A lire. La monnaie-dette présente le gros défaut de ne pas supporter la moindre déflation. Il est donc impossible d’assainir l’économie.

Hé oui, on en revient toujours à l’excellent Ludwig von Mises, l’économiste autrichien qui avait tout compris avant l’heure ! Les refus répétés de nos banquiers centraux de procéder à la purge – avec une idée derrière la tête ? – nous condamnent à la catastrophe financière et monétaire… Et puis du reste, à quoi servent donc les banques centrales, sinon à perpétuer et renforcer les privilèges de l’oligarchie financière ? En faussant les prix… Le mot d’ordre inspiré par le bon sens devrait donc être : « End the Fed » ! Sachant que la Fed est la banque centrale qui alimente en dollars le monde entier… OD

Par Pantalacci, que je remercie de sa contribution.

« Excellente analyse.

Pour ma part, je crois que s’il y a surproduction ou sous consommation, c’est parce que, comme vous le soulignez, les revenus distribués par l’économie sont insuffisants pour atteindre les objectifs annuels d’inflation des banques centrales.

Au stade actuel, la poursuite de ces objectifs n’est plus tenable tant que les revenus réels stagneront, sauf à faire exploser le système un jour ou l’autre.

Le problème, c’est encore le système des prix administrés, sachant que l’on ne veut plus, on ne peut pas tolérer la moindre déflation pour ne pas faire exploser les énormes bulles de dettes publiques et privées.

Depuis des décennies, les banques cherchent à entretenir ce système inflationniste, en surveillant l’inflation comme le lait sur le feu et en faussant complètement la loi de l’offre et de la demande qui est à la base du système capitaliste.

Dans un fonctionnement « normal » de l’économie de marché, le prix d’équilibre est celui qui satisfait le nombre maximal d’échanges, ou encore, qui satisfait un maximum de vendeurs et un maximum d’acheteurs.

Lorsque les marchandises s’échangent au prix d’équilibre, il y a très peu d’invendus, et il ne doit y avoir ni surproduction ni sous consommation.

Comment expliquer la présence d’un tel déséquilibre au niveau des prix ?

C’est dû à l’intervention des autorités monétaires qui entendent fixer une évolution des prix perpétuellement à la hausse, en jouant sur la quantité de monnaie en circulation au moyen des taux d’intérêt et des Q.E.

Alors que seuls les participants au marché devraient avoir le droit légitime de fixer leurs prix en confrontant l’offre et la demande, on assiste à l’intervention des banquiers qui s’invitent à la « table des négociations », en étirant leur « monnaie-dette-papier-caoutchouc », alors qu’ils ne sont ni demandeurs ni producteurs de biens ou services ! Il est évident qu’avec une monnaie-marchandise ( comme l’or par exemple), les banquiers ne pourraient pas s’adonner à ce jeu-là.

Leur monnaie-dette présente le gros défaut de ne pas supporter la moindre déflation.
Il est donc impossible d’assainir l’économie.

Il n’est donc guère étonnant que l’on soit arrivé où nous sommes actuellement, c’est à dire une économie peuplée de « zombies » sous perfusion, et dominée par la course exponentielle vers l’endettement et la faillite.

Une économie digne de ce nom devrait alterner des cycles de légère inflation et légère déflation, dans un endettement limité et contrôlé, sachant que les vrais moteurs de l’économie sont la production ( le travail) , la consommation, et l’épargne, et non l’impôt et la dette, qui ne font que charger l’économie.

La véritable grandeur qui caractérise la croissance ou la décroissance d’une économie, c’est le volume réel des marchandises échangées dans une unité de temps déterminée.

Ce n’est pas le prix de ces biens, a fortiori lorsque ces biens ne se sont pas échangés à leur prix d’équilibre, mais à un un prix faussé par les inondations de fausse monnaie.

L’avantage d’une monnaie marchandise, saine et non manipulable, qui soit autre chose que le néant, c’est qu’on peut calculer un PIB qui a une signification réelle.

A l’époque où le dollar représentait non pas une dette totalement virtuelle, mais un certain poids d’or physique, il était possible :

a ) d’atteindre des prix d’équilibre pour chaque marchandise échangée, ce qui optimisait les volumes réels échangés et donc, in fine, la croissance.

b) de calculer un PIB en milliers de tonnes d »or, même si seule une petite fraction de cet or avait réellement circulé, grâce aux compensations interbancaires.

