Gilets jaunes : Un retraité exprime ses « doléances » et se retrouve interrogé par les services de renseignement

A noter que l’expression « cahier de doléances » ressuscitée par les têtes d’oeuf incultes de l’Elysée pour le « grand enfumage débat national » rappelle furieusement les prémisses de la Révolution française… Jupiter finira-t-il comme Louis XVI ? OD

« Ce retraité a écrit en préfecture du Val-d’Oise et a eu la surprise d’être interrogé par les services du renseignement.

En voulant apporter sa pierre au débat national, Jacques D. s’est retrouvé… interrogé par les services de renseignement. Ce retraité de Mériel n’en revient pas. « Cela donne à réfléchir sur le fond. », s’interroge le septuagénaire. « Ils disent que le débat est ouvert à tous, mais derrière on est fliqué… »

C’est une simple lettre adressée au préfet du Val-d’Oise qui a tout déclenché. Nous sommes en décembre et Jacques a envie de faire remonter des « doléances ». « A l’époque la mairie n’avait pas encore mis de cahier à disposition, explique-t-il. Je me suis dit qu’il n’y avait qu’un seul moyen officiel de s’exprimer, en transmettant directement à la préfecture. »

Un courrier de quatre pages

Car à ses heures perdues, ce retraité aime débattre. Il fait partie depuis longtemps d’un petit groupe sur les réseaux sociaux, appelé la lucarne, au sein duquel on commente l’actualité politique. Lorsqu’a émergé le mouvement des Gilets Jaunes, un petit forum issu du premier a été créé intitulé « les gilets jaunes solidaires du Val-d’Oise ».

C’est une synthèse des réflexions de ce groupe que Jacques a voulu faire remonter. Il a envoyé quatre pages de doléances sur des thèmes variés allant des écarts de revenus à l’Euro en passant par l’éducation et la laïcité. Le document est assorti d’une lettre signée par le Mériellois et demandant au préfet de « transmettre au Premier ministre ».

Deux agents lui posent des questions pendant une heure et demie

L’histoire aurait pu s’arrêter là mais la semaine dernière, Jacques reçoit un appel émanant du service départemental du renseignement territorial. « Ils m’ont demandé de venir me présenter à leur bureau », explique le Val-d’Oisien. « Ou alors m’ont dit qu’ils pouvaient venir à mon domicile. »

Vendredi dernier, le retraité reçoit donc la visite de deux agents qui sont restés… une heure et demie. « Ils m’ont posé beaucoup de questions, mais ne m’ont jamais dit pourquoi. » Qui sont les membres de son groupe, a-t-il fait partie d’un parti politique… Le Val-d’Oisien n’a pourtant jamais manifesté avec les Gilets Jaunes. « Mon groupe de discussion est un mélange de gens raisonnables qui n’ont jamais rien cassé et qui ne vont même pas sur les ronds-points ! »

Une démarche «normale» d’après l’Etat

Du côté de la préfecture, on considère cette démarche comme « normale ». « A partir du moment où ce monsieur se présente comme un Gilet Jaune, il est normal qu’on le contacte. Ces doléances émanaient d’un groupe que nous ne connaissions pas du tout, on se pose logiquement des questions. Comme tout mouvement sociétal, il est suivi par les renseignements. Et d’ailleurs il n’y a pas eu de convocation, nous l’avons invité à nous rencontrer. »

Comme il l’a précisé dans son courrier, Jacques est prêt à participer au débat national. « Mais personne ne m’a invité. »

La préfecture nous indique que désormais tous les citoyens peuvent déposer leurs contributions sur le site www.granddebat.fr, y compris le retraité de Mériel ».

Marie Persidat, Le Parisien, le 15 janvier 2019

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A propos Olivier Demeulenaere

Olivier Demeulenaere, 54 ans Journaliste indépendant Macroéconomie Macrofinance Questions monétaires Matières premières
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16 commentaires pour Gilets jaunes : Un retraité exprime ses « doléances » et se retrouve interrogé par les services de renseignement

  1. Robert dit :

    Dans ce cadre, un entretien avec le Renseignement territorial (les ex RG) n’entraîne aucune coercition. La personne pouvait parfaitement refuser de se rendre au service ou de recevoir les agents, qui intervenaient probablement sur instructions du préfet, et n’ont fait… que leur travail : la recherche d’informations.

    • Personne n’a parlé de coercition… En revanche, pour un Français lambda, une telle initiative pourrait ressembler à de l’intimidation. Le travail des agents des (ex-) RG consiste en effet à collecter de l’information et à la faire remonter, mais il est peu commun de se rendre au domicile des gens qu’on surveille…

      • Robert dit :

        Vous avez employé le mot qui convient Olivier : « ressembler ». Cela pourrait ressembler à de l’intimidation mais ce n’en est pas… Sans le savoir, ce retraité était une « source humaine » en matière de renseignement, et il a été « traité » en tant que tel, et tout à fait dans les règles.

