Attentat de la rue des Rosiers : l’ex-patron de la DST reconnaît avoir conclu un pacte oral avec les terroristes

« Le 9 août 1982, six personnes ont été tuées et 22 autres blessées dans l’attentat d’un restaurant juif au cœur du Marais. 37 ans après les faits, l’ancien patron de la DST reconnaît avoir conclu un pacte oral avec le groupe palestinien Abou Nidal potentiellement responsable de l’attentat, selon l’enquête, écrit Le Parisien.

Les membres du groupe palestinien Abou Nidal soupçonné d’avoir perpétré le 9 août 1982 un attentat dans le restaurant juif Jo Goldenberg, dans le quartier du Marais, ont joui un temps après la tuerie de la possibilité de se réfugier en France sans risquer d’être poursuivis, à condition qu’ils ne se livrent à aucune action violente sur le territoire du pays.

Selon Le Parisien, un tel accord a été conclu entre le groupe armé et Yves Bonnet, à l’époque patron de la Direction de la surveillance du territoire (DST). M.Bonnet, en personne, l’a reconnu le 30 janvier dans le bureau du juge chargé d’enquêter sur l’attentat de la rue des Rosiers.

«On a passé une sorte de deal verbal en leur disant : Je ne veux plus d’attentat sur le sol français et en contrepartie, je vous laisse venir en France, je vous garantis qu’il ne vous arrivera rien», a-t-il alors indiqué, d’après Le Parisien.

Le haut fonctionnaire retraité a précisé que ce n’était pas lui qui négociait avec les membres de l’organisation, mais «ses collaborateurs». Toutefois, il a reconnu que «la responsabilité de l’accord» reposait sur lui. Quoiqu’il en soit, il ne s’agissait pas, d’après lui, des auteurs de l’attentat, mais de leurs «comparses».

Réaction des victimes

Si M.Bonnet prétend que l’accord avait pour but d’«assurer la sécurité des Français» et qu’il «a marché» car «il n’y a plus eu d’attentats à partir de fin 83 en 84 et jusqu’à fin 1985», les victimes se disent choquées par une telle révélation. «C’est une honte […] Imagine-t-on les services secrets négocier aujourd’hui avec Daech», estime Yohann Taieb, proche d’une des victimes. Pour Me Avi Bitton, avocat des parties civiles, il s’agit d’«une affaire d’État»

«Il faut qu’une enquête parlementaire soit créée et pas uniquement sur le dossier de la rue des Rosiers. De tels pactes ont-ils été noués avec d’autres organisations ? C’est possible lorsqu’on voit les agissements de l’entreprise Lafarge en Syrie», indique ce dernier, cité par le quotidien.

Quant à Yves Bonnet, il affirme que Gilles Ménage, alors directeur de cabinet de François Mitterrand, était au courant de l’accord, mais qu’officiellement «l’Élysée ne savait rien». »

Sputnik France, le 9 août 2019

Rappels :

Les services secrets français savaient que Lafarge finançait l’Etat islamique en Syrie

Affaire Lafarge ou comment un cimentier en est arrivé à cacher une armée de l’ombre

Le procureur de Paris s’alarme du « microfinancement » de Daesh… Et quid du « macrofinancement » ?

A propos Olivier Demeulenaere

Olivier Demeulenaere, 57 ans Journaliste indépendant Macroéconomie Macrofinance Questions monétaires Matières premières
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8 commentaires pour Attentat de la rue des Rosiers : l’ex-patron de la DST reconnaît avoir conclu un pacte oral avec les terroristes

  1. matbee dit :

    Grâce à l’ami Yves nous en avons aujourd’hui la confirmation officielle : entre les terroristes et les barbouzes de l’Etat profond, c’est Bonnet blanc et blanc Bonnet !

  2. 8parabellum8 dit :

    C’est la fête…
    Procès…indemnités..repentance…dette éternelle…

    La bonne idée qu’il a eu le patron de la DST…

    Chapeau bas…Monsieur Bonnet..