Sur les factures, notes d’hôtel, restaurant, fiches de salaires, chèques, sur les chiffres de la dette, du PIB, etc… figuraient des dollars, mais c’était l’or la vraie monnaie, c’était l’or qui circulait en réalité.

On pouvait aisément par une simple multiplication, passer du virtuel au réel.

De nos jours les chiffres du PIB sont faux, puisque les prix sont faux et que les chiffres officiels de l’inflation sont notoirement « bidonnés ».

La monnaie doit être une marchandise et non une simple convention sociale.

Je ne prétends pas que le retour à l’étalon or soit la solution aux problèmes actuels, il faut être réaliste, il est beaucoup trop tard. Un retour à l’étalon or sans avoir purgé, apuré les montagnes de dettes actuelles serait probablement un suicide économique et monétaire. Cependant, je crois que cette illustration permet de comprendre certains aspects de l’économie actuelle.

L’hélicoptère monétaire, les taux négatifs, les Q.E. n’ont d’autre objectif, pour les banques centrales, que de continuer à fausser la loi de l’offre et de la demande, donc les prix, donc à entretenir les « invendus », c’est à dire la surproduction, laquelle entretient, à son tour, les pressions déflationnistes. Et la boucle est bouclée.

Plus on truquera la loi de l’offre et de la demande, et plus on s’avancera vers un désastre économique. Il y a une chose à laquelle il ne faut pas toucher dans une économie dite capitaliste, c’est le mécanisme de fixation des prix.

La consommation est insuffisante, les salaires stagnent depuis une vingtaine d’années et les banques ont épuisé presque toutes leurs cartouches pour entretenir de l’inflation.

Alors que si la croissance n’est pas au rendez vous, c’est justement parce que les prix sont trop élevés…à cause de la maladie monétaire.

Pour les salariés, les retraités, les épargnants un peu de déflation serait salutaire, ils pourraient enfin consommer !

Seulement voilà…. comme le disait Irving FISCHER à son épque, une autre maladie vient s’ajouter à celle des prix, c’est la maladie du SURENDETTEMENT.

L’une aggrave l’autre, et vice versa.

La déflation résoudrait la question du pouvoir d’achat,et la surproduction, mais ferait exploser la dette…

C’est kafkaïen.

Je termine par trois citations de Ludwig Von Mises, qui me paraissent ne pas avoir pris une ride :

« Ce qu’il faut pour une expansion saine de la production, ce sont des biens d’équipement supplémentaires, pas de l’argent ou des moyens fiduciaires. L’expansion du crédit est bâtie sur les sables des billets de banques et des dépôts. Elle doit nécessairement s’effondrer. »

extrait de « Human Action » (1949)

« Certes, les gouvernements peuvent réduire les taux d’intérêts à court terme, émettre de la monnaie papier supplémentaire, ouvrir la voie du crédit par les banques. Ils peuvent donc créer un boom artificiel et l’apparence de la prospérité. Mais un tel boom est condamné à s’effondrer tôt ou tard, et à provoquer une dépression. »

Omnipotent Government (1944).

« Il n’y a aucun moyen d’éviter l’effondrement final d’un boom provoqué par une expansion du crédit. L’alternative est de savoir si la crise doit arriver plus tôt, par l’abandon volontaire d’une expansion supplémentaire du crédit, ou plus tardivement, comme une catastrophe finale et totale du système monétaire affecté. »

Human Action (1949) »

Bruno Bertez, le 25 septembre 2019

Rappels :

Pour faire redescendre sur terre les « fans » de l »hélicoptère monétaire…

La citation du jour

De Ludwig von Mises, encore :

« Un gouvernement est la seule organisation capable de prendre une matière première importante comme le papier, de mettre un peu d’encre dessus et de rendre le tout totalement sans valeur ».

Source

A propos Olivier Demeulenaere

Olivier Demeulenaere, 54 ans Journaliste indépendant Macroéconomie Macrofinance Questions monétaires Matières premières
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9 commentaires pour A lire. La monnaie-dette présente le gros défaut de ne pas supporter la moindre déflation. Il est donc impossible d’assainir l’économie.

  1. Nanker dit :

    « L’alternative est de savoir si la crise doit arriver plus tôt,
    A – par l’abandon volontaire d’une expansion supplémentaire du crédit, ou
    B – plus tardivement, comme une catastrophe finale et totale du système monétaire affecté »

    Réponse « B » Jean-Pierre, et ce sera le dernier mot… de l’U.E.! (bon débarras!).

