Une directive européenne veut organiser le secret autour de toutes les magouilles d’entreprises

Une directive européenne veut organiser le secret autour de toutes les magouilles d'entreprises« Le journalisme consiste à publier ce que d’autres ne voudraient pas voir publié : tout le reste n’est que relations publiques. » Orwell.

« …d’autres », c’est-à-dire les lobbys représentant les grandes entreprises et les multinationales font des pieds et des mains pour que les journalistes, ces affreux fouille-merde, se contentent de copier-coller les communiqués de presse, les belles brochures en couleurs données au cours de généreux repas d’information voire de coûteux voyage de presse au soleil !

Mais ça ne suffit pas puisqu’il y a parfois quelques « fouille-merde » qui ne se contentent pas de la bouillie pré-mâchée des « services communication » des entreprises. Et ces malotrus ont ainsi révélé au grand public des « broutilles » comme les affaires du Médiator, de l’amiante, du Crédit Lyonnais, des défauts de l’EPR, des magouilles des multinationales au Luxembourg, etc. Pas bon pour les affaires ça, Coco ! Pas bon pour les affaires… Alors les dirigeants de ces grands groupes tirent les ficelles de leurs marionnettes politiques pour mettre en place des lois interdisant ou dissuadant les journalistes et les lanceurs d’alerte de dévoiler des pratiques scandaleuses ou des produits dangereux. Tout ceci sous un faux-nez, bien sûr, celui de « protéger le secret des affaires des entreprises ». Ben voyons…

En France, une disposition vicelarde de la Loi Macron voulait « protéger le secret des affaires », c’est-à-dire réduire au silence les « fouille-merde ». Une forte mobilisation des journalistes et des syndicats a forcé le gouvernement à retirer cette disposition. Mais la voilà qui revient avec une proposition de directive européenne qui, si elle passe, sera automatiquement retranscrite dans le droit français. Lancée en novembre 2013 par la Commission européenne, cette proposition de directive définit le secret des affaires comme des techniques (procédés de fabrication, recettes, composés chimiques, etc.) ou des informations commerciales (listes de clients, résultats d’études de marketing, etc.) ayant une valeur économique pour l’entreprise. Les dispositions de cette loi destinées, en principe, à contrecarrer les pratiques d’une concurrence sans scrupules ni éthique pourraient en effet être détournées pour empêcher la publication juste et légitime d’informations qui pourraient être dérangeantes…

Ce qui veut dire que toute entreprise pourra, selon ses propres critères, décider si une information la concernant a « une valeur économique » et donc pourra ou non être divulguée. Avec pour conséquence de mettre sous le coup de la loi tout journaliste qui pourrait les révéler, avec des dommages et intérêts plus que dissuasifs. Et pour corollaire qu’aucun rédacteur en chef n’osera se mettre dans une situation délictueuse et que les journalistes eux-mêmes pratiqueront à grande échelle l’auto-censure…

C’est une loi scélérate car des considérations économiques prévalent ainsi sur l’exigence démocratique de garantir la liberté d’expression et le droit à l’information concernant les pratiques douteuses de certains groupes, entreprises et acteurs économiques ou financiers. Le Parlement européen s’apprête à adopter cette directive scélérate le 16 juin prochain. Mais elle provoque une levée de boucliers. Elle mobilise contre elle une coalition d’ONG dont la Quadrature du Net ou le mouvement Public Citizen, l’ensemble des syndicats français ainsi que la journaliste de France 2 Elise Lucet, pugnace enquêtrice de l’émission « Cash Investigation ». Des pétitions tournent contre cette directive ».

Le blog de Victorayoli, le 9 juin 2015 (via sott.net)

Liens vers les pétitions :

http://corporateeurope.org/sites/default/files/attachments/statement_-_eu_trade_secrets_directive_needs_amendments.pdf

https://www.change.org/p/ne-laissons-pas-les-entreprises-dicter-l-info-stop-directive-secret-des-affaires-tradesecrets

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/la-loi-macron-cimetiere-des-162893

A propos Olivier Demeulenaere

Olivier Demeulenaere, 51 ans Journaliste indépendant Macroéconomie Macrofinance Questions monétaires Matières premières
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8 commentaires pour Une directive européenne veut organiser le secret autour de toutes les magouilles d’entreprises

