« Vive les PIGS qui font baisser l’euro ! »

(Vidéo du 9 février 2010)

Non sans humour, Eric Zemmour souligne les conséquences de « l’euro cher » pour des Etats de l’UE qui n’ont plus les capacités d’ajustement (la dévaluation) qu’offre une monnaie nationale.

Au moins l’affaire grecque, en faisant baisser l’euro par rapport au dollar, a-t-elle redonné un peu d’oxygène à des économies étouffées par le carcan de la monnaie unique. L’euro, faut-il le rappeler, est une monnaie sans Etat ni gouvernement économique. Et la zone euro n’est pas ce qu’on appelle une « zone monétaire optimale« . Dans ces conditions, difficile pour elle d’éviter les chocs asymétriques, qu’ils soient d’origine interne ou externe.

Cela dit, la baisse de l’euro n’est à mon avis que provisoire, le dollar retrouvera vite sa pente naturelle : d’une part la situation financière américaine est plus dégradée encore que celle de l’Europe, d’autre part « l’exorbitant privilège monétaire » des Etats-Unis n’a que trop duré aux yeux d’une bonne partie de la planète.

A propos Olivier Demeulenaere

Olivier Demeulenaere, 54 ans Journaliste indépendant Macroéconomie Macrofinance Questions monétaires Matières premières
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7 commentaires pour « Vive les PIGS qui font baisser l’euro ! »

  1. Sirtaki dit :

    Pour le moment la Grèce ne prend pas le chemin d’une sortie de l’euro ! Un parlementaire se réjouit même que ce pays perde son indépendance en étant carrément mis sous tutelle :

    Dans une interview accordée le 5 février au Deutschlandfunk, le député germano-grec au Parlement européen Jorge Chatzimarkakis (FDP), qui fut un collaborateur du ministère allemand des Affaires étrangères au moment de l’introduction de l’euro, a approuvé les mesures envisagées par l’UE contre la Grèce:
    «Il s’agit d’une procédure exceptionnelle qui limite la souveraineté de la Grèce en matière économique, financière et budgétaire. […] si cette décision est effectivement appliquée prochainement, cette mise sous tutelle de la Grèce, Etat souverain, si vous voulez […]. Je crois que nous sommes bien inspirés et que nous avons une chance de ramener la Grèce sur la voie de la vertu avec une certaine aide et, franchement, les Grecs ont l’habitude, dans leur histoire, d’avoir des gouvernements étrangers. Pendant très longtemps, plus de 300 ans, ils ont fait partie de l’Em­pire ottoman et savent ce que c’est que d’être gouvernés par l’étranger. Je ne vais pas ici pousser des cris de joie, je tiens simplement à dire que l’âme grecque connaît cela et qu’elle ne serait pas étonnée.»

    http://www.horizons-et-debats.ch/index.php?id=2029

  2. teresa dit :

    Toute cette histoire de tutelle c’est du pipeau, il n’y a aucun moyen juridique pour enlever à la Grèce sa souveraineté économique, ou plus précisément budgétaire.

    Donc la tutelle de Bruxelles sur la Grèce, c’est de l’esbrouffe.

    Que feront les 26 si la Grèce ne réduit pas suffisamment ses déficits ? Ils l’excluront de l’Euroland ?

    Allons donc…

    • C’est exact, rien ne peut contraindre légalement la Grèce à se soumettre aux exigences budgétaires de Bruxelles. Le pacte de stabilité est le seul engagement pris par les Etats membres de l’Union, et on sait ce qu’il en reste.
      Autant la monnaie est commune à tous, autant le budget relève de la responsabilité propre de chaque Etat.
      En réalité, il s’agit là d’un rapport de forces de nature politique et non juridique. Tout l’enjeu est de savoir si la zone euro se dotera ou non d’un gouvernement économique (ou d’une « gouvernance économique »).
      Pour le moment, c’est très mal parti, la gravité de la crise révèle crûment les divergences d’intérêt.
      Mais certains misent sur un effet contraire : l’urgence conduira selon eux à l’accélération de l’intégration politique et économique de l’Union.
      Pour ma part, je suis sceptique : à moins d’agir une fois de plus dans le dos des peuples (cf. le traité constitutionnel), je ne vois pas très bien comment on pourrait parvenir aujourd’hui à un gouvernement économique européen.

  3. anonym dit :

    Je suis scandalisé qu’on fasse tant d’histoires à propos de la Grèce… oui elle a bien triché…. truqué… maquillé les chiffres de ses finances publiques, mais les autres pays européens sont-ils blancs comme neige ??

    On a appris que les Grecs ont missionné Goldman Sachs pour pratiquer des « swaps » afin de pouvoir camoufler une partie de leurs dettes.
    Mais on apprend aussi qu’ils n’étaient pas les seuls ! C’est un ancien ministre grec qui le dit :  » l’Italie, la France et l’Espagne ont fait ce genre de swaps »…

    http://www.cnbc.com/id/35438321

  4. Z dit :

    Longue vie à Zemmour !!!

    Enfin quelqu’un dans les medias qui n’a pas peur des terroristes intellectuels, ouf je ne mourrai pas sans avoir vu ça….

  5. Santana dit :

    Bien vu le pronostic !! le dollar est présentement en pleine chute ; mais quelque chose me dit que l’euro ne mettra pas des années pas à le rejoindre… sans doute après avoir grimpé encore un peu…

    Cdlt.

  6. victor dit :

    @Santana : pas évident que l’euro se casse la figure si la Chine continue à le soutenir contre le dollar ; il semblerait que les Chinois essaient de développer un axe Chine-Europe pour contrebalancer le pouvoir de nuisance encore important d’un empire américain en plein effondrement… Sarkozy l’a compris, dirait-on : il profitera de la présidence français du G20 pour initier une refonte de l’ordre monétaire mondial, sans le dollar.

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