    Au fait et ce n’est pas un hasard Draghi se déclare maintenant partisan de la MMT cad de la planche à billet infinie et générale. Ca sent la fin…
    Il me fait penser (toutes proportions gardées) à Hitler qui en mars 1945 espérait disposer d’armes miracles pour renverser le cours des choses et sauver le Reich. Draghi lui pense sauver la zone Euro avec sa MMT…

  2. rodez21 dit :

    « Un gouvernement est la seule organisation capable de prendre une matière première importante comme le papier, de mettre un peu d’encre dessus et de rendre le tout totalement sans valeur ».

    Alors que le PQ en aura toujours une.

    Plus sérieusement, ce que les banques centrales ne semblent pas avoir intégré, en particulier Mme Lagarde, c’est la raréfaction des ressources, qui ne manquera pas (ce qui commence déjà) de désolvabiliser les sociétés lourdement endettées.

  3. zorba44 dit :

    FED UP ! autre version que la vôtre, Olivier !

    Il semble bien qu’il n’y ait d’autre issue que la répudiation de la dette …ou une faillite généralisée du monde financier ce qui dans les effets reviendra au-même, sauf que, …sauf que l’outil de production ne pourra trouver d’autres financements que de la part des détenteurs de métaux et qu’il faudrait alors une monnaie adossée à l’or pour payer les salaires…

    Qui aura ce courage ? …dans un paysage devenu troublé et violent !

    Jean LENOIR

  4. brunoarf dit :

    Toute l’économie mondiale est morte. Les banques privées sont en faillite. Il ne reste plus que les banques centrales. Aujourd’hui, il ne reste plus que les banques centrales pour empêcher l’effondrement total du système. C’est comme un cadavre que des chirurgiens tarés s’acharneraient à maintenir sous perfusion. Les banquiers centraux s’acharnent à maintenir sous perfusion le cadavre de l’économie mondiale. Trop tard. C’est mort.

    https://www.lemonde.fr/economie/article/2019/09/26/face-a-une-forte-demande-des-banques-la-fed-va-injecter-100-milliards-de-dollars_6013063_3234.html?

  5. Alcide dit :

    « La monnaie-dette présente le gros défaut de ne pas supporter la moindre déflation. Il est donc impossible d’assainir l’économie. »

    Pourquoi ?

    C’est simplement mécanique.
    Dans le système actuel à réserves fractionnaires, nous savons tous que le système bancaire « invente » la monnaie à chaque crédit réalisé pratiquement par une simple écriture sur le compte de l’emprunteur du montant du crédit alloué.
    Or, la banque réclame aussi un intérêt sur cette invention et il faut remarquer que le montant de cet intérêt n’existe globalement pas dans les comptes.

    Globalement, il faut nécessairement l’établissement d’un nouveau crédit pour créer la masse monétaire indispensable à payer cet intérêt.

    Ce raisonnement est évident si nous imaginons que sur une île se trouvent uniquement deux personnes, un banquier qui détient la totalité de l’argent et un emprunteur… Nous voyons que le système est sans résolution possible dans un monde réel.

    La création des intérêts négatifs est peut-être un des derniers avatars né dans le cerceau malade des banquiers afin de contourner cette évidence mathématique, mais cette solution provoque bien évidemment des conséquences tragiques sur toute l’épargne constituée de travail et sur les épargnants.
    Donc, immanquablement, la ruine de la société et un futur barbare.

  6. Ping : La crise de liquidités s’aggrave : la Fed va injecter 100 milliards de dollars aujourd’hui - PLANETES360

  7. Nanker dit :

    A un plus petit niveau il faut avoir en tête le chiffre de 83 milliards… celui des prestations sociales versées chaque année dans ce pays.
    Lorsqu’on sait que certains Français « de papier » ont tendance à sortir le couteau quand l’alloc tombe avec 48h de retard il faut se demander ce qui se passera quand TOUT le système de l’état-providence va tomber en rade dans ce pays… Apocalypse zombie?

  8. anonyme dit :

    ouai … oubliez pas que l’économie est une croyance : tant qu’une majorité jouera le jeu, le jeu continuera ! et la très grande majorité qui – contrairement auxzintellectuels de ce site – comprend que dalle !!! alors oiseaux de mauvaises augures oust !!! l’économie est politique et le reste – vos blabla – c’est du vent !!

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