Fillon-Juppé : un débat qui tombe dans le dérisoire (B. Bertez)

Entièrement d’accord : Comme il fallait s’y attendre, le spectacle fut insipide et d’un ennui mortel entre ces deux candidats qui s’efforcent de paraître différents mais offrent en réalité quasiment le même programme… Deux clones, deux copies certifiées conformes par le système. On a soigneusement évité les vrais sujets. La destruction de la France va pouvoir continuer. OD

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« Il faut s’interroger sur le débat qui a réuni Juppé et Fillon , il y quand même des choses  à dire et à faire ressortir.

Mais il faut s’interroger sur l’ensemble du spectacle qui nous a été offert par la chaine de télévision Tf1 [et France 2, OD].

Nous disons que le débat a réuni les deux protagonistes et non pas opposé.

– Fillon s’est placé dans son rôle de présidentiable, Juppé n’a pas réussi à l’en déloger. Il est resté challenger, s’est battu sur le terrain et la thématique de son « adversaire », nous hésitons à employer ce mot, malheureusement nous n’en trouvons pas de plus adapté. En restant dans une position de challenger, il semble que Juppé se soit interdit « un coup d’éclat », un gros coup qui lui aurait permis de renverser les pronostics.

-Les deux protagonistes ont mis de l’eau dans leur vin, ils se sont recentrés au lieu de se radicaliser.  Ce qui est normal  puisqu’ils ne sont plus que deux et que les autres sont éliminés. Ils ont moins besoin de se marquer, et de sortir du lot. Juppé a même tendu des perches à Fillon, au plan économique et social, ce qui a permis à Fillon de nuancer ou de préciser ses propositions. Du coup la polarisation a été moins évidente. A un moment, le spectateur a pu avoir l’impression d’assister à des retrouvailles.

-Le souci de préserver l’unité de la famille politique malgré les différences de sensibilité était très perceptible. On a corrigé ce qui était excessif dans les propos de campagne, on a accusé les tiers, les médias, les extrêmes de déformer, on ne s’est pas accusé mutuellement. Même sur les sujets sensibles comme les sujets de société et autres sujets polémiques comme le thème « Ali Juppé », finalement on s’est mis d’accord pour parler d’autre chose. Seule la différence sur l’identité française face à la diversité reste irréductible.

Nous affirmons qu’il n’y a pas de différence de diagnostic sur le mal français. Que ce soit la situation économique, le chômage ou la croissance.

On retrouve chez les deux candidats, l’analyse de l’establishment sur les charges, le temps de travail , les obstacles à la bonne gestion des entreprises, la formation, l’apprentissage, bref les tartes à la crème auxquelles même Hollande et Valls sont ralliés. Aucune mise en perspective internationale, mondiale ou systémique, on est étriqué. Aucune chance de proposer autre chose que des ajustements à la marge, la question étant donc le degré de marge.

Entre tous ces gens les seules différences sont de degré, de méthode, de calendrier. Fillon est un peu plus brutal, il va plus loin et plus vite, ce qui est normal car il est plus pessimiste sur la gravité de la situation du pays et il croit à des difficultés renforcées à l’avenir. Sous cet aspect il a raison. En fait on formule un peu différemment la conversion de Hollande au socialisme de l’offre.

On remarque que Fillon a moins honte du capitalisme, il ose défendre la nécessité du profit, l’épargne et la rémunération du capital. Il explique la défaillance de l’investissemnt par une fiscalité dissuasive. Ce qui est un bon début. Juppé prend le problème au plan technique de l’ISF, ce qui est à peu près équivalent, mais plus pudique ou timoré.

Les omissions semblent être convenues, on ne parle pas :

-de la contrainte monétaire, sauf pour évoquer la dette et la hausse future des taux chez Fillon

-de l’euro et de la politique destructrice de la BCE

-des exigences Allemandes « ordo-libérales », mises en sommeil pour le moment

Les journalistes n’ont jamais entendu parler des grands problèmes qui agitent le monde : 

-le bouleversement que constitue l’élection de Trump et son « America first »

-la remise en question de la globalisation avec le Brexit et les menaces de protectionnisme

-la dislocation de l’ordre politique du bipartisme et la contestation des élites

Et puis comme pour obturer les failles, pour boucher les trous que les interrogations auraient fait naitre dans la tête des citoyens, on ramène tout à un spectacle dérisoire, on rabaisse le niveau, on en remet une couche sur la distanciation avec le soi disant humour du malheureux Canteloup qui a accompli là, l’une de ses plus médiocres prestations.

Parmi les journalistes, seule Natacha Polony donne l’impression d’être à sa place ».