  3. zorba44 dit :

    Le journaliste Jean-Loup Izambert a très bien étayé la collusion du pouvoir français avec les terroristes de tout poil…

    … Son ouvrage titré 56 n’a été à l’origine d’aucune poursuite et cela en dit long sur la déliquescence des moeurs et de la morale.

    Jean LENOIR

    • 8parabellum8 dit :

      C’est au delà de la déliquescence des moeurs et de la morale…Jean…

      C’est jack lang qui a inventé le concept…
      Pas de procès pour diffamation…pas de tribunal…
      Circulez…y’a rien à voir…

      Pourtant avec Roger Holeindre…y’avait matière…

      Salutations à Monsieur Izambert…

  4. Robert dit :

    Ces « révélations » de l’ancien patron de la DST illustrent l’ impuissance des services de l’époque d’ empêcher les attentats sur le sol français par des moyens légaux. Alors « faute de grive on mange des merles »… Pour remplir la mission à tout prix, la fin justifiant les moyens, pour obtenir la fin des attentats, on « négocie »… Bien entendu, cela n’a pu se faire sans l’aval de l’ Elysée !
    Tout ceci est moralement condamnable… mais les états n’ont pas de morale !

  5. Jean-Loup Izambert dit :

    Merci à mes amis lecteurs – et à Olivier – malgré les difficultés rencontrées pour faire connaître mon long travail d’enquête sur la complicité de l’Etat français avec des groupes criminels.

    L’article présent et l’intervention de monsieur Yves Bonnet sont incomplets car cette affaire ne s’arrête pas en 1985.
    Dès la fin des années 80 et le début des années 90, plusieurs dirigeants de l’Etat français vont protéger des dirigeants d’organisations des Frères musulmans recherchés par Interpol pour « association à une organisation extrémiste de terroristes » (sic notices rouges avec demandes d’arrestations d’ Interpol concernant plusieurs d’entre eux).

    Les services de l’Etat n’étaient donc pas « impuissants à empêcher les attentats sur le sol français » comme l’écrit un intervenant mais bien complices de ces groupes dont ils ont protégé plusieurs des dirigeants réfugiés en France jusque dans les années 2011. Ces amitiés franco-terroristes n’ont du reste pas empêché les attentats commis par la suite par d’autres groupes de la même mouvance idéologique.

    Après avoir servi contre l’Algérie, contre la Tunisie et la Libye, ceux-ci ont été « délistés » des fichiers d’Interpol dont l’organisation fut dirigée pendant toute cette période par un… étasunien lié, bien évidemment, aux services us. (Cf. 5- tomes 1 et 2) Tiens ?!…
    Ils purent ensuite, pour certains d’entre eux, aller exercer leurs talents dans ces pays au fil des « révolutions de couleurs » après avoir participé à leur préparation depuis Washington, Paris et Londres avec des représentants des ministères des Affaires étrangères et de la Défense de ces pays. Et ce sont les mêmes que l’on retrouvera par la suite contre la République arabe syrienne avec les mêmes soutiens occidentaux.

    Anecdote que je livre à votre réflexion: Alors que Russia Today France et Sputnik France ont été informés de la parution de mes ouvrages par l’éditeur, qu’ils ont reçu leurs présentations et chacune des exemplaires des deux tomes, aucun de ces médias n’a même évoqué ceux-ci malgré leur actualité et l’importance du sujet traité. Voilà donc aujourd’hui un bon sujet pour l’émission « Interdit d’interdire » de Frédéric Taddeï sur… RT France. Chiche!

    • zorba44 dit :

      Cher Jean-Loup,
      Il est hélas des interdits à qui on ne peut accoler « d’interdire »…

      Quelque part RT France est dotée de limites à ne pas franchir. C’est d’autant plus dommageable pour son image qu’on ne peut être attaqué sur la base d’affirmations étayées par des documents, des témoignages et des faits incontestables.

      Circulez il n’y a rien à voir …et c’est bien pour cela que vous n’avez jamais été attaqué à propos de vos publications.

      Continuez ! Bien amicalement

      Jean LENOIR

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