Le vol des salariés, la main dans le sac ! La révolte est justifiée (B. Bertez)

« Le graphique ci dessus pointe clairement le vol, le hold-up dont sont victimes les salariés depuis le début des années 80. Le bénéfice des gains de productivité est confisqué. Il n’est plus partagé. Le contrat social implicite est déchiré. Il n’existe de richesse que produite par le travail, même le capital physique n’est que du travail accumulé. Donc il n’y a aucune raison de baisser la part du travail dans la valeur ajoutée.

Le début des années 80, c’est le moment où les élites, ayant constaté la chute de la profitabilité et les risques pour la croissance qui en découlent, ont décidé de hausser le taux d’exploitation de la main d’oeuvre : actions pour casser les syndicats, délocalisations, arbitrage international du travail, importations à bon marché et intégration des pays à bas salaires, etc.

Le néo-libéralisme a donc été la réponse à la tendance à la baisse de la profitabilité du capital total.

Cette baisse de la profitabilité a pour causes : l’alourdissement de l’intensité capitalistique, l’accélération des innovations, le remplacement des hommes par les machines, la progression exponentielle du capital fictif, inefficace, périmé, inadapté.

Cette dernière progression ayant commencé au milieu des années 60.

Au lieu de faire payer aux capitalistes leurs inefficacités et leur incapacité à accepter les destructions de tout ce qui est excédentaire ou socialement dépassé, on les fait payer aux salariés. On maintient en vie du capital qui doit mourir et pour prolonger sa vie on surexploite les salariés avec la menace du chômage par exemple ou la déqualification.

Avec la complicité des syndicats, embourgeoisés, car ceux-ci savent que l’exploitation déplace, les victimes maintenant en sont les travailleurs des pays en développement et en fait dans les vieux pays, les salariés bénéficient de cette exploitation. Les exploités deviennent exploiteurs. Les anciens exploités deviennent des profiteurs.

Regardez comme l’écart se creuse ci dessous entre les rémunérations et la productivité : et rien que cet écart justifie les révoltes.

Mais il y a plus, il y a l’incidence des faux remèdes apportés aux déséquilibres du système, par les élites, les ploutocrates et leurs fondés de pouvoir : la financialisation.

Celle-ci consiste à inflater, à créer des signes monétaires, à augmenter le poids de la finance, à donner de l’argent pour rien aux déjà riches. Et donc à accroître les inégalités. Le pouvoir de prélèvement des déjà riches augmente ! Celui des salariés se contracte.

C’est le constat que nous avons fait des 2002 avec notre article intitulé: « Vive les crises ». Ce cri de joie étant poussé par les ultra riches bien sûr.

Et le vol des salariés aux USA ! Une part qui s’effondre a partir de 1980″.

Bruno Bertez, le 22 janvier 2019

 

A propos Olivier Demeulenaere

Olivier Demeulenaere, 54 ans Journaliste indépendant Macroéconomie Macrofinance Questions monétaires Matières premières
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4 commentaires pour Le vol des salariés, la main dans le sac ! La révolte est justifiée (B. Bertez)

  1. zorba44 dit :

    C’est les conditions …et rien d’autre – sinon il y en a plein d’autres qui accepteront même moins…

    La damnation de la négociation salariale, ou, quand le salaire est un diktat !

    Jean LENOIR

    • Antoine dit :

      Nous n’en sommes plus à la négociation salariale pour les classes « moyennes » (n’en parlons même pas pour les prolétaires), car les GOPE (2012) des technocrates de Bruxelles, habilement mis en pratique par la Loi Travail, initiée par Macron alors ministre sous flamby, sonnent le glas de toute forme de revendications.
      http://zebuzzeo.blogspot.com/2017/03/les-gope-ou-comment-nos-gouvernements.html

      Ajoutons à cela un pacte de Marrakech pour saturer le marché des RH au profit du « grand » patronat, tirer les salaires vers le bas et le chantage à l’emploi (si t’es pas content…) et les ingrédients d’un retour à l’esclavage sont dans marmite.
      Touillez, et servez chaud.

  2. Arnaud dit :

    L’escroquerie du 80 kmh et des nouveaux radars « devait rapporter » 1,23 milliards à l’Etat.
    Si si vous avez bien lu : les radars c’est pas de la prévention donc des recettes aléatoire… non c’est de l’argent sur lequel on compte longtemps à l’avance, des recettes anticipées et budgétisées.. au nom de la « sécurité » bien sûr.
    En gros on vous dit de combien et à combien (de mauvais conducteurs) vous allez rouler trop vite…
    Et que VOUS allez payer cette somme.

    Malheureusement pour Ali Macron et les 40 voleurs du gouvernement ça va pas être aussi juteux que prévu:

    http://www.leparisien.fr/societe/un-demi-milliard-d-euros-la-facture-salee-des-radars-vandalises-22-01-2019-7994556.php

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