Bruno Bertez, le 25 novembre 2016

Rappel :

Jacques Sapir : « François Fillon prétend parler comme de Gaulle mais il pense comme Jean Monnet »

A propos Olivier Demeulenaere

Olivier Demeulenaere, 51 ans Journaliste indépendant Macroéconomie Macrofinance Questions monétaires Matières premières
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23 commentaires pour Fillon-Juppé : un débat qui tombe dans le dérisoire (B. Bertez)

  1. Bernie dit :

    Comme disait Georges Marchais: c’est bonnet blanc et blanc bonnet !

    • zorba44 dit :

      Exactement !

      Jean LENOIR

      • Igor dit :

        C’est normal, c’est le même parti, donc le même programme…
        Ce qui est remarquable c’est la mansuetude du parti au pouvoir envers l’ump…Un tel temps d’antenne…il n’y aurait que 2 partis politiques en France?

  2. Ping : L’inversion c’est pas maintenant ! | jbl1960blog

  3. boulazeri dit :

    2 comptables-épiciers pas foutus de sortir du cadre européo-mondialiste, qui peut les croire ?

  4. JPP dit :

    C’est vous qui avez détruit la France en cachant la vérité aux Français.
    Vous prétendez dispenser une information fiable et nouvelle alors que vous collaborez avec ces salopards !!!!

    Pourquoi n’annoncez-vous pas aux Français que leur pays a capitulé, qu’il n’y a plus un gramme d’or à la BdF et que la France, pays d’enfoirés, a perdu des millions de ses compatriotes ?

    En tout cas, je suis fier d’avoir mis la France dans cet état.
    Et ceux sont vos enfants qui paieront !

  5. Kimo dit :

    Il y a quand même 4 millions de Français qui peuvent être qualifiés de pigeons….et je reste gentil….ça ne leur suffit pas de se faire plumer à longueur d’années par des politiciens menteurs et véreux qui s’augmentent sans cesse impots et taxes…..non! ils en remettent une couche ! lol

    Primaire à droite : le vainqueur va empocher un petit jackpot
    http://actu.orange.fr/politique/primaire-a-droite-le-vainqueur-va-empocher-un-petit-jackpot-magic-CNT000000xSldI.html

  6. drazig dit :

    Moi, j’étais obnubilé par même costume-cravate des deux personnages. Comme le cerveau…mais je n’ai pas bien suivi.

  7. téléphobe dit :

    Aller payer 2 euros pour ‘veauter’ pour les représentants de commerce des marchands du temple, il faut vraiment être un ‘mougeon’ ;o)

  8. xavib dit :

    J’ai été épaté par la décomplexion de Fillon et Juppé nous expliquant :
    – que les privilèges des parlementaires de la république, c’est un mythe, une légende (!)….
    – qu’ils étaient fiers d’avoir fait payer les Français en 2008 pour sauver la finance et les banques…
    – que pour les Français ce sera l’austérité pendant des années, il faut bien payer les intérêts de la dette.

  9. Ping : Fillon-Juppé : un débat qui tombe dans le dérisoire (B. Bertez) |

  10. Pierre dit :


    Alain Juppé : l’antigaulliste démasqué

  11. Pierre dit :


    « Je vote François Fillon ! »

  12. Robert dit :

    Les élections ne sont plus qu’une pièce de théâtre, jouée par des acteurs qui débitent tous le même texte écrit par les mêmes auteurs, devant un reste de spectateurs candides alors que les autres ont quitté la salle…

  13. thc dit :

    juste de la pub gratuite …..voila voila

  14. fabrice dit :

    La question est: Penelope a-t-elle voté oui au brexit. Si c’est le cas, alors je voterai Fillon. On ne sait jamais, peut-être est-il comme Sarko, à l’écoute de sa douce moitiée.

  15. matbee dit :

    Pas un mot sur l’immigration. Et pourtant… François Fillon, premier imam de France ?

    « À l’époque, nos compatriotes étaient déjà tellement anesthésiés qu’ils n’ont guère réagi à l’inauguration, par le Premier ministre de la France, un certain… François Fillon, d’une mosquée à Argenteuil. C’était le 28 juin 2010. (…..)

