encore, elles n’avaient qu’à se baisser pour ramasser « le pognon » et il y avait même, avec les taux négatifs, des crétins pour payer pour se faire voler.

L’argent va ainsi de la poche du public et des institutions de retraite et de prévoyance vers ces réceptacles, banques, shadow, gouvernements, très grandes entreprises.

Elles engrangent  de l’argent qui ne leur a rien coûté et ne leur coûte presque rien. Colossal transfert.

Le coup d ‘accordéon se produit, se finalise lorsque l’on monte ensuite les taux : les dettes se dévalorisent avec la hausse des taux. C’est mécanique, mathématique.

Donc la technique consiste à mettre les taux à zéro, à émettre lorsque les taux sont à zéro, puis après avoir pris l’argent dans les poches du public, à remonter les taux et le tour est joué.

L’argument pour remonter les taux est que la politique monétaire non conventionnelle ne peut durer à l’infini car il faut de temps à autre se donner les moyens de recommencer ; il faut normaliser pour pouvoir à nouveau re-mener la même politique.

Ci dessous un graphique rare qui permet de visualiser ce qui se passe depuis le début de la manoeuvre, c’est à dire depuis le début de 2018.

Pourquoi ce graphique est il intéressant ? Parce qu’il détruit l’illusion de la diversification.

La diversification consiste à croire que si on a un portefeuille de 60% actions et 40% obligations, on est protégé.

Or le processus en cours dégonfle les deux, actions et obligations car le sous-jacent de la valeur des actifs est le même, ce sont les taux.

L’habileté consiste à ne pas tout faire chuter en même temps, il faut créer des mouvements en escaliers décalés : quelquefois ce sont les actions qui baissent et quelquefois ce sont les obligations !

In fine l’objectif est de tout ramener, dans un premier temps, dans la zone des 80. Après on verra ».

Bruno Bertez, le 19 octobre 2018

Rappel :

La bulle de tout : quand va-t-elle enfin éclater ? (B. Smith)

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A propos Olivier Demeulenaere

Olivier Demeulenaere, 54 ans Journaliste indépendant Macroéconomie Macrofinance Questions monétaires Matières premières
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2 commentaires pour Un graphique qui fait froid, bientôt vous allez grelotter… (B. Bertez)

  1. zorba44 dit :

    Mais Olivier …avec le réchauffement climatique on économise le chauffage !
    Pourquoi diantre se préoccuper des basses températures financières ?
    Le secteur de la finance congèle, on bout sous le soleil…

    Plus tard quand le secteur financier sera en reset on pourra à nouveau taxer au prétexte du réchauffement climatique (auquel contribuent les incendies dus à Linky).

    Bon week-end

    Jean LENOIR

  2. josephhokayem dit :

    A reblogué ceci sur josephhokayem.

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