  1. Maurice Allais dans une interview à L’Esprit Européen a dit :
    « Ces multinationales dominent de fait toutes les organisations internationales qu’il s’agisse du F.M.I., de l’O.M.C., de l’O.C.D.E. et même de l’Organisation de Bruxelles où partout elles ont placé des hommes dont le soutien leur est acquis. À l’exemple des multinationales américaines, des multinationales se développent partout dans le monde avec les mêmes objectifs. Cette domination des multinationales qui ne poursuivent que leurs propres intérêts représente aujourd’hui un danger majeur pour le monde entier ».
    Cette volonté de domination est caractérisée par le souhait d’aboutir à l’accord de partenariat transatlantique (APT) qui est une copie du feu accord multilatéral sur l’investissement (AMI) négocié secrètement entre 1995 et 1997 par les vingt-neuf États membres de l’OCDE.
    L’APT, dont les négociations quasi secrètes sont en dehors de tout processus démocratique, permettrait aux multinationales d’attaquer en justice tout État qui ne se plierait pas aux normes du libéralisme.
    Lire à ce sujet l’édifiant article du Monde diplomatique « Le traité transatlantique, un typhon qui menace les européens » de Lori M. Wallach de novembre 2013.

  2. brunoarf dit :

    Dans l’hebdomadaire PARIS-MATCH, publié le 27 octobre 1951, page 18, le journaliste pose la question :

    « Que pensez-vous de la fédération européenne ? »

    Le général Eisenhower répond :

    « Rien ne pourrait nous être plus agréable que d’apprendre que les Etats d’Europe occidentale ont décidé de réunir dans une ville d’Europe – disons à Luxembourg – des délégués responsables, avec mandat de rédiger l’acte constitutionnel de l’Europe, de désigner la capitale de l’Europe, etc. et qu’à partir du 1er janvier, l’Europe occidentale fonctionnera comme fédération. Aucune décision ne pourrait mieux nous aider dans la tâche que nous poursuivons. »

    En 1951, les Etats-Unis avaient décidé de créer une fédération européenne.

    Les Etats-Unis l’avaient rêvé, Jean Monnet a commencé à le faire.

    A propos de Jean Monnet :

    Concernant les participants aux réunions du Groupe de Bilderberg, Jean Monnet est sur la première page, à la dernière ligne :

    http://www.danielestulin.com/wp-content/uploads/portraits_bilderberg.pdf

    Sur la deuxième page, à la première ligne, nous pouvons voir la photo d’un certain George C. McGhee.

    George McGhee a servi comme ambassadeur américain en Turquie en 1952-1953, où il a soutenu sa candidature réussie à l’adhésion à l’OTAN.
    George McGhee a joué un rôle dans les relations américaines avec la République du Congo et la République dominicaine au début des années 1960.
    De Novembre 1961 à Avril 1963, il a occupé le poste de sous-secrétaire d’État aux affaires étrangères, sous l’admnistration Kennedy.
    George McGhee a été nommé ambassadeur en Allemagne de l’Ouest de 1963 à 1968.

    (Source : Wikipedia, version en langue anglaise)

    Une citation très importante :

    « Je pense que vous pourriez dire, déclara un jour le diplomate américain George McGhee, que le traité de Rome, qui a créé le Marché commun, a été mûri pendant ces réunions de Bilderberg et aidé par le flot de nos discussions. »

    Source : « L’Europe sociale n’aura pas lieu », de François Denord et Antoine Schwartz, édition Raisons d’agir, page 40.

    George McGhee avait le mérite de la franchise : le traité de Rome a été mûri pendant les réunions du groupe Bilderberg dans les années 1954 – 1955 – 1956.

    Dès le début de la construction européenne, le traité de Rome était voulu par les Etats-Unis.

    Le traité de Rome est l’oeuvre de grands banquiers, de grandes entreprises multinationales, de diplomates et de militaires membres de l’OTAN.

    Dès le début, la construction européenne était anti-populaire, anti-sociale, anti-démocratique.

    Et ça continue encore aujourd’hui.

  3. zorba44 dit :

    La loi du silence : une gueuse de fonte ou les pieds englués dans le béton…
    Les mafieux n’ont guère évolué depuis Al Capone et les mafieux politiques le copient.

    Jean LENOIR

  4. coockburn dit :

    la Deutsche Bank leverage de 30 , bilan 1700 milliards,exposition sur les dérivé
    la démission des deux guignols
    le tous sur fond de hausse des taux souverain
    chantage en court sur le cas grec ?
    pb au sein de la DB ?
    ou simplement hasard ?
    le mouvement auquel nous assistons est l antichambre du mouvement de panique qui arrive
    a suivre

  5. coockburn dit :

    oublié
    pas de flux sur les marchés boursiers et pourtant c est porte de saloon
    la hausse des taux sur les oat
    allo Houston
    la liquidité du marché de la dette a comme un gout d « illiquidité »

  6. Ping : Une directive européenne veut organiser le secret autour de toutes les magouilles d’entreprises Actualités

  7. raimanet dit :

    A reblogué ceci sur Boycott.

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