    La vérité est que François Fillon n’a rien à envier à son pseudo-adversaire, Alain Juppé, islamophile convaincu. Six ans plus tard, en dépit de la parution opportuniste de son Vaincre le totalitarisme islamique (Albin Michel, 2016), Fillon ne sera pas parvenu à faire oublier cet acte de dhimmitude institutionnelle qui s’analysait déjà comme une haute trahison dans la mesure où il fut perpétré contra legem…  »

    http://www.bvoltaire.fr/aristideleucate/francois-fillon-premier-imam-de-france,295236

  16. Pierre dit :

    Nelson Mandela rend visite à Fidel Castro. La Havane 1991

    Fidel Castro vient de partir dans l’autre monde, et déjà on entend la rumeur mensongère propagée par les calomniateurs de service. Les chacals de la presse bourgeoise tournent autour de sa dépouille avec gourmandise. Ceux qui couvrirent Hugo Chavez de leurs ordures sont là, décidés à repasser à table. Pas de doute. Ces journaleux à la solde de leurs maîtres, ces chiens de garde du capital vont le clamer sur tous les tons : Fidel Castro était un tyran.

    Un tyran, celui qui risqua sa vie dans la fleur de la jeunesse, balaya la dictature de Batista, restaura la souveraineté nationale, restitua sa fierté au peuple cubain, rendit la terre aux paysans, éradiqua la misère, fit taire le racisme, libéra la femme cubaine des chaînes du patriarcat, créa le meilleur système de santé du Tiers Monde, réduisit la mortalité infantile dans des proportions inconnues dans le reste de l’Amérique latine, élimina l’analphabétisme, offrit l’éducation à tous, et résista victorieusement avec son peuple à l’agression impérialiste ?

    Ils ne vous diront pas que Fidel Castro était un tyran parce que c’est vrai. Ces affabulateurs vous le diront parce que le castrisme incarne tout ce qu’ils détestent. L’amour de la liberté, l’exigence avec soi-même, la fierté de n’obéir à personne, l’éthique révolutionnaire alliée au sens du réel, l’élan généreux qui triomphe de l’indifférence, la solidarité sans faille à l’intérieur comme à l’extérieur, le patriotisme qui n’éloigne pas de l’internationalisme, au contraire, mais en rapproche. Tout cela, c’est le castrisme. Un illustre combattant de la libération africaine en savait quelque chose.

    Lorsque Nelson Mandela quitte sa prison sud-africaine, son premier voyage hors d’Afrique est pour La Havane. Il vient remercier le peuple cubain qui a versé son sang pour terrasser l’apartheid. En vingt ans, 300 000 Cubains combattirent le colonialisme en Afrique. L’armée sud-africaine repoussée à Cuito Cuanavale, l’indépendance de la Namibie arrachée à Pretoria, l’ANC dotée d’une base-arrière et confortée par la solidarité communiste internationale, la chute finale de l’apartheid rendue inéluctable : ces pages de l’histoire africaine ont aussi été écrites avec du sang cubain. Nous l’avons oublié. Les Sud-Africains et les Cubains, eux, s’en souviennent.

    http://blogdejocelyne.canalblog.com/archives/2016/11/27/34615909.html#utm_medium=email&utm_source=notification&utm_campaign=blogdejocelyne

  17. Pierre dit :

    Fidel Castro est mort

    « Je pleure. Pour mesurer la dimension du personnage, il faut le contextualiser. Cuba est une petite île ; elle n’est pas un morceau de l’ex-empire soviétique qui s’acharne à survivre sous les tropiques.

    Les États-Unis sont intervenus plus de 190 fois en Amérique du sud, une seule expédition a échouée, celle de 1961 à Cuba. L’invasion mercenaire de la Baie des Cochons, pour tenter de renverser Fidel Castro. Les archives de la CIA l’attestent : Fidel a été victime de plus de 600 tentatives d’assassinat de la part des États-Unis. Pendant 50 ans, il leur a tenu la tête.

    Fidel est le libérateur, l’émancipateur, le fédérateur, il a permis l’affirmation d’une nation. Le castrisme naît d’une revendication d’indépendance nationale ; la Révolution a été le fruit d’une histoire nationale. Fidel a en quelque sorte inventé Cuba. Il est donc historiquement le fondateur, le ciment, il porte une légitimité historique que nul ne lui conteste.

    Il y a eu à Cuba, c’est vrai, une forte personnalisation du pouvoir, résultat du charisme de cet homme exceptionnel et du rôle qu’il a joué dans le processus historique, de sa relation directe avec le peuple, de l’agression permanente des États-Unis.

    SUITE…

    http://chouard.org/blog/2016/11/27/david-koubbi-avocat-de-jerome-kerviel-justice-vs-finance-thinkerview/?replytocom=16492#respond

  18. Pierre dit :

    Si vous regardiez sur France 24, ou ailleurs, au siège central de la campagne de François Filion, sur le théâtre, il y a le drapeau de l’UE près du Drapeau français! C’est un message subliminal???

  19. traque77 dit :

    La comédie de la primaire enfin terminée: ouf! mais maintenant on l’a dans le Fillon….:-))

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