      • Robert, je pense que ce genre de « traitement » est le résultat non pas de règles, mais de la pétoche du pouvoir face à l’insurrection des Gilets jaunes…

        Ce retraité n’aurait présenté aucun caractère menaçant en temps normal. Et d’ailleurs (mais vous me démentirez peut-être) je n’ai jamais entendu parler d’un tel procédé pour une simple lettre de « doléances » envoyée aux politiques…

      • Danse dit :

        « Et d’ailleurs (mais vous me démentirez peut-être) je n’ai jamais entendu parler d’un tel procédé pour une simple lettre de « doléances » envoyée aux politiques… »

        Par contre, à Berlin-Est dans les années 70, j’ai entendu couramment parler d’un tel procédé pour de simples paroles qui avaient le potentiel à devenir des doléances… Chacun était potentiellement une « source humaine » de renseignement pour la Stasi, voire plus si pas d’affinités.

        Je voudrais dire ici que les MÉTHODES POUR ABOUTIR AU TOTALITARISME PLANÉTAIRE ont été améliorées entre temps : nous sommes passés à l’ère du « SOFT POWER » : tant que la coercition ouverte (terrorisme, répression policière, impôts à la source, huissiers…) n’est pas impérativement nécessaire -ou PAS ENCORE ACCEPTÉE-, d’autres modes sont employés comme par exemple les chemtrails, les vaccins, les taxes, les laboratoires de bio-terrorisme…

        Prises ISOLÉMENT, certains peuvent encore affirmer que ces méthodes ne sont pas coercitives. Le but des organisateurs du totalitarisme planétaire était de nous les faire ACCEPTER comme « tout à fait dans les règles » (= CONSENTEMENT) pour que les peuples ne s’en aperçoivent que lorsqu’il serait trop tard pour faire machine arrière.

        Alors, à côté des moyens modernes silencieux comme le flicage du Net et des e-mails, méfions-nous aussi d’autres techniques de flicage « soft », comme par exemple les sondages effectués par la Commission Européenne sous diverses couvertures.
        Le 15 décembre à 9h, j’ai reçu un appel d’une personne très polie qui voulait me « poser des questions sur l’actualité ». Renseignement pris, elle faisait un sondage bénin pour l’INSTITUT POUR LA PROTECTION ET LA SÉCURITÉ DES CITOYENS:
        https://duckduckgo.com/l/?kh=-1&uddg=https%3A%2F%2Ffr.wikipedia.org%2Fwiki%2FInstitut_pour_la_Protection_et_la_S%25C3%25A9curit%25C3%25A9_des_Citoyens

        « L’Institut pour la protection et la sécurité des citoyens (IPSC), localisé à Ispra en Italie, est un des sept instituts du Centre commun de recherche de la Commission européenne.

        La mission de l’Institut pour la protection et la sécurité des citoyens est de fournir des résultats de recherche et de soutenir les décideurs de l’Union européenne dans leurs efforts en matière de sécurité mondiale et de la protection des citoyens européens contre les accidents, les attaques délibérées, la fraude et les actions illégales CONTRE LES POLITIQUES DE L’UNION EUROPÉENNE. »

    • Bernie dit :

      A mon avis le préfet a paniqué et a cherché à se couvrir contre des emm… potentiels.

      Ils sont tous sous tension en ce moment… et sous pression terrible du gouvernement.

    • Actum est de Republica ! dit :

      La vidéo de René Revol, sans doute un autre retraité, maire du village de Grabels, qui devrait vite devenir virale !

      L’essentiel est dit en à peine plus de 5 minutes, de ce « grand enfumage » ripoublicain en cours, destiné à dresser un contrefeux devant le tsunami qui vient (c’est moi qui souligne).

      Il était présent au « Grand débat national » de Souillac le 18 janvier 2019 :

      A partager !

  2. cesaropapiste dit :

    Finira-t-il comme Louis XVI ? Je ne suis pas Madame Soleil, mais il m’est simplement d’avis qu’étant donné la forme que prennent les circonstances de la chute inévitable du régime et à sa tête de la pédale présidentielle, ce serait une sacrée aubaine en sa faveur, si elle dépassait la quarantaine. Bref, bon débarras par anticipation et n’oublions pas de tirer la chasse en sortant de la Ripoublique, soit avant d’entrée de plain-pied dans la France d’après !

    Ces dégénérés semblent en outre oublier qu’un jour ou l’autre tout se saura.

  3. zorba44 dit :

    A partir du moment où certains sujets ont été bannis (Europe, euro, ISF, lois sur le genre…) les doléances sont émasculées du corps même de la doléance qui consiste à dire étymologiquement ce qui fait mal, ce qui ne passe pas.

    Les maires ont demandé à Macron de ne pas faire de pirouettes …mais c’est ce qu’il fait sans arrêt !
    Son futur est d’autant plus sombre que le pouvoir ne veut pas entendre les gilets jaunes… Vouloir casser à coups de flashballs, de canons à eau et de grenades ce que les GJ représentent est d’autant plus maladroit que cette escalade finira mal. Taper sur les gens voilà ce qui assombrit le futur de ex Jupiter et de castagnette, notamment.

    Jean LENOIR

  4. JSG dit :

    « A partir du moment où ce monsieur se présente comme un Gilet Jaune, il est normal qu’on le contacte… »
    Quand ces représentants de l’État raisonneront comme ça, ils me rappeleront l’administration de Vichy ; À l’époque on convoquait les Juifs avec tout le malheur, la honte pour la France, qui en découlèrent, -excepté les couraguex et humains fonctionnaires de la base qui fermaient les yeux- .
    Maintenant on convoque des citoyens Français pour délit d’opinion ! alors que des ramollis du bulbe continuent de promouvoir la France comme le pays des droits de l’homme (servile peut-être, mais plus libre)
    C’et purement un scandale qui rabaisse tous ceux qui s’en font complice au rang de nervis d’une république bananière. Ce sont, malheureusement les prémices d’une fin de regne pour celui que ses admirateurs prenaient pour un prince, et qui pleurent maintenant de déception.
    JSG

  5. Eric83 dit :

    Le REGIME de MACRON a clairement choisi la stratégie de faire régner la peur et la terreur.
    C’est lorsque l’on regarde « la photo d’ensemble » que cette stratégie apparaît clairement :
    – de nombreux manifestants mutilés par les tirs de policiers avec des LBD40
    – quantité d’interpellations et d’arrestations arbitraires voire illégales
    – des condamnations lourdes au regard des faits comparés à d’autres faits bien plus graves et moins voire pas sanctionnés
    – l’interrogation de ce retraité par des agents du renseignements
    – l’interpellation à 6 h 00 du matin le 10/01, par le RAID !!!, à Pont-à-Mousson, d’un des gilets jaunes soupçonné d’avoir participé aux violences contre la police !? commises lors de la dernière manifestation à Epinal…
    …à comparer notamment avec le fait que ce n’est pas le RAID qui était intervenu le 11/12/2018 au matin pour interpeller chez lui Cherif Chekatt, l’auteur de « l’attentat » de Strasbourg le soir du 11/12, mais de « simples » agents.

    Aussi force est de constater que l’Etat, non content de nous interdire de manifester, se donne le droit de nous faire estropier, de nous faire interpeller et arrêter arbitrairement comme si nous étions des terroristes, de nous faire interroger et de nous faire condamner lourdement.

    Le REGIME de MACRON mise donc sur le fait que la peur l’emportera…mais si c’était la rage alimentée par cette stratégie.

    • Danse dit :

      « l’Etat, non content de nous interdire de manifester, se donne le droit de nous faire estropier, de nous faire interpeller et arrêter arbitrairement comme si nous étions des terroristes »
      Oui Eric, pour les parasites nous sommes des ennemis. Ce que faisait l’Etat au départ contre les Gilets Jaunes était ouvertement de la PROPAGANDE DE GUERRE.
      Quand ils se sont aperçus que le Peuple était et restait très majoritairement pour la reprise de notre souveraineté et opposé aux suceurs de sang, ils ont lancé le « grand débat » : un changement de stratégie d’enfumage.

      LES 5 PRINCIPES DE LA PROPAGANDE DE GUERRE- MICHEL COLLON – Débat sur la Syrie 2013
      1/ Cacher les intérêts
      2/ Cacher l’histoire
      3/ Diaboliser l’adversaire
      4/ Se faire passer pour les défenseurs des victimes
      5/ Monopoliser le débat et empêcher les opinions adverses
      https://duckduckgo.com/l/?kh=-1&uddg=https%3A%2F%2Fwww.youtube.com%2Fwatch%3Fv%3D1QuAiqLxT2c

  6. drone.x21 dit :

    il y a du monde aux Invalides pour l’acte 10

  7. Robert dit :

    @ Olivier : effectivement, le pouvoir a la « pétoche » face au maintien de la mobilisation des GJ et face aux sondages qui donnent toujours une majorité de soutien. De ce fait, et dans le contexte actuel, l’audition du retraité par le Renseignement territorial est  » logique « . Une simple lettre dans un contexte ordinaire n’aurait pas forcément donné lieu à une audition. Mais nous ne sommes plus dans un contexte ordinaire…

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